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UntitledHistoire

Histoire

Turquie pré-ottomane
jusqu'au XIIIe siècle

Asie mineure et Thrace
Époque hellénistique

jusqu'en 189 av. J.-C.

Période romaine

189 av. J.-C.–1453

Seldjoukides

Xe siècle–XIIIe siècle

Sultanat de Rûm

1060–1327

Turque Anatolien Beyliks

XIIIe siècle

Armoiries ottomanes

Empire ottoman (1299–1923)

Naissance

1299–1453

Croissance

1453–1683

Stagnation

1683–1827

Déclin

1828–1908

Dissolution

1908–1922

Drapeau de Turquie

République de Turquie (1919 – Présent)

Guerre d'indépendance

1919–1923

Période de l'unipartisme

1923–1945

Période du multipartisme

1945 – Présent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Empire Ottoman

 

-LesCapitales Ottomanes

 

 

-LesSultans Ottomans

-La vie culturelle dans l'Empire Ottoman

 

 

1ère Capitale Bursa

Bursa, premièrecapitale de L’empire ottoman

Le province Hudavendigar des Ottomans


Les Seldjoukides, qui ont commencé la conquête de l’Anatolie à partir de 1071,ont procédé à l’installation, dans la région, de tribus turques qu’ils ontamenées avec eux d’Asie. Parmi les beylicats anatoliens, qui sont nés avec ladissolution de l’Empire Seldjoukide, le beylicat ottoman a pu s’élargir enenvahissant les terres des rois et des empereurs des environs.


Le fondateur du beylicat ottoman était Osman Bey qui est né en 1258 dans levillage de Sogut. En 1299 dejà, les villages de Bilecik, Yenikent, Inegol etIznik figuraient parmi les territoires du beylicat. C’est ainsi que lespremières fondations de l’Empire Ottoman, qui régna plus de 6 siècles, furentposées. Le roi de Bursa, Atranos, inquiet du renforcement du Beylicat Ottomanavec les réussites d’Osman Bey, appelant Byzance au secours et obtenant lesoutien des rois de Kestel et de Kite, déclara en 1301 la guerre à l’arméeottomane à Koyunhisar. Les armées d’Osman Bey gagnèrent cette guerre.
Les préparations des Turcs avaient désormais commencé petit à petit. Osman Bey,qui constata, après cet évenement, que les rois agissaient ensemble, commença àse préparer au siège de la ville en 1317. Il fit d’abord construire uneforteresse du côté de la mer, après avoir constaté la nécessité de barrer lesvoies menant à la mer, et nomma commandant le fils de son frère Ak Timur.Balabancik, l’esclave d’Osman Bey, fut nommé responsable de la forteresseconstruite du côté de la montagne. L’entrée et la sortie des habitants de larégion furent désormais interdites. Les Turcs, après avoir détruit laforteresse d’Atranos Beyce, constituèrent leur quartier général à Pinarbasi.Osman Gazi, qui se préparait au siège, revint à Yenikent, en ayant laissé lecommandement à son fils Orhan Bey.

Le siège dura 8 ans. Osman Bey, qui était en proie à la maladie, n’étaitnullement en mesure d’aller à la guerre. Il donna l’ordre de conquérir la villeà son fils Orhan Gazi. Orhan Gazi commença par la conquête de la forteresseEvrenos, son roi s’étant enfui vers les montagnes. Désormais, Bursa était sacible. Orhan Bey envoya Mihal Bey au roi de Bursa pour qu’il se rende. Le roi,lui envoyant des vêtements précieux et 40000 pièces d’or demanda grâce. OrhanGazi, après avoir obtenu l’autorisation de son père, permit à la famille et auxhommes du roi de quitter la forteresse pour gagner les rives de Gemlik. Le roiet son entourage partirent à Istanbul en bateau. En 1326, la ville de Bursaétait aux Turcs.

La nouvelle de la conquête de la ville ne put être tranmise à Osman Gazi quelorsqu’il était sur son lit de mort. Le premier sultan de l’Empire Ottoman, quilaissa son trône à son fils Orhan Gazi, s’éteignit en souriant. La conquête deBursa avait été un tournant pour le beylicat ottoman. Orhan, le fils d’Osman néen 1281, l’année du décès de son grand-père Ertugrul Gazi, était désormais ledeuxième sultan ottoman. Un beau jour son frère, qui avait été admis par OrhanGazi, lui demanda de réaliser 3 choses pour le royaume. Sa première demandeétait de faire frapper des pièces de monnaie à son nom. La deuxième était des’habiller de façon différente des autres et la troisième était de verser dessoldes aux janissaires. Auparavant les pièces étaient frappées au nom dessultans seldjoukides. En 1328, Orhan Gazi fut le premier sultan ottoman à fairefrapper des pièces de monnaie. Il modifia sa façon de s’habiller. Les uniformesdes soldats, qui étaient rouges et noirs, devinrent blancs.

Bursa, laville qui connut Bithynia, les Empire Romain et Byzantin, devint la premièrecapitale ottomane en 1335. Orhan Gazi, dont la règne dura 35 ans, décéda en1360, laissant son trône à son fils Murad. Petit-fils d’Osman et fils d’Orhan,Murad Han devint le toisième des sultans ottomans. Il était connu sous le nomde Hudavendigar.

En 1362, Edirne fut conquise. Murad-Hudavendigar rêva une nuit d’un vieil hommeà la longue barbe blanche avec lequel il s’entretenait, et cet homme, au visagelumineux, lui demanda de faire constuire un très grand sérail. Sultan Murad,écoutant le conseil de ce vieil homme, fit construire un grand sérail à Edirne.Plus tard, Edirne remplaça Bursa, devenant ainsi la capitale ottomane. MaisBursa ne perdit jamais de sa valeur.
En 1399, Yýldýrým Bayezid, fonda un hôpital, “Bursa Darussifa”, où on accordaitune importance particulière à l’hydrothérapie. Les armées de Timur, quipénétrèrent dans la ville en 1402, détruisirent en très grande partie lesécoles religieuses, les medresa, les mosquées et causèrent des incendies dansla ville. En 1429, la ville connut une important épidémie de peste. En 1482,lorsque Cem Sultan s’installa à Bursa, sur le trône, pour une durée de 18jours, il fit produire des pièces de monnaie en son nom. Cem Sultan, qui avaitdû combattre au côté des armés de Bayezid II, quitta la ville, comme si ilétait vaincu.

Les édifices
Le style de Bursa

Dans l’art de la construction ottomane, il s’avéra tout d’abord qu’il y avaitune orientation vers l’architecture des pays conquis. Ces pays offrirentégalement les services de plusieurs de leurs maçons, graveurs, et artisansmaîtres en ce qui concerne l’ancienne technique architecturale. Ces nouvellesconstructions étaient bien différentes des monuments des beylicats anatoliens. Etc’est ainsi que le style de Bursa naquit. L’architecture de Bursa put survivremême après la conquête d’Istanbul. C’est ce style qui marqua la construction demonuments et immeubles à Edirne et à istanbul en général. Le type deconstruction basé sur le plan, appelé le plan en T, fut élaboré au 14ème siècleet presque toutes les mosquées des sultans furent construites en se basant surce même plan. Quant à l’arcade de Bursa, qui est tendue horizontalement auniveau de sa vôute par une corde, consiste en quarts de cercles, utilisés engénéral dans les travaux décoratifs à cause de son manque de capacité delevage.

La Grande Mosquée (Ulucami)

La GrandeMosquée de Bursa, construite sur des colonnes et des piliers avec un toit plat,figure parmi le groupe des mosquées datant de la première période Islamique. LaGrande Mosquée, qui fut constuite par l’architecte Ali Neccar sur l’ordre deYildirim Beyazid, est une mosquée blanche, spectaculaire avec ses 20 coupoleset ses 2 minarets. La coupole, se trouvant au centre d’autres coupoles élevéessur 12 piliers quadrangulaires et égaux, est recouverte de verre. Dans lamosquée, il y a 192 calligraphies réalisées par les plus célébres calligraphesde l’époque.

La Mosquée Verte (Yesil Cami)

La Mosquée Verte constitue le premier exemple donné au style de Bursa. LaMosquée Verte fut construite par l’architecte Vezir Haci Ivaz Pasha en 1419 surl’ordre de Celebi Sultan Mehmed. Le maître de l’encre de Chine de la mosquéeest Mecnun Mehmet. Sa façade, ses fenêtres, sa porte, ses inscriptions, lavoûte au-dessus de la porte constituent les plus beaux exemples de marbrerie.Dans les premières mosquées construites à Bursa et à Iznik, les architectesutilisèrent un style simple, harmonieux, et évitèrent les ornements arabesquespropres à l’art oriental. C’est grâce au développement de l’art d’ornement chezles Ottomans que les nouveaux maîtres se formèrent, comme par exemple Ali IbnIlyas Ali, connu comme étant le premier artiste dans le domaine de peinturemurale et qui réalisa en 1423 tous les ornements de la Mosquée Verte.

La Mosquée Muradiye

La Mosquée Muradiye, construite par Murad II de 1426 à 1428, porte tous lestraits caractéristiques du style architectural de Bursa, notamment avec sonplan en T renversé. En 1855, les coupoles et les 2 minarets de la MosquéeMuradiye furent détruits lors du séisme qui provoqua d’importants dégâts dansla ville de Bursa. La mosquée, ayant été reconstruite en 1902, a été décoré,surtout au niveau de son mihrab et de son jubé, dans le style rococo, très à lamode à cette époque.

La Mosquée d’Emir Sultan

Les arcades en bois dans la cour de la mosquée d’Emir Sultan figurent parmi lesplus belles arcades de Bursa. L’encadrement des fenêtres construites en carrésà Iznik et à Bursa a été en général orné de “Mukarnas” sur lesquels on mettaitdes parures (alinlik) embellies de motifs romains.

Architecture civile

Les maisons construites en respectant le style architecturaldéveloppé après la conquête de Bursa par Orhan Bey ainsi que les ornementsretiennent l’attention. Les fenêtres de ces maisons sont hautes et leurs vitrescolorées ont été placées dans le plâtre avant d’avoir été encadrées de bois.Les principales décorations des maisons de Bursa ont été réalisées sur lesmurs, les plafonds et les portes des placards. Les exemples d’architecturecivile produits lors de la première période du 19ème et au 20ème siècle ontcontribué à la richesse culturelle de la ville.

Les couleurs de la vie

Les portraits

Bursa fait partie des villes qui connurent beaucoup d’immigrations. Sapopulation a été diversifiée par les communautés et les peuplades qui y sontarrivées de différentes régions. Les Turcs, arrivant d’Asie Centrale dans lapeninsule anatolienne, ont également créé une large communauté d’immigrés dansla ville. Les immigrations ont doublé la population de la ville entre 1530 et1575.

Les Romains (Rum) habitaient depuis de nombreux siècles dans lesvillages datant du Moyen Age. Avec la conquête du Péloponèse, les immigrésRomains s’installèrent dans la ville à l’époque de Mehmet le Conquérant.

A l’époque d’Orhan Bey, les Arméniens de Kutahya y arrivèrent pour la premièrefois. Le métropolite Ovahim de Bursa fut élu en tant que patriarche dupatriarcat arménien, fondé à Istanbul en 1461 par Mehmet le Conquérant. Lescompétences données aux Juifs et aux Romains leur furent offertes et leséglises assyrienne, abyssinienne et copte furent rattachées à ce patriarcat.Les arméniens habitant en Orient ont commencé à venir s’établir à Bursa àpartir du début du 19ème siècle. Les Arméniens de Bursa habitaient surtout larégion de Setbasi. Une partie du premier journal “Hudavendigar”, publié par legouverneur Haci Izzet Pasha et pouvant être considéré presque comme un journalofficiel, commença à paraître, à partir du 82ème numéro, en langue arménienne.Même si l’on considère la présence d’une colonie juive à Bursa en 79 avantJ.C., les Juifs ont pris davantage d’importance après avoir obtenul’autorisation du Sultan Orhan de construire une synagogue et de créer unquartier, lorsque ce dernier a fait de Bursa la capitale de l’Empire Ottoman.La plupart des Juifs faisaient du commerce, travaillaient dans la couture etétaient banquiers, quant aux autres, ils étaient orfèvres. La plupart des Musulmans,dont les terres avaient été occupées lors de la guerre entre l’Empire Ottomanet La Russie et qui habitaient dans le Caucase et en Roumélie, immigrèrent versBursa. 30000 immigrés arrivèrent de Rusçuk, parmi lesquels les géorgiens et lestartares étaient majoritaires. Ceux qui vinrent du Caucase s’nstallèrent àYildirim, ceux qui vinrent de Kazan à Mollaarap et ceux de Crymée à Alacahirka.A Bursa, vivaient également les coptes depuis une longue période. Le jour de lafête du printemps (Hidirellez), les coptes, montant vers la région de KireçOcaklari, située au pied de la montage Uludag, organisaient des festivités lorsdesquelles ils désignaient leur président appelé “Ceribasi”. Ils vivaient dansles quartiers de Kanberler et de Demirkapi.

Au début du 20ème siècle, se trouvaient à Bursa les consulats d’Allemagne,d’Autriche et de Hongrie, d’Espagne, d’Italie, de France, de Belgique, de Grèceet d’Iran. Selon un recensement effectué à la même date, les Romainsconstituaient 9.84% de la population, les Arméniens 6.66% et les autres 18%; lereste de la population était composé de Turcs musulmans. En 1903 le métropoliteromain, le partiarche arménien Maître Natalyan, l’évêque catholique arménienMaître Arsoni, l’archevêque Maître Artin, le rabbin Maître Mose Hayimfiguraient avec le Mufti Ali Riza Efendi à l’Assemblée Générale des provinces.Les 5 des 19 médecins diplômés étaient turcs et 4 des 17 pharmaciens étaientégalement turcs.

La fête dela jacinthe organisée chaque année ajoutait davantage de couleur à la vie deBursa. Le peuple partait joyeux pour les jardins de jacinthes, situés auxalentours de la ville, pour y passer du temps. Ces jardins étaient ouverts 3jours de la semaine aux femmes et 4 jours aux hommes. Un beau jour du printemps1869, lorsque la ville était envahie de jacinthes et lorsque les femmes deBursa se divertissaient en chantant dans l’un de ces jardins, 2 beaux hommessont apparus. L’affaire fut transmise à la justice. Les 2 hommes précisèrent,pendant leur défense, qu’ils étaient étrangers et qu’iils s’y étaient présentéspar hasard, parce qu’ils ne savaient pas que le jardin était fermé aux hommesce jour-là. Bien que les 2 hommes aient pu éviter d’avoir une peine trop lourdegrâce à leur défense convenable, l’affaire fut enregistrée dans les registresdu tribunal de Bursa. (mahkeme-i seriye)
Dans la riche culture culinaire de Bursa, le kebab est certainement le plat leplus célèbre. Halmut von Moltke, de passage à Bursa en 1836 pour s’y promener,décrit le goût et le prix bon marché du kebab. “Nous avons déjeuné à la turquedans un restaurant de kebabs. Après nous être lavé les mains, nous nous sommesassis non pas autour de la table mais sur la table. A ce moment précis, je nesavais pas où mettre mes jambes. Tout d’un coup, le kebab posé sur un plateauen bois, c’est-à-dire les petits morceaux de viande de mouton rôtie à la brocheet recouverte d’une sorte de pâte de pain nous a été servie. C’était un platdélicieux. On nous a ensuite servi des olives salées, un “halva”, le dessertpréféré des Turcs, et un verre de “serbet” (raisins bouillis dans de l’eau)avec des glaces. Pour un bon vivant qui a de l’appétit, ce plat ne coûte que120 para, autrement dit 5 schillings”.

La ville des exilés

Au 19ème siècle, Bursa, ville très éloignée de ses jours où elle avait étécapitale ottomane et embellie grâce à de la verdure de tous les tons et à debeaux édifices dans ses rues, s’était transformée en une ville d’exilés.

Mevlanazade Rifat, après avoir poursuivi ses activités anti-gouvernementales àl’étranger durant des années, revint à Istanbul pour y se rendre à la police,comprenant qu’il n’avait pas d’autre solution. Il fut condamné à vivre en exilà Bursa, conformément à la décision prise par le tribunal d’état de siège.Cette condamnation ne put être levée que le 27 Avril 1909, date a laquelle leSultan Abdulhamit II fut détrôné et remplacé par Mehmet Resad V, 35ème sultanottoman. Mevlanazade Rifat put retourner à Istanbul avec les autres exilés, àl’occasion de l’arrivée au pouvoir du nouveau sultan.
Il est également possible de trouver dans les souvenirs de Mehmet Tevfik Bey,gouverneur de Bursa de 1906 à 1909, des traces des autres exilés. Mehmet TevfikBey, lorsqu’il parle de son amitié avec la Sultane Fehime, fille du SultanMurad, cite ses aides à l’égard des 3 sœurs, que la Sultane connaissait depuislongtemps, parmi les raisons principales de cette amitié. La première de cestrois femmes appartenait à la cour du Sultan Abdulhamit, la deuxième à celle duSultan Resat Efendi et la troisième était la sœur de ces dernières. Toutes lestrois, préférant habiter hors du sérail, furent accueilllies chez Mehmet TevfikBey jusqu’à ce qu’on leur trouve une maison à Bursa.

L’histoire de l’exil de Kemaleddin Bey, deuxième fils de GaziOsman Pasha, comporte des leçons. Kemaleddin Bey, mari de Naime Sultane, l’unedes filles du Sultan Abdulhamit, appela le médecin, Hakki Sinasi Pasha, le jouroù sa femme tomba malade, et le médecin injecta du “kakodilat” à Naime Sultaneafin de la soigner. En ce temps-là, la rumeur courait selon laquelle KemaleddinBey était amoureux de Hatice Sultane, fille ainée du Sultan Murad qui habitaitdans le sérail à côté de celui où il résidait avec sa femme et que KemalleddinBey avait ordonné au médecin d’empoisonner Naime Sultane afin de pouvoirépouser Hatice Sultane. Cette rumeur fut même perçue au sérail. Même si l’onlui expliqua que le “kakodilat” était utilisé comme médicament en médecine, iln’était pas possible de convaincre Aldulhamit. Kemaleddin Bey, obligé dedivorcer immédiatement, fut exilé à Bursa, comme cela avait été le cas dumédecin Hakki Sinasi, exilé lui aussi quelque part. Kemaleddin Bey, forcé devivre à Bursa, habitait dans la maison qui lui avait été louée et n’était pasautorisé à sortir de cette maison. Un groupe d’officiers, sous le commandementde Mustafa Pasha, général de brigade parmi les aides de camp du Sultansouverain, fut chargé de surveiller Kemaleddin Bey et tous vivaient ensembledans la même maison. Personne n’était autorisé à aller voir ce célèbreprisonnier. Même le gouverneur de la ville ne pouvait pas le voir sansautorisation.

Après ledécès du Sultan Murad, l’une de ses favorites fut envoyée en exil à Bursa avecplusieurs de ses servantes, payées chacune 10 livres, auxquelles on avaitégalement promis d’acheter des maisons. Elles furent autorisées à se marier aucas où on leur demanderait leur main. En attendant qu’on leur achète desmaisons et qu’on les y installe, 2 résidences furent louées provisoirement àtoutes ces femmes. Le courrier du gouverneur et le directeur régional del’éducation faisaient partie des fonctionnaires exilés à Bursa. Un beau jour,Ali Ata, frère de Molla Necmeddin, se trouvant sur l’un des bateaux deBogaziçi, alluma sa cigarette à la cigarette d’un homme qu’il ne connaissaitpas. Cet inconnu était l’un des hommes de l’héritier du trône, Resad Efendi, etil espionnait pour le compte de la cour. C’est après cet évenement qu’Ali Atafigura sur la liste des exilés à Bursa.
A part tous ces gens, se trouvaient aussi le célèbre Fehim Pasha et beaucoupd’autres qui étaient en exil à Bursa et dans ses environs.

Les marchés et les commerçants

Les marchés

Dans lecomplexe construit par Orhan Gazi après la conquête de Bursa, se trouvaitl’auberge d’Emir, premier bazar de la ville, dans lequel on vendait desproduits textiles. Après le déménagement du bazar dans un autre endroitconstruit par Yildirim Bayezid, les autres marchés abritant d’autrescommerçants se regroupèrent autour de ce même bazar. Au bazar de Haci IvazPasha il y avait les feutriers, au bazar de Sipahi, les tapissiers, au bazar deGelincik les cardeurs et les couturiers, à Atpazari, les commerçants dechevaux, au marché de Kapan, les commerçants de fruits, au bazar des céréales(Tahil Pazari), les commerçants de fruits secs et près du bazar des céréales,il y avait les fameux couteliers de Bursa.

Les marchés comme ceux de Uzunçarsi, Bitpazari, Tahtakale, Tavukpazari,Bakircilar et les auberges (Han) comme celles de Pirinç Han, Tuz Hani, IpekHani, Koza Hani étaient indispensables pour le commerce de Bursa.

Les commerçants

A Bursa, chaque commerçant, opérant dans son propre domaine, adhérait à desorganisations qui le contrôlaient de près. Ces organisations ne donnaient pasl’autorisation d’opérer aux commerçants qui n’étaient pas compétents dans leurdomaine et empêchaient l’imitation de produits oeuvrés par les maîtres.

Pour uncommerçant voulant ouvrir sa propre boutique, il était obligatoire detravailler plusieurs années, passant par les étapes d’apprentissage et decompétence. Ces peronnes, formées sous une grande discipline, étaient honoréesà la fin de chaque étape. Lorsque l’apprenti obtenait le droit de devenir chefdes apprentis, son maître en informait les organisations concernées et lesautres commerçants. Les invités organisaient, dans les lieux de plaisance de laville, des festins et des combats et des prières accompagnaient la cérémonieorganisée en l’honneur des chefs des apprentis et où ils étaient décorés d’une grandeserviette (pestemal) les recouvrant.
Le fait que ces chefs apprentis deviennent maîtres dans leur domaine nedépendait pas seulment de leur ancienneté et de leur réussite dans le métier.Il fallait également trouver une place à ces personnes parce qu’il y avaitbeacoup de maîtres opérant, ainsi donc le décès d’un maître ou la fermetured’une boutique pourrait être une chance pour les jeunes. Le chef apprentidevenait le maître de la nouvelle boutique qui était inaugurée lors d’unecérémonie.
Avec les usines de soie de Konstanz Bey en 1833 et de celles de Boduryan Efendien 1843, la ville s’orienta petit à petit vers l’industrialisation.

La sériciculture

Bursa, ville riche de par sa viticulture, ses cultures de fruits, ses eauxminérales, ses produits laitiers et son oléiculture, à Gemlik et à Mudanya,était une ville très favorable à la sériciculture grâce aux mûriers qui setrouvaient dans ses environs.
La soie était un domaine commercial très difficile à cause de la préparation,pendant laquelle il y avait beaucoup de risques. Par exemple, une maladieapparue en France et qui s’était propagée jusqu’aux vers à soie de Bursa et deses environs en 1860, causa des dommages extrêmes à la récolte et lessériciculteurs durent déboiser leurs mûriers. Après ce désastre, le médicammentnécessaire pour combattre cette maladie fut inventé en France et lesséricicultuers exportèrent les grains sains pour éviter la maladie; mais aprèsun certain temps, il s’avéra que ces grains exportés n’étaient absolument passains.
Le 2 Avril 1888, la maison de Kazaz Ahmet Muhtar Efendi située dans le quartierde Sehrekustu fut louée et servit de première école de soie, appelée “HarirDaruttalimi”. En 1889, les premiers étudiants sortirent diplômés de cetteécole. L’école fut transférée dans la maison de Burdurizade Osman Efendi situéeà Setbasi car elle était plus grande que celle de Kazaz Ahmet Efendi. En 1894,l’école reçut désormais ses étudiants dans l’immeuble construit dans lequartier de Maksem et prit le nom d’Institut de Sériciculture. TorkumyanEfendi, qui fut nommé directeur de l’Institut, mit brillamment en œuvre laméthode de production de grains, conseillée par Pasteur, et forma plusieursétudiants.

Tissage artisanal du cocon

Bursa fut le premier endroit considéré comme le centre de tissage dans l’EmpireOttoman. Au début des années 1850, à Bursa, il y avait 14 usines de soie,formées au modèle des usines européennes, qui fonctionnaient à la vapeur et àl’eau. Il y en avait 2 également à Mudanya. Au total, fonctionnaient 150 à 200métiers à tisser à Bursa où l’on pratiquait le tissage de soie pure et et celuide soie mélangée.

Les métiers à tisser de Bursa étaient primitifs. Ils possédaient desencadrements rectangulaires sur lesquels il y avait des cylindres qui servaientà tendre les fils et à soutenir les tissus se trouvant dans le bas. Tout, saufles projectiles en plomb, était en bois: Les projectiles en plomb se trouvantdes deux côtés, qui fonctionnaient à tour de rôle pour balancer et tendre lesfils à la fin, les navettes qui circulaient en passant entre les fils, lapédale utilisée par l’artisan pour faire fonctionner ce dispositif.

Un tissu en velours, appelé “çatma” , était imprimé à Bursa, à Bilecik et àUskudar. Les tissus en laine, en soie, en velours imprimés à Bursa étaienttellement connus dans le monde entier que même un pays comme la Chine, le géantdu textile, avait importé des tissus de Bursa et les marchés de Hongrie, dePologne, d’Italie et des Balkans regorgeaient des célèbres tissus de Bursa. Lestissus et les velours, imprimés au 16ème siècle sur les métiers à tisser deBursa, étaient très à la mode dans le monde entier et utilisés pour laconfection de vêtements destinés aux sultans et aux princes. Les maîtres detissage avaient formé leur propre confrérie. Les tissus passaient par uncontrôle rigoureux et portaient des marques avant d’être lancés sur le marché.L’état confisquait les tissus de mauvaise qualité. Chaque atelier était connupour sa propre fabrication. Il y avait également un contrôle rigoureux surl’importation de fil de coton. Le fil de coton se vendait chaque samedi aumarché tenu à la cour de la Grande Mosquée (Ulucami); quant aux cocons à soie,ils se vendaient à Koza Hani.

Au 18ème siècle, la concurrence avec les pays étrangers força les propriétairesdes métiers à tisser à imprimer à des prix meilleur marché et c’est ainsi queles tissus de Bursa perdirent beaucoup de leur qualité.

LES ECOLES

Les écoles missionnaires

Les missionnaires américains ouvrirent un lycée de garçons dans le quartier dePera, à Istanbul. Ce lycée fut considéré comme le centre et d’autres écoless’ouvrirent également à Izmir, à Bursa et à Trabzon. Ces écoles, aux programmessimilaires à celles en Occident, eurent la préférence. A l’école américainepour les filles, qui se trouvait à Bursa, il y avait 70 étudiantes. Auprogramme de l’année scolaire, en 1893, pour les classes de première, seconde,troisième et quatrième, il y avait du grec et de l’arménien, de l’arithmétique(en grec et en arménien), de la géographie (en grec et en arménien), del’anglais, de la géometrie, de la botanique (en anglais), de la physique, del’astronomie (en anglais) et de l’histoire (en anglais).

Lycée Militaire d’Isiklar

L’école ouvrit ses portes en 1845 sur la place de Heykel (Heykel Meydani) surordre du Sultan Abdulmecid. L’immeuble, à deux étages et dont le rez-de-chausséétait en béton et le premier en bois, se trouvait dans le quartier d’Isiklar etfut inauguré le 10 Juin 1892 par le gouverneur Munir Pasha. En 1894, on yajouta un deuxième immeuble pour que l’école puisse recevoir 500 élèves. En1911, on y annexa un hôpital. Cet immeuble, utilisé lors de l’occupationgrecque comme écurie, fut inauguré pour la deuxième fois sous le nom d’EcolePréparatoire Militaire. L’école, ayant pris le nom du quartier où elle setrouvait, était connue sous le nom de Lycée Militaire d’Isiklar. Il s’avéra quele nom du quartier, situé sur une colline, avait d’abord été Asiklar pourdevenir ensuite Isiklar.

L’école industrielle de Hamidiye

Le 10 Avril 1869, à Türmenoðlu Konaðý, dans le quartier de Filibos, fut ouvertel’école industrielle. Dans cette école, qui prit le nom de “maison decorrection”, on enseignait seulement le tissage. Les tissus pour les uniformesdes gendarmes y furent tout d’abord confectionnés, et par la suite, avecl’apport de nouveaux outils, les enseignants se spécialisèrent dans le domainede la cordonnerie. A partir des années 1900, des leçons de français et demusique furent ajoutés aux programmes du Lycée Industriel de Hamidiye, quiattirait l’attention par ses réussites à long terme et une fanfare y fut aussiformée. En 1906, une boutique de vente fut ouverte dans l’enceinte de l’école,sur la rue Hürriyet. Tous les habitants de Bursa firent un gros effort pour ledéveloppement de l’école. Une loterie fut organisée et les droits sur lesrevenus de la vente de bétail, qui s’était tenue dans le quartier d’Atýcýlar,furent légués à l’école. En 1906, Necip Efendi de Bursa et Mirat Efendi d’Istanbulobtinrent l’autorisation de fabriquer du papier à cigarettes, qu’ils faisaientauparavant confectionner en Europe sous la marque de “papier à cigarette del’Ecole Industrielle de Hamidiye”. Les revenus de cette vente auraient étéversés au profit de l’école. Deux ans plus tard, l’école déménagea dans lequartier de Tophane.

L’Ecole administrative

En 1885, un lycée de garçons fut fondé sous le nom d’Ecole Administrative. Enjuillet 1888, le lycée, vieux de 4 ans, donna ses cinq premiers diplômés. L’enseignementdans ce lycée de 4 classes continua jusqu’à l’année scolaire de 1890-1891. Al’année scolaire de 1891-1892, il y avait 7 classes; entre 1901 et 1904, unlaboratoire, un foyer d’étudiants, un restaurant et une salle de récréationfurent annexés et en 1906, un établissement de bains (hammam) fut construit. Apartir de 1909, l’école prit le nom d’Ecole des Sultans.

L’Ecole agricole

Hugavendigar Numune Çiftligi Ziraat Mektebi, (Ecole agricole de la Ferme Pilotede Hugavendigar) commença son enseignement avec 20 étudiants au mois de Mars del’année 1891 sur les terres de Topla Mehmet Aga, dans le village de Hamitler,sous l’auspice du gouverneur Mahmut Celaleddin Pasha, pour enfin former lesjeunes dans le domaine agricole. A partir de la date de sa fondation, l’écoleproduisit chaque année scolaire et durant plusieurs années, 15 diplômés quireçurent une formation pratique.

En 1904, à l’Ecole Administrative, il y avait au total 325 étudiants, à L’EcoleIndustrielle de Hamidiye 150, à L’Ecole Agricole 78. En 1905, une école futouverte sous le nom de “Hamidiye Medresesi Muallimini” qui prit par la suite lenom de Darulmuallimin.

Les Stations Thermales

De Rome à Byzance


La lettre écrite par Plinius, premier gouverneur romain de Bursa, approuve quele premier bain public fut construit à l’époque romaine. Les sources d’eau àPythia (Cekirge) furent ouvertes au public lors de la construction urbaine deBursa à l’époque de Justinien. Les bains se trouvant dans cette région prirentde la valeur à l’époque byzantine.

Les stations thermales dans la tradition ottomane

Evliya Celebi nous relate que Bursa, en tant que ville, consistait en ses eaux.A l’époque ottomane, la construction de stations thermales commença en 1511 parl’annexe de deux coupoles au bain de Justinien, qui possédait déjà deuxcoupoles construites par Muradi Hudavendigar. Les membres de la cour, lescélébrités d’Istanbul, les ambassadeurs, les princes étrangers de passage, lessavants, les écrivains et les hommes d’état étrangers venaient à Bursa pour labalnéothérapie. Le 6 mai 1906, le gouverneur de Bursa, Mehmet Tevfik Bey, avaitaccueilli le duc de Holstein, le frère d’Augusta, l’empereur d’Allemagne ainsique son épouse; le 7 juin 1908, le prince Victor Napoléon, membre de la familleBonaparte et le duc Carl Eduard Saxe Cobour et son épouse la Duchesse, le 4Juillet 1908. Tous étaient venus pour les bains de Bursa.
La station thermale de Bursa, qui consistait en une salle à l’entrée pour sedéshabiller, une pièce pour se rafraîchir et l’endroit destiné à se baigner,est décrite dans son recueil comme il suit:

Ceux qui entrent y restent
Et y trouvent une âme
Ils trouvent leur remède
Dans les bains de Bursa...
Dans la lettre écrite de Turquie par Helmut von Moltke à son père, les bainssont décrits ainsi: “Je t’avais déjà décrit la beauté des bains turcs. Ceux deBursa ne sont point artificiels et les eaux sont tellement chaudes de par leurnature que l’on croit tout d’abord ne pas pouvoir sortir de la piscine sans sebrûler. De la terrasse du bain, où l’on s’est baigné, il y avait une vuemagnifique et c’était tellement confortable que l’on ne voulait pas partir”.

LES RUES

Les rives ouvrant leurs bras à la Marmara

Au 19ème siècle, Bursa était le centre de la province de Hudavendigar. Lesdistricts comme Balikesir, Karahisar-i Sahip, et Kütahya et les subdivisionscomme Gemlik, Pazarköy, Mudanya, Yalova, Karamürsel, Tirliye, Bilecik, Lefke,Gölpazari, Sogud, Mihaliç, Kirmasti, Inegöl, Yarhisar, Yenikent, Iznik,Pazarcýk en dépendaient administrativement.

Cette province, large du point de vue de ses terres, avait trois portsimportants. Gemlik, au bord de la baie s’étendant à partir des montagnes deSamaný jusqu’à la mer vers Bozburun, était connu pour ses chantiers navals.Avec son port fermé aux vents du nord, Gemlik était un abri pour les bateaux.Quant au port de Yalova, qui se situe un peu plus au nord, il n’était pas toutà fait fonctionnel à cause des difficultés concernant le transport. Le port le plusfréquenté était celui de Mudanya, région de mûriers, d’oliviers et de vignes,qui constituait une porte pour la plaine de Bursa vers la mer Marmara. SelonEvliya Celebi, le nom de la région était né du nom de la fille du roi deConstantinople.
Dans les années 1850, le voyage entre Istanbul et Mudanya durait 8 heures, dansde bonnes conditions météorologiques. Quant aux jours où les vents du nordsoufflaient fort, les hautes vagues devant Bozburun empêchaient l’entrée despetits bateaux au port et les bateaux restaient devant la baie jusqu’aulendemain.

Les routes

Pour celui qui arrivait à Mudanya par bateau, il était possible d’aller à Bursaà cheval. Tout au long de la route, entourée de vignes et de champs jusqu’àBursa, il était possible de contempler le paysage plaisant de la mer Marmara etles collines entourant la mer. Après une pente, la mer devenait invisible et laville, étendue sur une plaine, apparaîssait avec tous ses cyprès. On voyait deloin plus de cent minarets blancs et de coupoles rondes appartenant à la villesituée sur les flancs escarpés de la montagne Olympos, couverte de forêts.

Lorsque l’on s’approchait de la ville, on voyait un pont et la rivière Nilüfer.Cette rivière coulait entre les noyers géants vert foncé, les platanes vertclair, les riches prairies et les mûriers. Chaque pas vers Bursa offrait unenouvelle surprise composée des verdures séduisantes.

Le Chemin de fer

L’importance accordée aux chemins de fer par l’administration ottomane futrenforcée durant la deuxième moitié du 19ème siècle. Sultan Abdulaziz promulguaun rescrit impérial en 1871 concernant le chemin de fer. Le projet deconstruction de la ligne principale prévoyait une ligne entre Istanbul etBagdad. L’ingénieur allemand Wilhelm von Pressel fut nommé en tant queresponsable des chemins de fer ottomans après sa fondation. Le projet proposépar Pressel prévoyait une ligne à partir de Haydarpaþa, couvrant également unréseau ferroviaire de Mudanya à Bursa. Les travaux commencèrent et les railsfurent posés de Mudanya vers Bursa, mais la construction de cette ligne ne putprendre fin qu’en 1874. Pour parvenir jusqu’à Bursa, 185.000 livres ottomanes(environ 4.200.000 francs français) furent dépensées, mais son exploitation nefut pas possible à l’époque. Le projet fut suspendu pour un certain temps. Lestravaux de construction de la ligne ne purent recommencer que 17 ans plus tard.

M. Nagelmakers, devenu concessionnaire, ouvrit la ligne en 1892, après avoirfondé la Société Ottomane de Chemins de Fer de Bursa et de Mudanya. Lesvoyageurs arrivèrent de Mudanya à la station Acemler de Bursa en 2 heures.Comme c’était une société étrangère qui gérait le chemin de fer, les horairesétaient fixés selon l’heure européenne. Mais cette application causa plusieursdifficultés auprès des voyageurs et la société, dans un communiqué écrit,avertit ses voyageurs pour que ces derniers prennent l’heure européenne enconsidération; mais à la demande, elle dut annoncer le changement des horairesconformément à l’heure locale.

 

2èmecapitale Edirne

L’EMPIREOTTOMAN

Les Capitales Ottomanes

Edirne, la deuxième capitale ottomane...

Les Odyrs

A l’époque remontant à 5500-5000 av. J.C., il existait une habitation, plusancienne que celles des cultures néolitiques dont on en rencontra de semblablesaux Balkans, qui était située dans les environs d’Enos (Enez) et qui possédaitles caractéristiques d’une colonie avec ses remparts et ses poteries portantdes traces anatoliennes.

Plus tard,les Thraciens, connus pour leur courage et leur capacité belliqueuse, qui ses’étaient installés autrefois en Thrace, furent recrutés par les armées,grecque et romaine. Chez les Thraciens, on pouvait constater plusieurs typesd’habitations dans les grottes, dans les fermes, dans les villages de pêcheursou dans les villes.

Les Apsints, installés à l’est d’Enos, les Drugeris, dans la région de Hebros(Meriç), les Tyns dans la région de Salmydessos (Midye), et les Kalopothaks quis’installèrent dans la région, s’étendant du sud d’Enos jusqu’à la péninsule deGallipoli (Gelibolu), figuraient parmi les tribus thraciennes. Parmi cestribus, les Odrys qui habitaient dans la région s’étendant de la vallée Tonzos(Tunca) jusqu’à la mer, étaient les plus connus et les plus forts.

Le village le plus important des Odrys, qui vivaient sur de larges territoiresen Thrace, était Odrysai. Odrysai était une région habitée commerciale qui sesituait au carrefour de Hebros (Meriç) et de Tonzos (Tunca).

La région, qui se trouvait sur le passage obligatoire de l’Europe du sud-estvers l’Anatolie, était influencée, de par sa géographie, par les échangescommerciaux et culturels des immigrations et des occupations. Les immigrationset les passages n’ont jamais pris tout à fait fin.

En 513 av.J.C., Draius, empereur des Perses, continua son expédition d’Iskit,passant tout d’abord par le Bosphore (Istanbul Bogazi) et ne s’éloigna pas desrives vers la Thrace. Son armée s’arrêta pour la première fois au pays desOdrys et cela signifait que la Thrace passait aux mains des Perses.
L’expédition de Mardonius en 492 av.J.C. a renforcé la souveraineté des Perses.Plus tard, les Thraciens durent envoyer des soldats à l’armée du roi Kserkses.Kserkses avança de la péninsule de Gallipoli (Gelibolu), dans la baie de Melas(Saros Korfezi), vers Enos et c’est ainsi que les Perses devinrent lessouverains de toute la plaine où se trouve actuellement la rivière de Hebros.

Après la fin de l’hégémonie des Perses, les Thraciens ressentirent la nécessitéd’unir les tribus thraciennes et chargèrent la tribu des Odrys, qui était sousle règne du roi Teres, de l’unification; les Odyrs obtinrent ainsi lasouveraineté des terres allant de Hebros et de Kypsela (Ipsala) jusqu’à Varna.Les Odyrs s’organisèrent en fondant un état de structure aristocratique etféodale.

A l’époque romaine en 342-341 av. J.C., les Odyrs, qui avaient perdu la guerrequ’ils avaient faite contre Philippe, le roi de Macédoine, s’affaiblirent deplus en plus. Alexandre le Grand, craignant le désordre après l’assassinat duroi Philippe en 336 av.J.C., decida, en 335 av.J.C., d’organiser une expéditionen Thrace. Il avança le long des rives, en passant par le pays des Thraciensqui avaient perdu leur roi et par la rivière de Nestos (Mesta) et arriva aupied des Balkans en 10 jours. Il continua à avancer, en ne s’éloignant pas desrives, en direction d’Odrysia et de Hebros et suivit l’itinéraire tout le longde Tonzos, en passant par une gorge. Après la mort d’Alexandre toute la Thraceprit le nom de “SATRAPLIK”.

En Thrace, malgré l’invasion des Galats en 280-279 av.J.C., les Odyrs, quiavaient gagné en force avec le temps, établirent des liens étroits d’amitiégrâce à leur roi Kotys. Kotys fut le seul à soutenir Perseus lors de la guerrefaite contre Rome en 171-168 av.J.C. Les Romains, qui détruisirent le royaumemacédonien, exercèrent une forte influence sur toute la Thrace.

Caligula fit de Rhaimetalkes le roi de la Thrace en 37-38 ap.J.C. Après la mortde Rhaimetalkes, en 45, à l’époque de l’empereur Claudius, la Thrace perdit sonindépendance et devint une province de l’Empire Romain.

Hadrianopolis

L’empereur Adrien (117-138), qui effectua une visite en 123-124 en Orient,ordonna la construction de nouveaux édifices sur l’ancien lieu appelé Uscudamaou Odyrsai. Le village, en se développant, se tranforma en ville. Odyrsai, endevenant l’une des principales villes de l’Empire Romain, prit le nomd’Hadrianopolis ou d’Adrianopolis pour vénérer l’empereur qui lui avait donnél’honneur de l’avoir promu à cette position si importante.
L’édifice le plus important offert par Adrien à la ville était la forteresse.Construite en se basant entièrement sur le plan de Castrum Romain, laforteresse avait 4 bastions de forme ronde, entre lesquels se trouvaient 12petites tours de forme quadrangulaire et 9 portes. Une tranchée avait étécreusée devant les remparts. Les villes thraciennes connurent un développementtout au long du 2ème siècle et la première moitié du 3ème siècle. Quant à laville d’Hadrianopolis, elle profita aussi de cette époque dorée et se développaprogressivement dans les domaines militaire, commercial et agricole.
Hadrianopolis, qui, de par sa position, était l’un des importants bastions del’Empire Romain, devint la capitale de Haemimontus, l’une des 6 villes de laprovince de Thrace, avec la nouvelle approche administrative oeuvrée parDiocletianus (284-305) en 297. Après le retrait de Diocletianus, des guerresciviles éclatèrent.

Lors de la guerre, qui eut lieu dans les environs de Hadrianopolis, ce futLicinius qui fut vaincu et Constantinus qui vainquit. Constantinus, quivainquit Licinius, qui s’était retiré jusqu’à Bizantion, le tua par la suite etdéclara sa souveraineté sur l’Empire. Il deplaça la capitale impériale de Romeà Bizantion. Il s’appela désormais Constantius Ier (324-337), empereur danscette nouvelle capitale. La ville, qui avait tout d’abord porté le nom de NeaRoma, prit le nom de “Constantinopolis”, ce qui l’identifiait au nom deConstantinus Ier (11 mai 330).

La guerre, qui eut lieu contre les Goths au nord de Hadrianopolis en 378, àl’époque de l’empereur Valens (364-378), prit fin avec la défaite de l’arméeromaine.

L’empereur Theodosius I (379-395) envisagea, d’un certain point de vue,d’éviter le risque d’immigration en menant une politique plus modérée vis-à-visdes Goths. Theodosius passa le mois de septembre de l’année 381 àHadrianopolis.

Entre 441 et 447, les Huns, organisant cette fois-ci des invasions en Thrace,détruisirent et pillèrent la région.
Lors de la guerre faite en 550 à Hadrianopolis contre les Avars, l’arméebyzantine essuya une défaite; plusieurs de ses soldats furent faits prisonnierset même l’étendard sacré d’Alexandre le Grand passa aux mains des Avars. Aprèsla guerre, l’armée byzantine donna l’assaut aux Avars, qui s’étaient avancésjusqu’aux remparts d’Anastasios en pillant tout qu’ils trouvaient et put sauvercertains des prisonniers grâce à l’étantard sacré.
A l’époque de la dynastie de Heraclius (610-641), on comptait 5 métropolitesdans l’administration religieuse de Hadrianopolis.
En 807, l’empereur Nicephorus I (802-811) organisa une expédition contre lesBulgares et reprit la ville de Hadrianopolis, mais ayant appris qu’il sepréparait une révolte contre lui, il dut reparir pour Constantinopolis.

Les Peçenek constituèrent un grand danger pour Byzance à partir de 1018. LesPeçenek, qui s’étaient regroupés à l’époque de Constantin IX Monomachus(1042-1055), devinrent une grande puissance et fondèrent un quartier généralaux portes de Hadrianopolis dans le but de piller la région. Lors du déclin del’Empire Byzantin, Hadrianopolis se tailla la part du lion en faveur de Venise.
En 1336, l’une des filles d’Andronicus III (1328-1341) se maria à Hadrianopolisavec le prince bulgare Mikhail. Lorsque Andronicus III décéda en 1341, illaissa le trône à son fils de 9 ans, Ioannes (1341-1391) choississantCantacuzenos, en qui il avait confiance, comme administrateur. Mais cetadministrateur de confiance (1341-1354) se déclara empereur le 26 octobre 1341à Didymoteikos (Dimetoka). Les conflits au nom du trône, qui éclatèrent dansles pays où régnaient deux empereurs, se propagèrent de telle façon que mêmeles propriétaires terriens, les nobles et le peuple préférèrent une guerrecivile entre les classes sociales. Cette révolte, qui éclata à Hadrianopolis,s’étendit vite à la Thrace. Cantacuzenos pénétra à Hadrianopolis et se déclaraà nouveau empereur, prenant le nom de Ioannes VI à la place de IoannesPalaiologos V (1341-1391). Quant à Cantacuzenos, il dut à nouveau faire laguerre en 1352 pour Hadrianopolis, mais, cette fois contre Ioannes PalaiologosV. Ce dernier avait obtenu 4000 cavaliers avec le soutien des Serbes et desBulgares. Cantacuzenos, pour pouvoir vaincre cette grande puissance, demandal’aide d’Orhan Gazi (1326-1360), son ami et son gendre à la fois. Les 10.000guerriers turcs, sous le commandament de Suleyman Bey, remportèrent la victoireau nom de Cantacuzenos.

L’EPOQUE OTTOMANE

Son nom est Edirne

Une nuit de 1354, Suleyman Bey s’empara de la forteresse de Gallipoli(Gelibolu) et les forces ottomanes commencèrent à faire des incursions enThrace. Le bruit des pas des Turcs résonnait désormais en Thrace. En 1360Didymotheikos (Dimetka) fut emparé. Sultan Murad 1er (1359-1389)

accorda une grande importance à la conquête de Rumeli, dès sonarrivée au pouvoir. Le Sultan, après la conquête de Çorlu et de Keþan, chargeaLala Sahin Pasha de la conquête de Hadrianoplois. Lala Sahin Pasha,accomplissant sa mission avec Haci Ilbey, s’empara de cette ville byzantine. Enjuillet 1362, à l’époque du Sultan Murad 1er , Hadrianopolis appartenaitdésormais aux Turcs. Murad 1er , dans sa lettre annonçant la prise de la villeadressée à Uveys Han, mentionnait le nom de la ville comme étant Edirne. Murad1er , qui effectua une visite dans cette ville qui avait été prise avec grandefierté, laissa le commandement de la forteresse à Lala Sahin Pasha. Edirneservit par la suite de base militaire aux Turcs, lors de leurs incursionsdestinées à la conquête de Rumeli. En 1361 par exemple, Lala Sahin Pasha partitd’Edirne pour son expédition destinée à la conquête de Filibe. Un an plus tard,La guerre de Sirpsindigi contre l’armée des croisés, composée de Serbes, deValaques et de Hongrois, eut lieu à 25 km à l’est d’Edirne. Le Sultan Murad 1errêva une nuit d’un vieux barbu avec lequel il s’était entretenu, ce dernier luidemandant de faire construire un palais, Murad 1er ordonna la construction d’ungrand sérail.

Le Dar-ul Mulk des Ottomans

Après sa conquête, Edirne se transforma rapidement en une ville turque. Le faitque les Ottomans aient décidé de faire d’Edirne la capitale de l’empire en1365, marquait le début d’une nouvelle époque pour la ville. Bayezid 1er ydonna ses instructions pour la conquête d’Istanbul.

Les princesimpériaux se mirent à se disputer le trône à la mort de Yildirim Bayezid. Al’époque de Fetret (1403-1413) on accorda plus de valeur à la ville. Le princehéritier, fils aîné de Bayezid, Emir Sultan Celebi, ayant transféré le trésorpublic de Bursa à Edirne, monta sur le trône. Quant à Musa Celebi, un autreprince impérial, il s’empara de la ville en guerroyant contre son frère en 1411avec l’aide de Voivode de Valachie et fit frapper des pièces de monnaie à sonnom. En 1413, Mehmet Çelebi 1er, afin de renforcer l’Etat Ottoman, prit Edirne,qui était aux mains de son frère.

En 1419, Mustafa Çelebi, qui prétendait être le fils disparu du Sultan Bayezid1er lors de la guerre d’Ankara, s’empara de la ville et supposant qu’il avait undroit sur le trône, fit sortir lui aussi, des pièces de monnaie à son nom. Mêmes’il avait avancé d’Edirne vers l’Anatolie, il fut vaincu par Murad II(1421-1451) aux environs de Bursa. Mustafa Çelebi, qui avait été capturélorsqu’il était en route pour la Valachie, après avoir pris le trésor qu’ilavait laissé à Edirne, fut assassiné en 1442 à Edirne. Le premier festin,auquel le peuple participa avec beaucoup d’enthousiasme, fut organisé àl’occasion de cet évenement.
Murad II, organisa des fêtes spectaculaires à Edirne en l’honneur de lacirconcision de ses fils Alaeddin et Mehmed et se retira en 1444 à Manisa,laissant le trône à son fils Mehmed. Le fait que Mehmet II fut le premiersultan qui régna après qu’Edirne fut déclarée la capitale ottomane, la premièrefête pour son avènement au trône fut organisée au palais d’Edirne. Le nom de cesultan, monté sur le trône à l’âge de 12 ans, serait Fatih Sultan Mehmet(Mehmet le Conquérant), nom qu’il mérita après la conquête d’Istanbul. MuradII, qui s’était retiré à Manisa, dut retourner à Edirne après la nouvelle del’arrivée d’une armée de croisés. Cette armée fut vaincue à Varna.

Murad II, même s’il laissa encore une fois le trône à son fils après lavictoire, dut, pour la troisième fois repartir pour Edirne, après la révoltedes janissaires. Mehmet II (1451-1481) monta définitivement sur le trône le 5février 1451, date de la mort de Murad II. Désormais, il avait un but devantlui, la conquête de Constantinopolis... Il mit tout en œuvre à Edirne pour laréalisation de cet idéal. 

Constantinopolis, la nouvelle capitale


Le but sacré de Mehmet II se réalisa en 1453. L’armée détruisit les remparts ducôté terrestre de la forteresse, lors de l’offensive commencée tôt le matin du29 mai 1453. Le même jour Mehmet II pénétra dans la ville sur son cheval et fitsa prière à Sainte-Sophie. Mehmet, qui conquit Constantinopolis, allaitdésormais être mentionné dans l’histoire comme sous le nom de “Sultan Mehmet leConquérant”; il fit de Constantinopolis la capitale de l’Empire Ottoman. Quantà Edirne, elle ne perdit pas de son importance après la conquête deConstantinopolis. La ville connut des conflits au sujet du droit au trône entreBayezid II (1481-1512), qui ordonna l’exécution de Gedik Ahmet Pasha au Palais d’Edirneet son fils Selim.
Edirne servit de base militaire pour les expéditions vers l’Occident au 16èmesiècle. Edirne était une ville importante car les sultans y passaient leurtemps. Yavuz Sultan Selim 1er (1512-1520), Kanuni Sultan Suleyman 1er (Solimanle Magnifique) (1520-1566) et Selim II (1566-1574) accordèrent une importanceparticulière à la construction de la ville.

Les jours somptueux d’Edirne

Au 17ème siècle, à l’époque de Ahmed 1er (1603-1617), cette attention portée àla ville redoubla et, plus tard, Osman II (1617-1622) et Murad IV (1623-1640)organisèrent de grandes festivités de chasse. N. Mehmed (1649-1687), surnommé“le chasseur” passa la plupart de son temps à Edirne pour y organiser desbattues. Dans les années 1670, N.Mehmed, qui fit presque d’Edirne le deuxièmecentre administratif, utilisa la ville comme base pour ses expéditions russe etpolonaise.

Le Sultan qui aimait passer son temps à Edirne était Mustafa II (1695-1703); ilfut détrôné à la fin de la révolte, en 1703, mentionnée comme l’Affaired’Edirne dans l’histoire.

Bien qu’unaccord fut signé après la guerre Prut, qui eut lieu entre les Turcs et lesRusses, ces derniers ne quittèrent pas le territoire polonais malgré les 7 moisécoulés. C’est après cela que l’armée ottomane décida d’organiser une autreexpédition. Ahmet III partit d’Istanbul pour Edirne. Le tsar Russe Petro 1er,s’inquiétant de la nouvelle situation, déclara qu’il était prêt à despourparlers. Après les pourparlers qui eurent lieu à Edirne, l’accord d’Edirnefut signé le 24 juin 1713. Selon cet accord signé, les Russes devaient quitterla Pologne 2 mois plus tard et la ligne tracée à l’époque de Mehmet IV devaitêtre prise en considération. Les Russes acceptèrent également le retour du roide Suède Karl XII qui avait été invité par l’Empire Ottoman et qui traverseraitle territoire russe, accompagné d’escortes turques.

Les destructions

Après l’incendie qui eut lieu en 1745, le séisme en 1751 dépara Edirne. Apartir de cette date, Edirne entra dans une période de rétrogradation,s’éloignant de ses jours somptueux. Les notables et les féodaux, quis’opposèrent aux réformes “Nizam-i Cedid” du Sultan Selim III (1789-1807), serévoltèrent contre l’état à deux reprises, en 1801 et en 1806. (Le massacre d’Edirne)

La ville fut emparée par l’ennemi lors de la guerre turco-russe entre 1828 et1829. Edirne connut une période dure avec l’occupation par les Russes le 22août 1829. Bien qu’Edirne ait été reprise conformément à l’accord signé avecles Russes le 14 septembre 1829, la ville fut négativement influencée par laguerre. Le peuple musulman dut immigrer. Le Sultan Mahmud II (1808-1839)effectua une visite à Edirne pour soutenir moral du peuple et lors de sonséjour de 10 jours, il ordonna la reconstruction de la ville. Les monnaiesportant des noms comme Hayriye, Nisfiye et Rubiye et le sceau d’Edirne furentfrappés pour la commémoration de cette visite impériale.


Lors de la guerre turco-russe entre 1877 et 1878, le 20 janvier 1878, Edirnefut de nouveau occupée et cette occupation dura plus de 13 mois. Le 13 mars1879, la ville fut reprise par l’Empire Ottoman.

Edirne fut également le témoin de difficultés au début du 20ème siècle. Malgréla défense héroique de Þükrü Pasha, qui resista pendant 160 jours lors de laguerre balkanique des Etats Balkaniques contre l’Empire Ottoman, il dut serendre aux forces serbes et bulgares à cause de la famine, le 26 mars 1913.
Le 22 juillet 1913, les forces, sous le commandement d’Enver Bey, pénétrèrentdans la ville sans y rencontrer de résistance. La ville fut complètementdétruite. Les efforts déployés par les forces européennes pour s’emparerd’Edirne ne donnèrent aucun résultat et, après l’accord de Bucarest signé le 10août 1913, Edirne fut considéré comme faisant partie du territoire ottoman.

Ville frontalière

Edirne connut également l’occupation grecque qui dura plus de 2 ans, entre 1920et 1922, après la Première Guerre Mondiale. C’est après la signature del’Accord de Mudanya le 25 novembre 1922 que l’armée turque pénétra dans laville. Avec la signature de l’Accord de Lausanne, Edirne, avec tous lesmonuments turcs, devint une ville frontalière, entre la Grèce et la Bulgarie.

Les édifices

La première capitale ottomane, Bursa, comportait des édifices construits dansle style architectural de la première période de l’Empire Ottoman. Quant à ladeuxième capitale, Edirne, la ville qui avait été temoin de développements etde progrès, elle possédait des oeuvres de la période où l’art ottoman était àson apogée.

La Mosquée de Yýldýrým Bayezid

Cettemosquée est l’édifice le plus ancien de l’époque turque à Edirne (1397-1400).Une mosquée fut construite sur les fondements d’une ancienne église byzantineen forme de croix. La mosquée possède une petite coupole centrale autour delaquelle se trouvent 4 voûtes.
La construction de l’ancienne mosquée fut commencée en 1403 par Emir SultanÇelebi et les travaux prirent fin en 1414, à l’époque de Çelebi Sultan Mehmed.L’architecte en était Haci Alaeddin de Konya. L’édifice, de forme carrée avec 9coupoles, figurait parmi les mosquées dont le plan était celui des grandesmosquées à plusieurs coupoles. L’édifice fut construit en pierre. L’intérieurde l’édifice était divisé en 4 pieds. Le dernier endroit, consacré au peuple, futterminé par l’encastrement de pierres et de briques. On y voit également degrandes inscriptions.

La Mosquée de Muradiye

La mosquée, construite sur l’ordre du Sultan Murad II en 1436, figurait parmiles plus belles mosquées construites conformément au plan des mosquées avec desannexes. Avec ses façades unies, la mosquée faisait partie des plus grandesoeuvres dans le domaine de l’art décoratif ottoman du début de 15ème siècle,malgré la simplicité de ses ornements à l’encre de Chine recouvrant les murs del’est et de l’ouest, le mur du mihrab et le cintre de la grande arcade reliantles deux coupoles centrales. Cet édifice retient l’attention par son mihrab etson jubé spectaculaire.

La Mosquée à 3 “Serefe” (galerie du minaret où le muezzin appelle à laprière)

La mosquée, construite sur l’ordre du Sultan Murad II, entre 1438 et 1447,figurait parmi les oeuvres architecturales ottomanes entre la première périodeet la période classique. Elle fut construite selon une nouvelle approchearchitecturale de l’art turc basée sur le plan schématique, qui prévoyait uneconstruction s’étendant sur toute la largeur. Elle possède 4 minarets, dontl’un à 3 “serefe”, l’autre en ayant 2 et les deux autres 1 chacun, tous ornésde motifs divers. Le minaret à 3 “serefe” comporte 3 escaliers pour monter touten haut, ce qui représente une nouveauté dans la construction, ce nouveau styleayant donné son nom aux autres constructions de même style. La mosquée aégalement des galeries avec des arcades à ogives et une cour avec des jetsd’eau.

Le complexe du Sultan Bayezid

Le Sultan Bayezid II séjourna à Edirne pour assurer les besoins de son armée,avant ses expéditions destinées à la conquête de Kili et d’Akkerman. Lors deson séjour, le 23 mai 1484, il posa les premiers fondements d’un grand complexeau bord de Tunca, composé d’une mosquée, d’une maison de santé, d’une écolereligieuse, d’un asile, d’une imprimerie, d’un bain, d’un moulin et d’un pont.

A cette époque, en Europe, les malades mentaux étaient considérés comme lescomplices du diable et on les brûlait vifs. Dans la maison de santé ducomplexe, une place fut reservée au traitement de ces malades, sur diversesmesures de musique turque. Dix musiciens et chanteurs travaillaient dans lamaison de santé. Pendant le traitement, ils jouaient d’instruments tels que leney, le violon, le santur et l’ud et les mesures telles que « neva, rast,dugah, segah, çargah et buselik » donnaient des résultats probants sur lesmalades. L’aromathérapie était également utilisée.

L’architecte de ce complexe, mentionné parmi les plus belles oeuvres del’arcitecture turco-ottomane, était Hayreddin. La mosquée du complexe avait unecoupole de 21 cm de diamètre et le complexe était recouvert au total par 100coupoles.

La Mosquée de Selimiye

La Mosquéede Selimiye, que son architecte Sinan cite comme étant son “chef d’œuvre”,constitue la couronne de la ville. La mosquée, construite par l’architecteSinan à la demande du Sultan Selim II entre 1569 et 1575, attire l’attentiondès la première vue par ses 4 minarets, ayant chacun 3 “serefe” de tailleégale. Ces minarets, à l’aspect élégant de loin, furent installés sur lesquatre côtés de la plateforme carrée, sur laquelle s’élève la mosquée, autourde la coupole.

La coupole de 31.5 cm de diamètre, reliée par 8 piliers, donne l’impression,grâce à l’espace qu’elle recouvre, que l’intérieur de la mosquée est vaste, enfacilitant la perception de l’espace. La coupole détermine également la visiondes lignes principales de la façade extérieure de la mosquée.
La perfection des ornements en marbre, à l’encre de Chine et en calligraphie,tout comme la perfection architecturale de la mosquée, retient l’attention. Letravail fait sur le marbre du jubé diffère tout à fait par rapport aux travauxsemblables d’autres mosquées. Les murs du côté du jubé, comme les encadrementsde toutes les fenêtres du premier étage et la salle de réunion des sultans,sont tous recouverts d’un décor élégant en encre de Chine. Les couleurs et lacomposition des panneaux à l’encre de Chine se trouvant sur le mur du mihrabainsi que les dessins du plafond de la salle de réunion des sultans sontmerveilleux.

Au milieu de la cour de la mosquée, entourée des galeries, il y a un jet d’eauen marbre soigneusement orné.

Le Palais d’Edirne

Après la construction du premier palais à la demande du Sultan Murad 1er , laconstruction d’un grand sérail sur un large espace à l’ouest de Tunca futentamé en 1450, à l’époque du Sultan Murad II. Les travaux de constructionfurent terminés par Mehmed le Conquérant, après la mort, en 1451, du SultanMurad II.

Il s’avéraque le Pavillon de Cihannuma, considéré comme la partie la plus importante,était constitué de 7 étages et qu’au dernier étage il y avait une pièceoctogonale au milieu de laquelle se trouvait un bassin. A droite du Pavillon deCihannuma se trouvait le Pavillon de Kum dont le bain avait une coupole enspirale.

Derrière le Pavillon de Cihannuma, il y avait un dépôt d’eau s’étendant sur uneplateforme rectangulaire élevée sur une cave voûtée. Les eaux venant desbalances étaient réservées aux dépôts pour que la distribution se fasse par 6réseaux vers les autres étages. Au 16ème siècle, un “namazgah”, endroit destinéà faire des prières publiquement surtout en été, fut annexé au palais.

Le palais fut endommagé le 22 août 1829 lors de l’occupation russe, qui duraquelques mois. L’itinéraire de retour du Sultan Abdulaziz, en croisière enEurope sur son yacht “Sultaniye” en 1867, passait par Paris et Londres aprèsToulon. Le Sultan ayant la possibilité de passer par Edirne, le Pavillon deCihannuma fut restauré, mais le voyage de retour du Sultan se fit par laBelgique, Coblence, la Prusse, Vienne et Budapest et par bateau, le long duDanube.

Après la réception, en 1875, de la nouvelle portant sur l’occupation d’Edirnepar les Russes, le dépôt de munitions près du palais fut incendié sur l’ordredu gouverneur Cemil Pasha. Edirne, qui connut un grand danger en tant queville, fut privé de son palais de 425 ans, à cause de l’incendie qui dura entre3 et 4 jours en provoquant de fortes explosions.

L’empereur Adrien avait offert une forteresse spectaculaire à la ville, appeléeà l’époque Hadrianopolis, lors de sa visite en 123 et 124. La forteresse, quisurvécut jusqu’à la première moitié du 19ème siècle, fut détruite à l’époque dugouverneur Hursid Mehmed Pasha afin d’y construire entre 1866 et 1870, uneécole, des édifices administratif et une caserne. Seule l’une de ses 4 toursfut transformée en horloge.
Les Ponts


Les ponts occupent une place importante parmi les édifices d’Edirne. La plupartde ces ponts, en l’honneur desquels des chansons furent composées, se trouventsur la rivière Tunca. Les ponts en pierre étaient toujours en harmonie avecl’approche monumentale, respectant les règles de l’ordre et de la géométrie.Les têtes des ponts, se trouvant en pleine ville, touchaient harmonieusement lequotidien de la ville. Les ponts en pleine ville comme les autres construits endehors de la ville, à l’époque de Sinan, constituaient des exemples sanspareil.

Le plus ancien pont de cette ville fut construit à l’époque de l’empereurbyzantin Michael Palaiologos (1261-1282). Le pont fut rénové par Gazi Mihal Beyet prit son nom (1420). En 1640, Kemankes Kara Mustafa Pasha fit construire lepavillon de Tarih aux arcades à ogives comme l’annexe de ce pont à 27 arches.Quant au pont de Sahabettin Pasha (ou de Sarachane), construit en 1451, ilcomportait 12 arches et 11 piliers.

Le Pont de Fatih, construit en 1452, à l’époque du Sultan Mehmet le Conquérant,le pont de Bayezid, construit en 1488 par l’architecte Hayreddin, le pont deKanuni (ou du sérail) construit par l’architecte Sinan en 1560, le pont deEkmekçizade Ahmed Pasha construit entre 1608 et 1615 par Sedefkar Mehmed Aga,le pont de Meriç (Yeni Koprü- Le Pont Neuf) construit entre 1842 et 1847 aucroisement des rivière Meriç et Arda sont les ponts les plus importantsd’Edirne.

Les caravansérails

Le caravansérail de Rustem Pasha, qui figure parmi les plus beaux exemples del’architecture classique ottomane et qui comporte des boutiques disposées enrangées donnant sur la rue a été construit par l’architecte Sinan à la demandedu grand vizir Rustem Pasha. Les pièces, devant lesquelles se trouvaient desgaleries, étaient disposées autour de la cour rectangulaire.

Le caravansérail de Ekmekçioglu Ahmed Pasha fut construit en 1609 par letrésorier général Ekmekçioglu Ahmed Pasha à la demande du Sultan Ahmed 1er .Les architectes en étaient Sedefkar Mehmed Aga et Haci Saban d’Edirne.

Les maisons

Les maisons étaient construites en charpente de bois avec des murs en pierreenduits de crépi. Ces maisons, recouvertes en général d’un toit reliant leshautes saillies de la maison d’à côté, présentaient une symétrie parfaite, avecleur entrée principale installée dans une loge.

Parmi les pièces, celle dirigée vers le “kible” (côté vers lequel les Musulmansse tourne pour faire la prière), était consacrée à la prière. Les verres, lesassiettes, les nappes et les serviettes élégantes étaient destinés au servicedes desserts; des sirops étaient conservés dans les placards. Les étagères,apellées “sira”, accrochées aux murs servaient de vitrine pour poser lesassiettes, les tasses et les carafes en porcelaine et décorées à l’encre deChine, pour la décoration de la pièce. Dans les cellules formées deplanchettes, en saillie dans l’angle du mur, on déposait les tasses, lescarafes minces pour le service de l’eau de rose et les vases précieuses.

Les cheminées, construites dans les murs épais ou derrière la pièce, servaientau chauffage.

Dans pratiquement toutes les maisons de la péninsule balkanique, il y avait unendroit appelé “hayat” sur lequel s’ouvraient les portes de toutes les pièces.Cette partie, qui s’élèvait sur des poutres de 1.5 à 2 mètres de hauteur,donnait directement sur le jardin de la maison. Au fond de ces “hayat”, uneplace angulaire à hauteur d’une marche était réservée à l’installation d’undivan en bois.

Dans la cour, sur laquelle s’ouvraient les portes du “haremlik” et du“selamlik”, parties de la maison réservées respectivement aux femmes et auxhommes, il y avait une fontaine en marbre convenablement installée. Danscertaines maisons se trouvaient également des bassins et des treilles. Entre lacour du “haremlik” et du “selamlik”, il y avait une porte qui en assurait lepassage.

Le Commerce

Edirne était un centre commercial qui connut des jours brillants. Les diamantset l’or se trouvant dans les bazars étaient protégés par des gardiens de nuit.Le développement du commerce en Méditerranée au 15ème siècle eut un échopositif pour ce qui est du développement de la ville.


Après leur embarquement à Enez, le blé, l’orge et le maïs tout comme les autresrichesses agricoles provenant de l’Egypte, des îles grecques et des villes del’Anatolie occidentale, comme Izmir, étaient envoyés à Edirne par de petitsbateaux pour la mercatique. Le riz venant de Filibe via la rivière de Meriçarrivait aussi à Istanbul.

Au 17ème siècle, certains commerçants iraniens, arrivant par les caravanes,partaient pour les pays balkaniques après avoir fait des échanges commerciaux àEdirne. On trouvait des marchandises européennes sur les marchés d’Edirne. Lescommerçants européens vendaient diverses marchandises sur les marché d’Edirneet achetaient du cuir. Quant aux commerçants français et vénitiens, ilsachetaient de la soie de Bursa et de la laine d’Eregli.

Les Marchés
Dans la ville se
trouvant sur une route de passage, plusieurs auberges, bazars et marchésétaient construits pour pouvoir répondre aux besoins dûs au développementéconomique et à l’expansion commerciale ainsi que pour assurer des revenus auxmosquées et aux asiles.
Entre 1417 et 1418, Celebi Sultan Mehmet 1er ordonna à l’architecte Alaeddin laconstruction d’un bazar dépendant de la fondation religieuse (vakif) del’Ancienne Mosquée (Eski Cami). Autour du bazar à 14 coupoles, se trouvait unerangée de boutiques et 36 pièces aux intérieurs couverts de voûtes. Les mursétaient en pierre rouge et blanche.

Sur le marché d’Ali Pasha construit par l’architecte Sinan à la demande deSemiz Ali Pasha de Hersek en 1569, se trouvaient 130 boutiques. Le marché quimesurait 300 mètres de long comportait 6 portes. Le bazar couvert de 255 mètresde long, avec 73 arcades et 124 boutiques, fut construit par Davut Aga surl’ordre de Murad III (1574-1595) en tant qu’annexe à la fondation religieuse dela Mosquée de Selimiye.

Les marchands

Edirne était un centre autour duquel se regroupaient des commerçants de grandediversité comme les selliers qui s’occupaient du cuir et de tannerie, lesfeutriers, les cordonniers, les commerçants opérant dans le domaine du textileet les couturiers. Dans le secteur consacré à l’alimentation, il y avait lescuisiniers, les épiciers, les boulangers, les bouchers et les marchands dekebab. Les orfèvres et les changeurs occupaient également une place importantedans la vie commerçante de la ville. Il y avait en plus les ferronniers et leschaudronniers.

Dans la ville se trouvaient également de petites entreprises opérant dansdifférents secteurs comme la teinture pour textile, la fabrication devéhicules, l’imprimerie, la confection d’essence de roses et la savonnerie. Lescommerçants et les producteurs opéraient au rez-de-chaussée d’immeubles à 2 ou3 étages donnant sur les rues et les ruelles. A Edirne, une part des revenusdes impôts était réservée aux fondations religieuses.

Les couleurs de la vie

Edirne,considéré comme une porte s’ouvrant vers l’Occident de par sa positiongéographique, était un centre très important de l’Empire Ottoman avec, en plus,son animation commerciale. Cette ville, à part sa force commerciale, étaitégalement importante pour son rôle central et influent sur les Balkans,adoptant les modes artistiques venant d’Europe.

Edirne occupait le quatrième rang parmi les villes les plus peuplées aprèsIstanbul, Paris et Londres, avec une population de 350.000 d’habitants au 17èmesiècle. La rétrogradation de l’Empire Ottoman, les grands incendies de 1745 etde 1751, les occupations au 19ème siècle (occupations russe en 1829 et en 1878,bulgare en 1913, et grecque entre 1920 et 1922) influencèrent les balanceséconomique et sociale de la ville. Une grande partie de la population musulmaneimmigra lors des guerres turco-russes entre 1828 et 1829. Les endroits vidés dupeuple musulman furent repeuplés par les Chrétiens venant des villages.

Les personnes les plus joyeux d’Edirne étaient sans nul doute les gitans. Leshommes s’occupaient d’étamage et des chars à chevaux et les femmes, de mercerieambulante. Les gitans, mêlés à la population musulmane, jouaient à leur façond’instruments comme la caisse, la clarinette, le kanun (instrument de musiqueturc), le tambourin, le tambour, le luth, et le cumbus (instrument de musique àplusieurs cordes).
A la fin du 19ème siècle, la population musulmane était de l’ordre de 79000,les Romains, 77000, les Arméniens de l’ordre de 5000, les Bulgares de l’ordrede 32000 et les Juifs de l’ordre de 9000.

Edirne était lié administrativement sous le nom de subdivision de Pasa augouvernorat de Rumeli.

La place des braves: Kýrkpýnar

On pense que le nom de Kýrkpýnar provient des noms de 40 hommes courageux.

Les empereurs de Byzance avaient utilisé les Beys d’Aydin et de Saruhan lors deconflits intérieurs, et étouffé les révoltes toujours grâce à eux.
Les Beys d’Aydin et de Saruhan, bénéficiant toujours de leurs forces pourréprimer les révoltes en faveur de Byzance, avaient organisé des incursionsvers les forteresses et les villes byzantines révoltées contre l’état. CesBeys, organisateurs de ces incursions au nom de Byzance, prirent l’habituded’en organiser d’autres en leur faveur. L’empereur prenant conscience qu’ilétait sur le point de perdre sa force face à ces beys, se mit à la recherched’autres forces. Il était à peu à près sûr que ces beys craindraient la forcedes fils d’Osman qui devenaient de plus en plus puissants en Anatolie.L’empereur, en envisageant d’utiliser les fils d’Osman en sa faveur, requitleur aide.

Orhan Gazirêvait depuis toujours de pouvoir profiter de la situation de l’empereurbyzantin. Orhan Gazi savait déjà que les beys d’Aydin et de Saruhan, comme lesautres beys anatoliens, avaient organisé des incursions pour le compte deByzance et qu’ils retourneraient en Anatolie après avoir accompli leur mission.Mais son objectif était bien différent: il voulait faire main basse sur Rumeliafin de pouvoir élargir les territoires ottomans.

Orhan Gazi choisit de lancer l’assaut sur l’une des forteresses byzantines sousle commandement de Suleyman Bey qui se trouvait du côté de Rumeli. Suleyman Beytraversa le détroit de Çanakkale avec 40 hommes courageux à bord de deuxradeaux, pour arriver à Rumeli. Tôt le matin il s’empara de la forteresse deGallipoli (Gelibolu) et ensuite il avança vers les autres petites forteressesde Rumeli, avec les forces supplémentaires qui lui avaient été envoyées.

Les 40 hommes courageux, qui traversèrent le détroit de Çanakkale, prirent encharge d’escorter les forces vers Hadrianopolis. Chacun de ces hommes était unlutteur et ils luttaient entre eux chaque fois qu’ils s’arrêtaient. Lorsqu’ilsarrivèrent dans une plaine, aux environs de Hadrianopolis, les lutteurschoisirent leur partenaire comme ils en avaient l’habitude. Parmi eux, un groupeavait interrompu sa lutte sans score lorsqu’il se trouvait du côté anatolienpour pouvoir aller du côté de Rumeli. Quand ils commencèrent à lutter, c’étaitla fête du printemps (Hidirellez, le 6 mai). La lutte continua malgré la tombéede la nuit.

Les deux lutteurs continuèrent de lutter jusqu’à minuit, leur lutte prit finavec la mort des deux héros. Leurs amis les enterrèrent dans cette plaine etallèrent faire la guerre pour la conquête de Hadrianopolis.

Autrefois, le sultan Murad 1er était monté sur le trône à la place d’Orhan Gaziet Edirne était passé aux mains des Turcs. Les hommes courageux, qui avaientperdu leurs amis, voulurent construire des pierres tombales pour eux.Lorsqu’ils arrivèrent dans la plaine, ils virent que, sous les figuiers où ilsavaient enterré leurs amis, coulait une source d’eau à 40 sources. C’est de làqu’est né le nom de Kιrkpιnar pour la première fois.
Sultan Murad 1er , après avoir fait d’Edirne la capitale, donna l’instructiond’ouvrir un couvent pour la formation des lutteurs, des tireurs à l’arc et deslanceurs de javelot. Les premières luttes de Kιrkpιnar furentorganisées à 6 heures à l’ouest d’Edirne, mais cet endroit n’appartient plusactuellement au territoire turc.

Kirkpinar était à l’origine d’un proverbe turc. “L’Aga” de Kirkpinar envoyaitdes bougies à fond rouge destinées à être accrochées aux plafonds des cafésturcs des environs pour annoncer le début des luttes. C’était le signe d’uneinvitation particulière. Au cas où une personne se rendait quelque part sansêtre invitée, on lui demandait ironiquement: “Est-ce que tu es invité par unbougie dont le fond est de couleur rouge?”. Cette question remonte à cettetradition.

Quinze jours avant le début des luttes, les paysans construisaient des stands,des boutiques et des treilles pour les spectateurs. Les commerçants, arrivantdes environs, s’installaient aux endroits qui leur étaient réservés et quiétaient destinés à la vente d’aliments, de boissons et de vêtements qu’ilsavaient apportés avec eux.

Une semaine avant Hidirellez, “l’Aga” de Kιrkpιnar laissait planterles tentes des lutteurs et des invités autour de l’endroit réservé aux luttes.Les cuisiniers, eux aussi, se préparaient avec les grands chaudrons qu’ilsavaient apportés avec eux. Les préparations annonçaient le début des festivitéscolorées et des divertissements à venir.

Les luttes commençaient 3 jours avant Hidirellez et se poursuivaient durant desjours avec des fêtes organisées en plein air. A l’appel de “l’Aga”, 2 ou 3anciens lutteurs servaient d’arbitres et regardaient les luttes depuis la tentede “l’Aga”, en sa compagnie.
Le premier jour était consacré aux divertissements, et le dernier jour à lalutte finale. Toutes les luttes prenaient fin dans l’après-midi, à la veille del’Hidirellez.

La couleur rouge d’Edirne et Edirnekari

La techniqued’ornement du bois avec de la teinture était appelée ‘Edirnekari’. A partir du14ème siècle, plusieurs plafonds, portes, portes de garde-robes, horloges,coffres, portes-plumes, étalages et tiroirs furent décorés à l’aide de cettetechnique ornementale.


Pour les motifs, on utilisait surtout des dessins avec des fleurs et desfruits. Ces ornements attiraient l’attention grâce à la qualité des teintureset par leur finesse au niveau du travail.

Les motifs sur les ornements d’Edirnekari représentèrent, jusqu’au 17èmesiècle, des fleurs, seules ou en bouquets, mais au 18ème siècle ces fleursfurent dessinées en grands bouquets ou dans des vases.

Au 18ème siècle, “l’Edirnekari” servit désormais comme ornement pour lescouvertures de livres et de revues.


Ces reliures laquées prirent également le nom d’Edirnekari. Les broderies etles dessins se trouvant sur les reliures furent recouverts de vernis. Cesornements laqués furent appelés “Edirne Laki”.jusqu’au 17ème siècle


Au 18ème siècle Edirne était mondialement connu pour ses travaux de teinture,appelée Rouge d’Andrinople ou Rouge Turc, tels que les tissus en coton teintsqui, eux aussi, prirent le nom d’"Edirne Kirmizisi".


La technique d’Edirnekari fut utilisée jusqu’à la première moitié du 19èmesiècle par de grands maîtres bien formés.

Les festivités

Edirne était le seul endroit où l’on organisait des festivités, depuis l’EmpireOttoman jusqu’au 16ème siècle. A partir du 16ème siècle, Edirne fut supplantépar Istanbul en ce qui concerne l’organisation de festivités. Cependant, ils’avéra que le sultan Mehmet IV organisa en 1675 des festivités à Edirne.
Les premières festivités furent organisées après l’assassinat de Mustafa, quiavait prétendu avoir le droit sur le trône, sur l’ordre de Murad II. Les rîtesspectaculaires de la circoncision des fils de Murad II, Alaeddin et Mehmed,furent organisés également à Edirne. En 1444, Murad II ordonna l’organisationde festivités sportives qui durèrent 3 jours et 3 nuits, à l’occasion de laFête du Ramadan. En 1450, les festivités organisées à l’occasion du mariage dufils du sultan, Sehzade Mehmed avec Siti Hatun, durèrent 3 mois.
En 1457, lors des festivités organisées en l’honneur de la circoncision desfils du Sultan Mehmed le Conquérant, Bayezid et Mustafa, des courses sportiveset des débats et colloques scientifiques furent organisés.

En dehors de cela, en 1472, des festivités furent organisées en l’honneur de lacirconcision du Sultan Cem et de Sehzade Abdullah, et, en 1480, des princesimpériaux tels que Selim, Sehinsah, Mahmud, Alem, Korkud, Ahmet et Oguz Han.

Parmi les festivités organ isées, le festin inoubliable fut sans doute celuiqui fut organisé par Mehmed IV le chasseur en 1674, qui ne quittait pas Edirnebien qu’Istanbul fut la capitale. Après la circoncision de ses fils, Mustafaqui avait 12 ans en 1674 (devenu le Sultan Mustafa II) et d’Ahmed qui avait 2ans (devenu le Sultan Ahmed III), il organisa le mariage de sa fille de 1 7 ansavec le vizir Mustafa Pasha. Les festivités de circoncision qui durèrent 16jours et celles du mariage qui dura 9 jours figurent parmi les souvenirs de laville d’Edirne.

Les préparatifs pour ces festivités commencèrent 6 mois en avance. Les NAHIL,les jardins artificiels et les statuettes en sucre étaient spectaculaires. Desjeux furent organisés, des acrobates, des charmeurs des serpents, des montreursde jeux d’ombres et de marionnettes présentèrent chacun leur spectacle. Lescourses de chevaux, les concours de tirs à l’arc et de javelot, les combatsd’épée et de lutte durèrent des jours.
A partir du 18ème siècle, dans toutes les villes, les champs et les endroitspour la promenade furent ouverts au public pour qu’il se divertisse. Quant àEdirne, les vergers et les potagers se trouvant le long de la rivière Meriçfurent transformés en endroits publics, colorés et joyeux, pour ceux qui s’yrendaient la nuit.

3èmecapitale Istanbul

Istanbul,la troisième capitale ottomane...

L’histoire de la ville

La première installation

Il y a 300 ans... Les premiers habitants de la ville s’installèrent dans lagrotte de Yarimburgaz qui se trouvait au bord du lac Küçükçekmece. Les hommesde l’époque néolitique et calcolitique vivaient autour du lac à la fin de ladernière période glaciaire. Lors des excavations archéologiques, les outilsappartenant à la première période paléolitique (avant 100.000 ans) furentdécouverts aux environs de Dudullu. Les outils appartenant aux moyenne etdernière périodes paléolitiques furent trouvés dans les environs d’Agaçlý situéau nord de la ville. En 5000 av.J.C., il y avait un important centre decivilisation à Fikirtepe situé à Kurbaglidere, à Kadikoy.

Byzantion (660 av.J.C et 324 ap. J.C.)

Les avant-garde, fatigués des incursions des Dors et arrivant de la ville deMegara à la péninsule grecque et de Miletos, se situant au bord de la merégéenne, du sud de la péninsule anatolienne, fondèrent Khalkedon aux environsde Kadiköy. Un groupe arrivant de Megara s’adressa au devin de Delphi pourqu’il leur désigne un endroit où ils pourraient s’installer,ce dernier leur ditde s’installer en face des aveugles. Il avait désigné les habitants deKhalkedon comme étant aveugles parce qu’ils ne voyaient pas la richesse de lapéninsule historique. C’est ainsi que l’histoire de Byzantion, fondée en 660av.J.C., débuta sur Sarayburnu. Les habitants de Khalkedon et de Byzantioncohabitèrent de façon si harmonieuse et amicale qu’ils firent frapper en commundes pièces de monnaie, sur lesquelles se trouvaient les noms des deux endroits.

Des remparts furent construits autour de Byzantion. La ville, située dans unepéninsule encerclée par la mer, put profiter des produits de la mer grâce à saposition géographique. Son port, étant en sécurité, ses terres fertiles, saposition géographique la situant au carrefour des lignes maritimes etcommerciales firent de Byzantion une ville riche et développée.

Byzantion, qui connut plusieurs invasions, fut envahie en 269 av.J.C. par lesBithyniens. Craignant les menaces des Macédoniens en 202 av.J.C., Byzantiondemanda de l’aide à Rome. C’est pour cela que Rome pénétra dans cette villepour la première fois. En 73, Byzantion fut rattachée à la province romaine deBithynia-Pontus. L’empereur Vespasianus contribua au développement de la ville.En 193, l’empereur romain Septimus Severus s’empara de Byzantion, qui avaitpris part au côté des Parts, et détruisit les remparts et pilla la ville. Parla suite il reconstruisit les remparts et la ville. Il aménagea les rues avecla construction de nouveaux édifices. Il fit progresser la construction d’unhippodrome. En 269, la ville connut cette fois l’offensive des Goths. LesGoths, victorieux, construisirent leurs colonnes à un endroit, au bord de la mer.En 313, les Nicomédiens s’emparèrent de la ville. Constantinus reprit la villeaprès avoir fait la guerre aux Nicomédiens.

La capitale de l’Empire Romain (324-395)


Pour l’Empire Romain, dont les territoires s’étendaient jusqu’aux rives del’océan à l’ouest, aux fleuves d’Euphrate et du Tigre à l’est, on était à larecherche d’un nouveau centre administratif afin d’assurer la souveraineté,particulièrement sur la région orientale. Byzantion, qui se situait aucarrefour des routes commerciales, fut choisie comme centre administratif del’est de Rome. Cette nouvelle position détermina le rôle important de la villedans la politique et la culture mondiale.

Constantinus 1er (324-337) appela la noblesse romaine à Byzantion pour peuplerla ville grâce à la population romaine. Une impulsion fut donnée à lareconstruction de la ville comme elle le méritait. Les ports et les réseauxd’eau furent revisés; un système de distribution d’eau fut de nouveau installéet de nouveaux remparts furent construits pour la défense.

La construction de l’hoppodrome fut terminée. La largeur de cet hippodromepouvant contenir 100.000 personnes était de 177 mètres et sa longueur de 480mètres. Au centre de cet hippodrome, il y avait un cirque autour duquel leschars tournaient. A l’hippodrome, où le peuple et l’empereur se rendaient, onorganisa des courses d’animaux sauvages, des jeux athlétiques, des festivitéset des célébrations de fêtes, parmi lesquels les courses de chars, dont lesbleus représentaient l’air, les blancs l’eau, les verts la terre et les rougesle feu, occupaient une place particulière. Les murs de l’hippodrome étaientdécorés de statuettes, comme celles des chevaux. Avec l’occupation de la villepar des Latins, ces statuettes furent envoyées à Venise, à la place Saint Marc.Le palais impérial (l’endroit où se trouve la Mosquée Sultanahmet),

l’hippodrome (la place de Sultanahmet), les monuments à caractère religieux,l’acropole (l’endroit où se trouve le palais de Topkapý) furent construits parla suite.

Le nom de la ville, qui était Nea Roma, fut changé pour celui deConstantinopolis le 11 mai 330.
La même année, le forum de Constantinopolis (la place de Cemberlitas) futconstruit. La statue de Constantinoplis fut installée sur de hautes colonnes,apportées depuis le temple d’Apollon à Rome. Les colonnes, dont la hauteurétait de 35 mètres, furent endommagées par la suite pour des raisons diverseset, afin qu’elles soient plus solides, elles furent recouvertes de cercles enfer, c’est pourquoi on les nomma “cemberlitas”, qui signifie “la pierreencerclée”.

Constaninus 1er détermina le point de départ du réseau des chemins de l’EmpireByzantin par la Pierre de Milion. Cette ville, carrefour des chemins et descontinents, accueillait les commerçants venant de Russie, d’Iran et d’Egypte etd’autres pays de l’Europe.

Lorsque le christianisme commença à se transformer en une religion qui prenaitpour principe la vie, la personnalité et la mission divine de Jésus Christ, lanotion de l’église devint une nécessité. L’église était une notion dérivée dumot grec “Eclesia” dont la traduction correspontait en Grec à “la réunion”. AyaIrini, qui figure parmi les plus anciennes églises de Byzance, prit sa formeactuelle à l’époque de Constantinus 1er . Aya Irini, ou l’église de la paixsacrée servit de patriarcat jusqu’à la construction de Sainte-Sophie (AyaSofya). Elle fut utilisé pour un certain temps après la conquête d’Istanbulcomme dépôt de munitions par les janissaires qui habitaient dans la courextérieure du palais de Topkapi. Au 19ème siècle, le premier musée militaireturc y ouvrit ses portes.


Sainte-Sophie, qui figure parmi les plus grandes oeuvres de l’art byzantin etparmi les plus belles églises orientales, fut construite par Constantinus 1eren 360. Le partiarche de Constantinoplis, qui était à la tête de l’Eglise selonla secte orthodoxe, ne put jamais avoir son indépendance vis-à-vis del’empereur qui possédait toutes les compétences en main.

Il fallut développer l’infrastructure de la ville dont la population augmentaitet qui devenait de plus en plus spectaculaire. L’empereur Valens (364-378)demanda la construction de l’arcade d’un aqueduc (Valens Su Kemeri) de 1000 mètresentre deux collines, en 375, pour répondre aux besoins en eau de la ville.L’eau qui venait des forêts de Belgrade, situées en dehors de la ville, futtransportée aux environs du Grand Palais via cet aqueduc.
Les remparts autour de la ville s’élevèrent sur différents endroits à partir del’époque byzantine. Les remparts furent entourés d’un fossé dont la profondeurétait de 10 mètres et la largeur de 20 mètres. Derrière le fossé, se trouvaientles premières murailles, ensuite venaient les deuxièmes murailles surlesquelles il y avait 96 bastions. Sur les remparts, il y avait des portes pourle peuple et les militaires. La ville était située à l’entrée de la Corne d’Or(Haliç), pour cela, le renforcement des remparts du côté de la Corne d’Orn’était pas nécessaire du point de vue de sa défense. Il y avait les rempartsde Marmara, du côté de la mer dont la longueur était de l’ordre de 8260 mètreset sur lesquels se trouvaient les portes nommées actuellement Ahirkapi,Catladýkapý, Samatya Kapýsý (Porte de Samatya), Narlikapý. Les remparts du côtéterrestre mesuraient 5632 mètres de longueur, on y trouvait les portes nomméesactuellement Belgrade Kapýsý (porte de Belgrade),

Silivrikapý,Mevlevihane Kapýsý (Porte de Mevlevihane), Topkapý, Edirnekapý, Eðrikapý,Yedikule Kapýsý (Porte de Yedikule). La porte la plus fastueuse était celle à 3arcades qui fut construite en 390 par Theodosius 1er (379-395), nommée “PortaAurea”, la Porte d’Or (Yedikule Kapýsý) par les Byzantins, et sur laquelle il yavait le relief de l’aigle byzantin à 2 têtes. Les empereurs victorieuxpassaient par cette porte à leur retour.

Les remparts d’Istanbul, qui étaient parmi les plus majestueux du monde, furentfranchis à deux reprises dans l’histoire, d’abord en 1204, lors de l’occupationlatine et une seconde fois, en 1453, lors de la conquête.

Lorsque Rome commença à jouer un rôle actif dans le monde entier, l’empereurTheodosius fit apporter un obélisque provenant d’Egypte à Istanbul en 390. Cetobélisque égyptien, construit en 1500 av.J.C. par le pharaon Tutmosis II, étaitl’un des obélisques qui ornaient la porte du temple de Luxor dans la ville deTeb. Sur les hiéroglyphes de l’obélisque, étaient représentés les sacrificesofferts par le pharaon égyptien Tutmosis au dieu Amon-Ra. Sur l’obélisque, placé sur un bloc angulaire en marbre, il y avait des représentations montrantTheodosius en train de regarder les courses organisées à l’hippodrome ainsi quesur l’installation de l’obélisque lui-même.

La colonne, rapportée du Temple d’Apollon à Delphes, autour de laquelles’entourent 3 serpents, fut également installée sur le cirque. Le monument enbronze fut réalisé à partir de boucliers fondus de soldats persans tués lors dela guerre de Palatea. Il est dit qu’il y avait un chaudron en or posé sur unemonture formée de têtes de 3 serpents et que ce chaudron, avec ses plaques enbronze qui recouvraient la colonne connue sous le nom de “Ormetas” se trouvantau même endroit que le chaudron, fut fondu pour faire frapper des pièces demonnaie, lors de l’occupation latine.

La capitale de Byzance (395-1453)

Avec la mort de Theodosius 1er en 395, Rome fut partagée entre ses fils etdivisée officiellement en deux, l’est et l’ouest. Constantinopolis devenaitdésormais la capitale de Byzance, autrement dit l’empire oriental de Rome etson empereur en était Arcadius (395-408). Après Arcadius, dont le règne ne durapas longtemps, Theodosius II (408-450) fit reliér en 439 les remparts,construits en 3 parties, aux nouvelles annexes.

La première synagogue d’Istanbul fut celle construite en 318 dans le quartierde Bakýrcýlar et qui fut transformée en église, en 450, sur l’ordre deThodosius II. Au 16ème siècle, il y avait plus de 30 synagogues à Istanbul.

Au 6ème siècle, la citerne Yerebatan, construite par l’empereur Justinianus 1er(527-565) pour le besoin en eau du palais, prit le nom de Citerne de laBasilique, parce qu’il y avait la basilique du commerce sur la citerne. Laciterne fut installée sur 336 colonnes, dont 2 piédestaux furent ornés de têtesde méduse.

Sainte-Sophie, qui fut incendiée à deux reprises dans le passé, lors desrévoltes, fut reconstruite en 537 par Justinianus. Plusieurs rumeurs surSainte-Sophie circulèrent à Constantinopolis, dont l’une était la suivante.L’empereur Justinianus fit tomber du pain sacré lors de la messe. Au moment oùil voulut ramasser le pain qui était tombé, une abeille s’empara du pain toutd’un coup. L’empereur ordonna aux apiculteurs de rechercher ce pain sacré danstoutes les ruches du pays, et promit une récompense à celui qui leretrouverait. Au bout de quelques jours, un apiculteur se présenta, une alvéoledans la main, très différente des autres. Justinianus prit une décision etordonna la construction d’un temple spectaculaire, dont le plan était basé surcette alvéole. C’est ainsi que Sainte-Sophie, oeuvre des architectes Antemiusde Tralles et d’Isidor de Miletus, s’éleva dans tout son éclat. Quant à la restaurationde Sainte-Sophie à l’époque ottomane, elle fut ordonnée aux frères Fossati parle sultan Abdulmecid entre 1847 et 1849.

Kariye, qui figure parmi les plus belles oeuvres de la peinture byzantine avecses fresques et ses mosaïques montrant les évenements écrits dans le LivreSacré, prit sa forme actuelle au 14ème siècle et fut utilisée en tant quemosquée à l’époque de Bayezid II (1481-1512).

Constantinopolis connut le coup le plus dur pendant l’occupation latine. Lesoccupants endommagèrent beaucoup la ville. Les maisons tout comme les lieuxsacrés furent pillées et détruites. En 1261, avec la fin de l’occupation, lestravaux de reconstruction furent entamés mais la ville ne put jamais retrouverson ancien charme. Sa population, qui était de l’ordre de 500.000 habitants,connut une baisse jusqu’à 50.000 habitants. La production dans divers domainesconnut également une chute, ce qui provoqua la famine du peuple. Une page de1000 ans de l’histoire était sur le point d’être tournée, pour permettre enfinl’ouverture de nouvelles pages. Cependant, les Turcs Ottomans avançaient petità petit en Asie Mineure et dans les Balkans.

LES OTTOMANS

La ville fut envahie par les Ottomans à partir de 1391. En 1396, Mayezid 1er(1389-1403) fit construire une forteresse (Anadolu Hisarý) dans la partieanatolienne de la ville pour empêcher les secours provenant de la Mer Noire.

Quant à Mehmet 1er, qui insistait pour prendre la ville, il bâtit une autreforteresse (Rumeli Hisarýi) cette fois-ci dans la partie européenne de laville, pour pouvoir contrôler le Bosphore et empêcher tous les secours. Laforteresse, dont les travaux de construction furent achevés en 4 mois, futconstruite un an avant la conquête. Son plan fut parfaitement préparé selon lecaractère accidenté du terrain. Les 3 bastions, construits sur les remparts parles vizirs de Mehmet II, prirent respectivement les noms de Halil Pasha,Zaganos Pasha et Sarica Pasha.

Mehmet II fit appel à des maîtres européens, capables de fabriquer des canonsassez solides afin détruire les remparts. Tout était prêt. En 1453, les forcesottomanes se regroupèrent autour de la ville. Le 4 avril, avec le siège, lesremparts du côté de Marmara furent la cible des canons des forces ottomanes.Les Byzantins étaient sûrs que les bateaux ottomans n’étaient pas en mesure defranchir les chaînes installées à l’entrée du Bosphore pour arriver devant lesremparts du côté de la Corne d’Or. Mais l’événement surprenant, qu’ils neprirent pas en compte, se réalisa et, la nuit du 22 avril, Mehmet II fit lancerles 50 navires de sa flotte sur les schilittes installées du côté terrestre, àDolmabahçe vers Kasimpasa et les fit entrer miraculeusement dans la Corne d’Orpar voie terrestre. Lorsque les navires furent dans la Corne d’Or, lesByzantins furent totalement démoralisés et ne purent pas résister.
La capitale de l’Empire Ottoman (1453-1923)

"Istanbul doit être conquise,

Le commandant qui la prend est le meilleur

et ses soldats les meilleurs".

(Hadis)


Les remparts du côté terrestre se trouvant à Topkapý furent détruits le 29 mai,tôt le matin. Le même jour, Mehmet II entra dans la ville sur son cheval et fitsa prière à Sainte-Sophie. Conformément à la tradition, l’église deSainte-Sophie fut transformée en mosquée. L’église des Apôtres (HavarilerKilisesi) et les autres églises furent laissées aux Chrétiens. Mehmet II, leConquérant de Constantinopolis, allait désormais figurer dans l’histoire comme“Fatih Sultan Mehmet”, Mehmet le Conquérant.

L’ancien palais byzantin, entre Sainte-Sophie et l’Hippodrome, fut détruit etpillé lors de l’occupation latine en 1204, ce qui le rendit hors d’usage. C’estpour cela que les Byzantins s’installèrent au palais de Blakhernai qui setrouvait au point où les remparts terrestres rejoignaient la Corne d’Or. Aprèsla conquête de la ville par Mehmet II, les travaux de construction du premierpalais ottoman firent réalisés avec la construction d’une forteresse à Bayezid,devant laquelle un grand bazar fut bâti.


Dans la ville, qui avait perdu son éclat vers la fin de l’époque byzantine, lesanciens édifices et remparts furent tout d’abord restaurés. Les principauxédifices institutionnels de l’administration ottomane s’élevaient désormais surl’infrastructure byzantine. Les grandes citernes d’eau furent sauvées. Istanbulétait désormais la capitale de l’empire qui se développait conformément àl’identité ottomane.

Ceux qui avaient quitté Byzance étaient de retour. Les habitants d’Istanbul,avant la conquête, et ceux venus de l’Anatolie, avec leur culture régionaleappartenant aux différentes nations et religions, formèrent finalement uneharmonie dans la ville, contribuant à la richesse sociale de la ville.

La structuration du sytle ottoman

Les mosquées à plusieurs minarets uniquement construites par les sultans ouleurs familles sont appelées “les mosquées selatin”, pluriel de “Sultan”. Lecomplexe de Fatih qui abrita la première mosquée “selatin” de la ville futinstallé dans un ordre symétrique au centre de la ville. L’architecte de cecomplexe, abritant une mosquée, une école religieuse, une imprimerie, unemaison de santé, un bazar et un bain turc était Atik Sinan. Les membres de ladynastie ottomane et les principaux administrateurs firent construire descomplexes et des grandes mosquées avec des petits complexes appelés “lesmosquées des vizirs”.


En 668, lors du siège de la ville par les Ommeyades, Eyyub el-Ensari futmartyrisé. La mosquée d’Eyup Sultan bâtie par Mehmet II en 1459 à la mémoired’Eyyub el-Ensari formait un complexe avec son école, son asile et son bainturc. Les cérémonies durant lesquelles les empereurs ottomans étaient sacrés àl’aide de l’épée étaient organisées dans cette mosquée.

Les travaux de construction du palais de Topkapý, qui furent entamés en 1472,furent achevés en 1478. Par Bab-i Humayun, la première porte du palais, àlaquelle les sultans de l’époque firent ajouter des annexes selon leurs désirs,on entrait dans la première cour où se trouvaient l’hôtel des monnaies(darphane) et la maison des peintres-décorateurs (nakkashane), cour connue sousle nom de Alay Meydaný.

Au fond de la cour, se trouvait Babusselm, qui était l’entrée principales’ouvrant sur la place de Divan, qui était la deuxième cour. L’hôpital, le fouret l’arsenal se trouvaient dans cette cour. A gauche de la cour, se trouvaientles écuries et à droite des édifices utilisés en tant que cuisine.
Après cette cour, on passait à Babussaade qui s’ouvrait vers les partiesprivées du sérail. Il y avait une salle d’accueil consacrée à la réception desmembres du Divan et des diplomates étrangers, et à l’arrière de celle-ci setrouvaient les bâtiments du harem construits au 18ème siècle. Dans la salle deHirha-i Saadet Dairesi, étaient exposés des objets ayant appartenu au Prophèteet aux premiers califes. Dans la quatrième cour du sérail, il y avait leskiosques de Bagdad, de Revan, de Sofa et de Mecidiye, construits par lessultans. Les sultans ottomans utilisèrent le palais de Topkaký comme centreadministratif de l’Empire durant 400 ans.

Le sultan Bayezid II (1481-1512), qui régna après Mehmet le Conquérant, fitbâtir le complexe de Bayezid entre 1500 et 1505 au centre de la ville. Ils’avéra que les architectes de ce complexe, qui figure parmi les plusimportants édifices de l’art turc par son architecture, son installation et sesannexes, étaient Kemalleddin et Hayreddin. Le complexe, construit conformémentaux caractéristiques de son terrain, abritait des mosquées, des sépulcres, desasiles, des écoles primaires, des imprimeries, des écoles religieuses, desbains et des caravansérails. L’intérieur de la mosquée était de forme carrée etrecouverte d’une grande coupole et de deux coupoles en demi-cercle quisoutenaient celle-ci sur l’axe principal de la construction. Sa cour s’ouvraitvers l’extérieur par 3 portes.

Les encadrements des arcades de la mosquée étaient en marbre rouge et blanc.Les portes et les encadrements de la mosquée, parmi lesquels le jubé, lemihrab, la cabine du muezzin, les murailles de l’entrée et la partie consacréeaux femmes retenaient l’attention par leur travail soigneux d’ornements enpierre, constituaient un exemple de l’art d’ornement du bois de l’époque.

Selim 1er (1512-1520), de retour de son expédition en Egytpte en 1571, rapportaavec lui les consignes sacrées et prit le titre de khalife. Quant à Istanbul,la ville devint le centre de l’Islam.

A l’époque de Kanuni Sultan Süleyman (1520-1566), la mosquée de Þehzade futconstruite par Mimar Sinan, de façon à donner sur la Mer Marmara et sur laCorne d’Or. Ce complexe de “selatin”, que Mimar Sinan qualifia comme étant son“oeuvre d’apprenti”, était le premier complexe construit par Sinan et étaitcomposé d’une mosquée, d’une école religieuse, d’une imprimerie, d’une écurie,d’une école, d’un asile et du tombeau de Þehzade Mehmet. Kanuni Sultan Süleymandédia cette mosquée à Sehzade Mehmet.

En 1522, la mosquée de Sultan Selim fut construite. Ce complexe était composédu tombeau de Selim 1er, d’une mosquée, d’un asile, d’une école religieuse etd’une maison de santé.

La nouvelle capitale ottomane commença à gagner son identité propre grâce auxoeuvres de Mimar Sinan. La mosquée de Mihrimah Sultan fut construite parMihrimah Sultane, fille du sultan Suleyman, à Uskudar en 1548. Ce complexeétait composé d’’une mosquée, d’une école religieuse, d’une auberge destinée àla réception des hôtes, d’une écurie, d’une cave, d’un enrepôt et d’un hôtel.Son architecte en était Mimar Sinan. Les deux piédestaux à l’intérieur de lamosquée furent conçus sous forme de trèfle à quatre feuilles.

La mosquée de Süleymaniye, qui figure parmi les oeuvres d’apprenti de MimarSinan fut construite en 1557. La mosquée semblait symboliser le génie de MimarSinan et la puissance du sultan Suleyman. Le design de l’espace avec de grandescoupoles montrait la ligne du développement des mosquées ottomanes. Il y avaitune pièce à l’entrée de la mosquée destinée à la circulation de l’air pollué àcause de l’air expiré par la foule ou de la fumée des bougies. Cette pièceétait une partie qui servait à la circulation de l’air pollué avec l’air frais,mis à part, cela elle rassemblait toutes les fumées des bougies sur ses murs etil s’avéra qu’elles furent utilisées comme la plus précieuse des encres.

La mosquée d’Atik Valde fut construite entre 1570 et 1579 par Nurbanu ValideSultane, mère du Sultan Murad III (1574-1595). L’architecte en était MimarSinan. Ce complexe était composé d’une mosquée, d’une école religieuse, d’uncouvent de derviches, d’une école primaire, d’un “darulhadi” et d’un“davilkurra”, d’un asile, d’une maison de santé et d’un bain turc. On entraitpar la cour dans la piscine, qui entourait la mosquée du nord, de l’est et del’ouest, par 4 portes et les ornements les plus importants à l’encre de Chinede la mosquée se trouvaient sur les panneaux installés des deux côtés dumihrab. Les portes et les encadrements des fenêtres étaient ornées de reliefsen ivoire et en nacre.

La mosquée de Þemsi Pasha à Üsküdar fut construite en 1580 par Mimar Sinan à lademande de Semsi Ahmed Pasha. Ce complexe, dont le plan était plus petit parrapport aux complexes construits par Sinan conformément au sytle classiqueottoman, était composé d’une mosquée, d’un tombeau et d’une école religieuse.
 
La mosquée de Sultanahmet fut sans aucun doute le monument le plus beauconstruit à Atmeydaný à l’époque ottomane. Cette mosquée, unique dans le mondeentier avec ses 6 minarets, fut construite par l’architecte Sedekar Mehmet Agaentre 1609 et 1616 sur l’ordre du Sultan Ahmet 1er (1603-1617). Un bazar futconstruit sur le côté est de la mosquée et un kiosque impérial sur le côténord. La mosquée fut un succès avec ses ornements à l’encre de Chine auxdessins de fleurs et d’arbres et non par son architecture.

La tour Galata, constuite en 1349, indiquait le nord d’anciens remparts génoisdans la région de Galata. Elle fut connue à l’époque sous le nom de “Tour deJésus”. La tour, construite pour la défense de la ville, fut utilisée àl’époque ottomane comme prison, et par la suite, comme tour d’observation pourles incendies. Il s’avéra qu’au 17ème siècle, à l’époque de Murad IV(1623-1640), Hazerfan Ahmet Celebi put voler grâce aux ailes qu’il réalisalui-même pour atterir dans le quartier d’Üsküdar se trouvant sur la riveanatolienne.

A l’époque de Mehmet IV (1649-1687), le Bazar Egyptien fut construit en 1660.La Nouvelle Mosquée (Yeni Camii), dont les travaux de construction furentinterrompus, a fut construite en 1663 par Hatice Sultane et elle put ouvrir sesportes à la prière. Les travaux de construction avaient commencé en 1597 à lamémoire de Safiye Sultan, mère de Mehmet III. Après la mort de l’architecteDavud Aga, son remplaçant, l’architecte Dalgýç Ahmed Aga, continua les travauxde construction jusqu’en 1603. Mais à son arrivée au pouvoir en 1603, Ahmed 1erordonna l’interruption des travaux de construction de la Nouvelle Mosquée.Cependant Ahmet 1er ordonna la construction d’une autre mosquée à Sultanahmet.

La fontaine entourée de 4 autres fontaines à 4 côtés, l’exemple le plus surprenantparmi les fontaines publiques de style baroque du 18ème siècle, fut construitepar Sultan Ahmet III (1703-1730). Cette fontaine, qui se trouve à l’extérieuret à gauche de la porte de Bab-i Humayun du palais de Topkapý, prit le nom dusultan.

L’hippodrome se transforma en “Atmeydaný”, où l’on organisait des jeux dejavelot ou les cérémonies de ciconcision des princes impériaux. Le plus beaumonument de la place Ormetas, recouvert de plaques en bronze, devint une simplecolonne dépouillée, à cause des Latins qui utilisèrent ces plaques pour fairefrapper des pièces de monnaie lors de l’occupation latine. Cette colonne étaitdésormais utilisée pour les spectacles d’acrobatie. L’ancien cirque témoignaitdes spectacles d’une autre façon.

En 1755, la mosquée de Nuruosmaniye, qui ne ressemblait pas aux autres mosquéegrâce à son mihrab polygonal, fut construite par Mahmud 1er (1730-1754). Lecomplexe était composé d’une mosquée, d’un asile, d’une école religieuse, d’unebibliothèque, d’un tombeau, d’une fontaine et de boutiques.
Le complexe construit en 1763 par Mustafa III (1757-1774) à Laleli étaitcomposé d’une mosquée, d’un asile, d’une fontaine, d’un tombeau, d’un hôtel,d’une école religieuse, d’un muvakkithane (petite chambre dépendant d’unemosquée et munie des fenêtres donnant sur la rue avec des pendules parfaitementréglées), des logements pour l’imam et le muezzin ainsi que des boutiques. Ils’avéra que son architecte était Hacýi Mehmet Aga.

La Prospérité des Ottomans

Au 19ème siècle la population de la capitale de l’Empire Ottoman était composéede Turcs musulmans, de Romains orthodoxes, d’Arméniens grégoriens etcatholiques, de Juifs, de Levantins et de colonies étrangères.

Ce siècle fut le siècle où l’empire se renouvela. La capitale fut sans aucunnul doute sous l’influence de mouvements rénovateurs. Pendant cette période,que l’on appelle la période d’ “occidentalisatio”, des experts venant d’Europejouèrent des rôles actifs dans les domaines militaire, économique et social.Les généraux allemands, suisses, britanniques et français furent chargés dedifférents grades de l’armée. Les sultans ottomans changèrent leurs habitudesvestimentaires traditionnelles et portèrent des pantalons comme les empereurseuropéens et des coiffures rouges (fes). Il y eut également des changementsdans les domaines culturel et artistique. La peinture et l’architectureoccidentale eurent une influence sur l’art ottoman, les musiciens commencèrentà utiliser des instruments occidentaux.

L’époque du règne de Mahmud II (1808-1839) fut la période où ces mouvementsrénovateurs connurent leur point culminant. En 1824, le premier journal del’Empire “Smyrnéen” fut publié à Izmir. Mahmud II, qui pensait que l’arméeottomane connue sous le nom de Corps des Janissaires n’avait plus la force dedéfendre l’empire, fit les premiers pas pour la formation d’une nouvelle armée.Il décida de former les Corps d’Eskinciyan avec 150 personnes choisies parmiles plus doués des 51 Corps des Janissaires se trouvant à Istanbul. Les Janissaires,qui apprirent la nouvelle, s’insurgèrent dans la nuit du 4 juin. Les groupes derebelles étaient partout en ville. Ils se mirent à piller, mais comprennat quele peuple soutenait la décision du Sultan relative à la formation d’unenouvelle armée, ils se retirèrent dans leurs casernes.Les soldats du Sultanassiégèrent les casernes des Janissaires et tuèrent tous les rebelles en tirantdes balles de canon et en incendiant les casernes. Le 15 juin 1826, les Corpsde Janissaires, vieux de 465 ans, disparurent et cet évenement fut connue commel’Affaire de Vaka-i Hayriye dans l’histoire. Tout fut vite mis en œuvre pour laformation d’une nouvelle armée qui remplacerait les Corps des Janissaires.

La mosquée de Nusretiye, figurant parmi les mosquées “selatin” du 19ème siècle,fut construite par l’architecte Kirkor Amira Balyan en 1826 sur l’ordre dusultan Mahmud II. La cour, où il y avait 12 fontaines, était recouverte d’unecoupole pointue bâtie sur 10 colonnes minces. Les bateaux à vapeur et à aubes furentutilisés à la place des bateaux à voile. Les incendies à Istanbul, oùpratiquement toutes les maisons étaient construites en bois, constituaient ungrave problème urbain. La tour de Bayezid haute de 50 mètres fut construite parla famille de Balyan en 1828 afin de surveiller les incendies.

Le premier pont entre Pera et Istanbul fut construit en 1836. Le pont dont leplan fut dessiné par Kaptanpasa Ahmet Fevzi, fut installé sur des radeauxreliés entre eux. Comme le passage en était gratuit, il reçut le nom de“Hayratiye” (bienfaisance).


Mahmut II fut le premier sultan ottoman dont le portrait était accroché sur lesmurs des édifices administratifs. En outre, il fit réaliser des décorationsappelées “Tasvir-i Humayun” (portrait du souverain) sur lesquelles il y avaitson portrait, afin de les offrir de ses propres mains à ses fidèles prochesdans l’administration. Mais au bout d’un certain temps, certains conservateurss’opposèrent à ces décorations, en prétextant que les portraits étaientinterdits selon l’Islam et qu’ils provoquaient le peuple. En 1839, après lamort du sultan Mahmud II, ses portraits furent recouverts de voiles. Après untemps, le peuple commença à s’habituer aux peintures et aux portraits.

Le fait que Sultan Abdulmecid (1839-1861), qui régna après Mahmut II, allaitfaire des réformes, fut déclaré le 3 novembre 1839 par Mustafa Resid Pasha, quiavait écrit lui-même le firman des réformes (Tanzimat Fermani) et qui le lutdans le jardin de Gülhane.

En 1847, devant le palais en bois situé à l’époque sur la place du Palais deBeylerbeyi, les premiers essais de télégramme furent réalisés en présenced’Abdulmecid et le sultan Abdulmecid envoya son premier message en utilisantcette ligne. Après cet essai, il demanda l’installation d’une ligne detélégramme jusqu’à Edirne.

Þirket-i Hayriye, (société de bienfaisance), grâce à laquelle les lignesrégulières entre les deux rives du Bosphore et les îles commencèrent, futfondée en 1850.
La mosquée de Hirka-i Þerif fut construite en 1851 sur l’ordre du sultanAbdulmecid pour la protection et l’exposition de la tunique du ProphèteMuhammed, offerte par lui-même à Veysel Karani.

La mosquée d’Ortaköy, de style néo-baroque sous la forme de style empire, futconstruite par l’architecte Nigogos Balyan en 1853 sur la rive européenne duBosphore. La même année, la guerre de Crimée (Kirim Savaþý) éclata entre lesOttomans, les Français et les Britanniques contre les Russes.

Le Palais de Topkapý, utilisé comme centre administratif après la conquêted’Istanbul, fut remplacé en 1853 par le Palais de Dolmabahçe. Les architectesdu palais, à la structure éclectique et construit sous l’influencearchitecturale occidentale, étaient la famille Balyan.

La mosquée de Dolmabahçe, de style empire et dont la construction commença surl’ordre de Bezmialem Valide Sultane, mère du Sultan Abdulmecid, fut terminé parAbdulmecid après sa mort et ouvrit ses portes à la prière en 1855. Le projet dela mosquée portait la signature de Garabet Balyan.

Du côté asiatique du Bosphore, près de la région que l’on appellait “Eauxdouces d’Asie”, le Kiosque de Kuçuksu fut construit par Nigogos Balyan, premierachitecte d’Abdulmecid. Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, appelé lesiècle des découvertes, les expositions et salons commerciaux et industrielsfurent très à la mode dans le monde entier. Les producteurs trouvaientl’occasion d’exposer leurs marchandises dans les foires qui étaient égalementl’occasion pour les inventeurs d’exposer leurs nouvelles découvertes. Au débutdu règne d’Abdulaziz (1861-1876), la première exposition commerciale del’Empire Ottoman “Sergi-i Umum-i Osmaniye” fut inaugurée à Sultanahmet en 1863.Le café turc et les produits des domaines militaires, de l’architecture et del’artisanat y furent exposés, comme la sériciculture et les produits en soie.L’exposition était à la dispostion des femmes 2 jours par semaine. La mêmeannée Abdulaziz effectua une visite au Caire.

En 1865, le palais de Beylerbeyi fut construit par l’architecte Sarkis Balyan,à la place de l’ancien palais en bois.

Le 21 juin 1867, un sultan ottoman entama une visite à l’étranger pour lapremière fois. Le yacht de Sultan Abdulaziz “Sultaniye” arriva à Toulon toutd’abord et ils se rendirent à Paris en train et au Royaume-Uni par la suite. Lechemn du retour passa par la Belgique, Coblence, La Prusse, Vienne et Budapestet le 7 août 1867 ils arrivèrent à Istanbul.

Le Palais de Çýraðan fut construit en 1871 en collaboration avec Nigogos Balyanet Sarkis et Agop Balyan. Les kiosques de chasse à Ayazaða et à Maslak furentconstruits et par la suite la Mosquée de Valide (Valide Camisi) à Aksaray, dontles travaux de construction furent entamés en 1869 à la demande de PertevniyalValide Sultan, mère du sultan Abdulaziz, fut construite en 1871. L’architectedu complexe composé d’une mosquée, d’un asile, d’un tombeau, d’un muvakkithane(petite chambre dépendant d’une mosquée et munie de fenêtres donnant sur larue, avec des pendules parfaitement réglées) et d’une cour avec un bassin,était Sarkis Balyan. Les façades de la mosquée et leurs décorations furentconçues différemment des autres mosquées construites au 19ème siècle. Quant àla décoration intérieure, elle fut réalisée en utilisant le style architecturalnéo-gothique.


L’exploitation des tramways à chevaux et le métro entre Tünel et Karaköycontribuèrent aux moyens de transport de la ville.

Suite à l’arrivée au pouvoir d’Abdulhamid II (1876-1909), un gouvernementconstitutionnel fut déclaré le 23 décembre. La constitution, qui fit del’Empire Ottoman une monarchie constitutionnelle pour une courte durée, entraen vigueur, mais 3 mois plus tard, la constitution fur abrogée et le parlementaboli.
Le musée d’archéologie, bâti par l’architecte Vallaury et grâce aux efforts déployéspar Osman Hamdi Bey qui contribua aussi aux travaux de la fondation del’Académie des Beaux-Arts, fut ouvert. Le sultan Abdulhamid II, qui chargea lesphotographes de documenter les évenements et les principaux édifices du pays,devint le fondateur et le protecteur de la photographie de l’Empire Ottoman. Ilenvoya des albums de photographies aux présidents des pays étrangers afin depromouvoir l’image du pays.

L’endroit, qui se trouvait au nord-ouest des rives de Besiktas, était unerégion boisée. Cet endroit devint réservé à la chasse des sultans ottomans àpartir de l’époque de Soliman le Magnifique, et, par la suite devint un bocagederrière les palais construits au bord de la mer. Un kiosque, qui n’existe plusactuellement, fut construit par le sultan Selim III pour sa mère MihrisahValide Sultane sur ce terrain, au début du 19ème siècle. En 1834, un autrekiosque, dont le nom est “Yildiz”, fut construit à la demande de Mahmut II. Unautre kiosque fut bâti à la demande du sultan Abdulmecid en 1842 pour sa mèreBezùialem Valide Sultane. La construction des annexes du Palais de Yildizremonte à l’époque du sultan Abdulhamid II, vers la deuxième moitié du 19èmesiècle. Les projets de la grande pièce (mabeyn) entre le

haremlik(partie réservée aux femmes) et le selamlik (partie réservée aux hommes), leskiosques “Þale” et “Küçük Þale” et les kiosques de Malta et de Çadýrappartenaient à Sarkis et Agop Balyan. Les projets des jardins d’hiver, despépinières, du pavillon des gardiens, du kiosque du Harem, du kiosque deYaveran, des écuries, du théâtre et de l’édifice d’exposition portaient lasignature d’Aronco. En 1896, 92 maisons furent bâties pour le personnel dupalais.
Le 23 Juillet 1908, un deuxième gouvernement constitutionnel fut déclaré. En1909, l’année de l’ouverture de la gare de Haydarpasa, Abdulhamid II futdétrôné.

 

SultanOsman Gazi

L'EMPIREOTTOMAN

Sultan Osman Gazi

Père: Ertuðrul Bey

Mère: Nom inconnu

Date de naissance :1258

Date de son arrivée au pouvoir: 1281

Date de décès: 1326


Il gouverna l’Etat Ottoman entre 1284 et 1326. Après le décès de son père, ilfut nommé en tant que sultan grâce à ses qualités innombrables comme parexemple son courage, sa bravoure, son honnêteté, ses vertus et sa qualité depouvoir gouverner. On lui donna le nom de “Kara Osman Bey” (Osman le brun) àcause de son courage et de son héroisme. Dans le recueil “Oguzname”, onattribue aux héros l’expression de “karalarýn karasý” qui signifie “le brun desbruns”.

Il était doué pour monter à cheval et pour l’utilisation de toutes sortesd’armes. Il planifiait toujours soigneusement les affaires d’Etat et nelaissait rien au hasard. Ce caractère l’aida toujours dans sa brillantecarrière.

Il était très généreux et invitait toujours son entourage à sa table sans fairede discrimination.

Il était grand, il avait une poitrine plate et un long cou. Ses brass’allongeaient jusqu’à ses genoux. Il avait une voix forte. Il était clair etsympathique, il avait la force de persuasion. Il avait des sourcils épais etdes yeux de couleur azurée. Son visage était rond et il avait un nez camus, unebarbe clairsemée et de vaillantes moustaches. Ses dents étaient grandes et ilrugissait comme un lion. Il portait un turban blanc semblable à ceux portés parles prophètes. Le col de son manteau (kaftan) était large et il donnait sesvêtements aux pauvres le lendemain du jour où il les portait. Il s’avéra qu’il imposapour la première fois des impôts d’1 akçe (monnaie ottomane)

SultanOrhan Gazi

L'EMPIREOTTOMAN

Sultan Orhan Gazi

Père: Sultan Osman Bey

Mère: Mal Hatun

Date de naissance: 1281

Date de son arrivée au pouvoir: 1326

Date de décès: 1360

Sultan OrhanGazi régna entre 1324 et 1360. Il apprit les affaires administratives enparticipant aux affaires militaires et administratives à partir de la date oùson père commença sa lutte contre le Byzantins. Il fut l’étudiant de Akça Kocaet de Abdurrahman Gazi. Il n’aimait pas la prestance et passa la plupart de sontemps sur les champs de bataille.

Il conquit Bursa en 1326, date du décès de son père. Il fit de Bursa le centrede l’état et monta sur le trône. Il fit frapper des pièces de monnaie portantle nom d’ “Akçe” à son nom. A cette époque, il avait 46 ans.

Le titre de “sultan” fut utilisé pour la première fois dans l’histoire del’Empire Ottoman lors de son règne. Il se déplaçait toujours à l’intérieur dupays et était tout le temps avec le peuple. Il fit les premières réformesmilitaires, judiciaires et administratives.

L’apparition des premières institutions étatiques, sociales et scientifiquesremontent toujours à son époque. Il fit construire des mosquées, des asiles etdes écoles religieuses à Iznik. Il instaura le premier enseignementscientifique en chargeant les enseignants les plus connus de l’époque danscette école religieuse, qui était également la première université.

Il était de grand taille et avait une peau rose et blanche et son attitudeétait décisive et bien équilibrée. Il avait des sourcils qui se rejoignaient.Il écoutait toujours attentivement les paroles qu’on lui adressait. Il aimaitles conversations amicales et il discutait avec les scientiques. Il avait unelarge poitrine, un large front et un long cou. Il avait une tache de naissancesur son oreille. Il avait de grosses jambes et il était fort. Ses moustachesétaient vaillantes. Il était dynamique et actif, mais toujours prudent. Ilavait une grande moralité.

 

SultanMurad Hudavendigar Han

'EMPIREOTTOMAN

SultanMurad Hudavendigar Han

Père: Sultan Orhan Bey

Mère: Nilufer Hatun

Date de naissance: 1326

Date de son arrivée au pouvoir: 1360

Date où il fut martyrisé: 1389

Le sultanMurad régna entre 1360 et 1389. Il naquit en 1326, date de la conquête de Bursapar son père. Sa mère était Nilufer Hatun. C’était un bon militaire et unorganisateur administratif. Les efforts déployés pour que l’Etat Ottomandevienne un empire remontent à son époque. Il détruisit l’Etat Karamanoglu etécarta le plus grand obstacle en Anatolie. En prenant Edirne et ses environs,il élargit les territoires de son pays dans les Balkans. Byzance devint un paysdépendant des Ottomans , leur payant des impôts à cette époque. Il décidaitrapidement comme il agissait très vite. Il maîtrisait très bien les armes et ilse trouvait toujours à la tête de son armée. Il optait pour une vie simple dela même manière qu’il s’habillait simplement.

Il était gros mais pas très grand. Il avait une peau blanche et un visage rondet rose. Il avait des yeux qui louchaient de couleur bleu gris, un nez camus,de grandes dents, un regard perçant, une barbe de couleur brun clair etclairsemée et une grande moustache. Il avait un long menton, un long cou, desbras forts et des doigts courts et gros. Il avait une attitude équilibrée. Sonbeau turban était comme celui de son père, c’est-à-dire dans le style desthéologiens (ulema).

 

SultanYýldýrým Bayezid Han

L'EMPIREOTTOMAN

Sultan Yýldýrým Bayezid Han

Père: Sultan Murad 1er

Mère: Gülçiçek Hatun

Date de naissance: 1360

Date de son arrivée au pouvoir. 1389

Date de décès: Le 8 Mars 1403

Le sultanBayezid gouverna entre 1389 et 1403. Il était très bien formé au commandementmilitaire parce qu’il avait participé à la guerre aux côtés de son père. Llmonta sur le trône après le décès de son père en plein champ de bataille. Aprèsles conquêtes en Rumélie, il s’orienta vers l’Anatolie et élargit lesterritoires de son pays en faisant plusieurs conquêtes. Il mit fin à l’époquedes beylicats en Anatolie et œuvra pour la fondation de l’union turque sur lamère patrie. Byzance devint une province ottomane à son époque. Le fait qu’ilvainquit les armées croisées lors de la bataille de Nigbolu lui a donna uneréputation en Europe. Il organisa des expéditions vers la frontière de laHongrie après avoir pris Salonique et la Valachie.
Bien qu’il se fut emparé d’Istanbul en 1391 pour la première fois, et qu’il lerépètât à maintes reprises, il ne pu pas prendre la ville à cause du dangercausé par Timur (danger de l’est) en Anatolie.

Il avait un caractère bien décisif. Il était sévère contre l’inégalité et lacorruption. Avant de punir ceux qui avaient commis des erreurs, il leur donnaitdes conseils. C’était un bon guerrier. Il fit plusieurs réformes pour lerenforcement de l’armée. L’état possédait un riche trésor à son époque. Lepaiement régulier de soldes aux militaires pour la première fois remonte à sonépoque.

Il était grand, son visage était blanc. Son visage était de couleur rosâtretrès estompée. Il avait des sourcils qui se touchaient, ses grands yeux noirsrejetaient la haine et la peur devant l’ennemi mais ces mêmes yeux savaientregarder tendrement. Son cou était lisse, il avait un nez camus et unemoustache touffue. Il avait une forte voix et son menton rond était entourréd’une barbe de couleur claire. Comme son père, il portait un turban en cotondoré.

FatihSultan Mehmet Han

L'EMPIREOTTOMAN

Fatih Sultan Mehmet Han

Sultan Ottoman. En s’emparant d’Istanbul, il mit fin à l’Empire Byzantin et fitde l’Etat Ottoman un empire puissant.

Il naquit le1er avril 1430 à Edirne et décéda le 3 mai 1481 à Gebze. Son père était MuradII et sa mère était Hatice Alime (ou Halime) Sultane, fille d’Isfendiyar Bey.Dans la plupart des sources occidentales, il est indiqué que sa mère étaitMilizza, fille du despote Serbe Vaccovichio et qu’il naquit en 1429. Il y ad’autres sources indiquant que sa mère était Huma Hatun et que sa date denaissance était 1432.

Sur l’ordre de son père, passionné de science, sa formation commença à partirde son enfance. Malgré son génie, il fut obligé de travailler avec MollaGurani, connu pour son caractère dur, à cause de sa paresse et de sadésobéissance. Par la suite, les célèbres sages de l’époque comme Aksemseddin,Molla Yegan, Molla Ayas, Celebizade et Temcidoglu s’occupèrent de près de saformation. Lorsqu’il eut 6 ans, il fut décidé de l’envoyer avec ses enseignantsà Manisa pour qu’il s’éloigne de l’atmosphère impériale de la capitale Edirnelors de sa formation. A Manisa, il passa par une formation disciplinée et ce,parfois sous l’ombre du bâton de Molla Gurani. Il apprit le grec et le latin enplus des sciences traditionnelles, islamique et orientale.

Il resta à Manisa jusqu’en 1444. Face à la conquête de Sofia par les Hongrois,à la retraite de l’armée ottomane à Izladi Derneti, à la révolte des Albanaiset à la marche vers Ankara des Karamanogullari et à la mort de son fils aînéAlaeddin en dernier lieu, Murad II prit une décision inattendue et set retiraen 1444 à Manisa laissant son trône et la résolution de tous ces problèmes àson fils Mehmed.

Ce changement fut annoncé officiellement par l’envoi de lettres aux paysorientaux et occidentaux avec lesquels l’Etat Ottoman était en relation. Lefait qu’un enfant de 14 ans sans expérience montât sur le trône constituait uneoccasion en or pour les Hongrois, les Serbes et Byzance. Bien que l’accordd’Edirne Segedin, signé le 12 juin 1444 pour une durée de 10 ans fut envigueur, les Hongrois et les Serbes optèrent pour faire vite. Face à ce danger,Murad II revint à Edirne en tant que commandant provisoire et à condition queson fils Mehmed restât sur le trône. Au mois de décembre de l’année courante,il se retira encore une fois à Manisa après avoir gagné la guerre de Varna. Ilfut envoyé des fetihname (lettre anonçant la prise d’une ville) aux paysmusulmans au nom de Mehmed II, qui ne participa pas à la guerre de Varna et quiresta à Edirne. Mais après cette victoire, la question du pouvoir resta unproblème épineux entre le père et le fils, Murad II et Mehmet II.(Par exempleil existe différents documents montrant Murad II et Mehmet II comme étantempereurs en même temps). L’été de l’année 1446, Murad II, venu du côté deRumali avec son armée privée, monta pour la deuxième fois sur le trône avec lesoutien de Candarli Halil Pasha. Dans cette affaire, le rôle joué par lesjanissaires lors de leur révolte (affaire de Buçuktepe) ne fut pas négligeable.Quant à Mehmet II, il fut obligé de quitter Edirne sous la protestation dessoldats, pour regagner Manisa avec ses conseillers et ses enseignants.

Lors de la deuxième période de son règne qui dura 5 ans, il décida d’apprendrequelque chose, cette fois-ci de sa propre volonté et non par la pression. Ils’occupa de métaphysique et de sciences positives et ce, afin de pouvoirrésoudre le mystère de l’existence. En 1448 et en 1459, il participa auxexpéditions vers l’Albanie à la demande de son père. Quinze jours après la mortde son père, le 18 février 1451, il vint à Edirne pour monter sur le trône.

Les Hongrois et les Serbes croyant que Mehmet II était maladroit, étant donnéles événements de la première période de son règne, eurent un nouvel espoir. EnOccident, lors qu’on discuta le dernier coup aux Ottomans, les commandantsbyzantins procédèrent à l’occupation jusqu’à Çorlu. Orhan, qui vivait àIstanbul en tant que prince impérial et réfugié politique, fut presenté au bonmoment comme le vrai héritier du trône. Mais Byzance était loin de se mesureraux Ottomans. Les bouleversements politiques et religieux menaçaient Byzance,qui était bloquée à Istanbul. La proposition d’alliance ne fut pas prise enconsidération en Europe, mais un cardinal fut envoyé à Istanbul pour trouverune solution au différend existant entre les églises de l’est et de l’ouest.Les Karamanoðullarý, qui ne perdaient pas espoir sur l’Anatolie, occupèrent lesrégion de Seydisehir et d’Aksehir. Quant à l’ouest, les Serbes prirent par laforce certaines forteresses sous prétexte de couvrir les dépenses de la jeunefemme de Murad II, Mara Sultane qui était revenue dans sa partie. Mehmet IIobserva tous ces développement en gardant son sang-froid. Dans le courant de1451, des accords à court terme furent signés avec les Hongrois et lesVénitiens. Cette attitude donna courage aux pays souverains en Méditerranée.Une flotte jointe catholique assiégea le détroit de Çanakkale. En ce temps-là,Mehmed II était en train de se préparer pour une éxpédition vers l’Anatolie.Par la suite, il élargit ses cadres parmi les recrutés chrétiens pour briser laforce des janissaires qu’il n’appréciait pas à cause de l’affaire de Buçuktepe.Il se rendit en Anatolie en 1452, après avoir ordonné à Candarlý Halil Pasha laconstruction de la forteresse de Rumeli, du côté occidental du Bosphore.

Memhed II vainquit Karamanoðlu Ibrahim Bey à un moment inattendu, rentra àEdirne, se rendit par la suite à l’endroit où il y avait des travaux deconstruction et en ordonna la fin de la construction le plus tôt possible, cequi fut jugé incroyable par Byzance. Au même moment, il révéla son intention deconquérir Istanbul en même temps qu’il ordonna l’organisation d’incursions auxdespotes byzantins dans la péninsule de Péloponèse (Mora) à Turhan Bey. Ilsuggéra ne pas vouloir être célèbre mais vouloir tout simplement unir son paysqui semblait être divisé en deux. En conquérant Istanbul, il voulait assurerl’intégration entre Rumeli, où il y avait des incurseurs et des derviches, etl’Anatolie où étaient souverains les savants et les sages, dont le centre setrouvait à Bursa.

Mehmed II montra sa détermination à agir sans perdre de temps face à Byzance,en détruisant les champs situés en dehors des remparts d’Istanbul. Par contreByzance, optant pour garder le silence, maçonna toutes les portes s’ouvrant endirection d’Edirne. Mehmet II, s’approchant des remparts en aôut 1452,manifesta sa puissance. A son retour à Edirne, il convoqua le conseil de guerreet prit la décision de conquérir Istanbul le plus tôt possible malgél’opposition de Halil Pasha et de son entourrage. Chargeant ses petites unitésde prendre les petites fortification byzantines, peu importantes, lesresponsables envoyés par Mehmed II en Anatolie, en expliquant et interprétantles exhortations du Prophète louant le commandant qui allait conquérirIstanbul, s’assurèrent la participation de volontaires. La flotte quiappareilla de Gallipoli procéda à des manoeuvres en mer de Marmara. Mehmet IIpassé l’hiver de 1452/1453 en faisant des plans et des travaux techniques. Ilprépara des projets de canon sans précédent avec les maîtres Muslihiddin etUrban. Il les envoya, au moment où, à Byzance, des personnes nobles etcompétentes comme le premier ministre Notares optaient pour “voir les turbansottomans à la place des chapeaux latins”. Aux efforts déployés par l’empereurKonstantinos Dragases XI, participèrent symboliquement les Génois, lesVénitiens, les Catalans, les Provençaux, en envoyant quelques navires etunités. Les latins d’origine, qui s’étaient installés à Istanbul et qui yfaisaient du commerce, étaient obligés de défendre la ville.

Mehmed II, après avoir achevé ses plans préparés minutieusement, quitta Edirnele 23 mars 1453. L’armée ottomane, dont l’expérience guerrière était vieille de150 ans, était, pour la première fois de l’histoire, sur le point de faire une expéditionplanifiée à l’avance avec une cible déterminée aussi à l’avance. Mehmed II, quiavait établi son camp le 5 mai en face de remparts du côté de Topkapi, commençale siège le lendemain en ordonnant le premier tir. Les résultats du siège de 53jours, dont les échos dans l’histoire occupent une place importante, nechangèrent rien, malgré la défense de

30 000 soldats et des équipement ont été utilisés de façon impressionnante.Vers la fin du siège, Konstantinos XI, qui avait fait pénétrer toutes sesréserves sur les petits champs de bataille par les brèches ouvertes dans lesremparts, opta pour la mort en combattant aux côtés de ses soldats, après avoirparticipé à la messe organisée dans la nuit du 28 mai à Sainte-Sophie. Le mardi29 mai, les soldats turcs, entrant par les brèches ouvertes dans les remparts,rejoignirent les autres forces venant du côté de la mer à Aksaray et lacapitale de Byzance fut soumise à Mehmed II.

Mehmed II, auquel on donna le titre de “conquérant”, entra dans la ville accompagnéd’un grand régiment. Dans le premier firman qu’il publia, il grâcia tous lessurvivants et leur rendit la liberté de foi et de commerce. Il prit des mesuressévères pour la protection des patrimoines culturels de la ville. Il voulutcréer une atmosphère de confiance d’une métropole dans la ville, et pour yparvenir, il établit de bonnes relations amicales avec les leaders spirituelsdes Chrétiens et des Juifs. Il ordonna à Zaganos Pasha de s’emparer de Galataqui était une colonie génoise. Ce faisant, il mit fin à la division, qui avaitduré des siècles, des deux côtés de la Corne d’Or et demanda l’établissementd’un nouveau quartier de commerce.

Avec la conquête d’Istanbul, Mehmed II assimila ceux qui n’avaient pasconfiance en lui. En Occident, il n’existait ni force ni alliance pouvantconstituer une menace. En prenant ceci en compte, il signa des accordscommerciaux avec les Génois et les Vénitiens en 1454. Son objectif était degarantir ses plans pour la conquête des rives du Danube, et de mettredéfinitivement fin au différend avec la Serbie qui durait depuis un siècle. En1454 et 1455, il organisa deux différentes expéditions et prit le sud de laSerbie. Le despote serbe se soumit aux Ottomans à condition de payer des impôtset d’annuler sa dépendance aux Hongrois. En 1456, il prit des îles importantesen mer égéenne comme Tasoz, Imroz, Semendre et Limni arguant la sécurité desrives. Il participa lui-même à l’expédition vers Belgrade. Mais le fait que laflotte envoyée à Danube ne s’était pas conclu par un succès et la défaite desunités forcèrent Mehmed II à se retirer.

En 1457, il s’occupa des despotes byzantins. Dénonçant l’accord qu’il avaitsigné avec les Vénitiens, il organisa une expédition vers la péninsule dePéloponèse et prit Patras et Korintose et les annexant à Teselya, il donna larégion à Akýncý Turhan Bey. L’expédition de Péloponèse dura jusqu’à la fin de1458. Au même moment le pape Callistus III avait eu l’objectif de provoquercertains beys musulmans et Akkoyunlu Uzun Hasan Bey contre les Ottomans etlorsqu’il décéda, son remplaçant Pius II commença à regrouper les payschrétiens autour d’un nouvel objectif. Mehmed II, qui ne prit pas enconsidération ses développements, envoya son vizir d’origine serbe Mahmut Pashaen 1458 en Serbie. Lorsqu’il apprit que Resava, Kuruca et Osirovis avaient étéconquis, il se rendit dans la région pour mettre fin au royaume serbe en 1459.

En 1460, il organisa une deuxième expédition vers la péninsule de Péloponèse.Le despote Demetrios se livra. Quant à son frère Thomas, il vendit le symbolede l’Empire Byzantin au prince russe Ivan III et s’enfuit vers l’Italie. MehmedII, qui nomma Zaganos Pasha gouverneur du Péloponèse, se rendit à Edirne et parla suite à Bursa et ordonna au Bey de Crimée de s’emparer de Kefe pourcontrôler la Mer Noire ainsi que le Bosphore et pour enfin mettre fin aucommerce des esclaves par les Génois. Il jugea insuffisant le fait que lesGénois et l’Etat de Pontos à Trabzon payaient uniquement des impôts et ilorganisa une expédition inattendue en 1460 et prit Amasra qui était uneimportante base génoise sur la Mer Noire. Par la suite il prit Sinop en 1461des Isfendiyaroðullarý et de Trabzon qui était aux mains de Pontos. Grâce à laprise de ces villes, les rives anatoliennes de la Mer Noire furent annexées àl’Empire Ottoman. Les autochtones furent forcés d’immigrer vers Istanbul et laville, vidée, fut repeuplée par les paysans turcs.
En 1462, Mehmed II organisa une expédition vers la Valachie. Vlad III, voïvodede Valachie, connu par le fait qu’il s’était emparé des Turcs qu’il avaitcapturés, voulu tuer Mehmed II un soir en organisant un assaut mais n’ayant paspu parvenir à ses fins, il dut se retirer à Erdel. Radul promit d’être fidèle àl’Empire Ottoman, après avoir été nommé gouverneur de Valachie. Mehmet leConquérant avança sur la Bosnie. Il passa l’hiver dans cette région et achevala conquête de Bosnie au printemps de l’année 1463, par la suite il exécuta leroi Stefan. Il put étouffer provisoirement la révolte qui continuait depuis desannées en Albanie et soumit Iskender Bey.

La prise de Lesbos (Midilli) la même année provoqua une guerre avec lesVénitiens, qui allait durer des années. La même année, en 1463, Mahmud Pashaput réprimer la révolte à Péloponèse. Il renvoya la plupart des Grecs àIstanbul. Quant à Mehmed II, il reprit la plupart des terres perdues le long dela frontière hongroise. Il acheva son expédition vers la Hérzegovine en 1465 etannexa cette région à ses territoires. Il organisa sa deuxième expédition versl’Albanie en 1466, et retourna à Edirne après avoir pris les villesimportantes.

Les Génois, qui avaient perdu leur colonie dans la Mer Noire, se mirent accordavec Haci Giray, en prétextant que les Ottomans pourraient attaquer la Crimée,la Lituanie et la Pologne et prirent part à cette alliance. Mais Mengli Giray1er , qui était le Han de Crimée en 1466, opta pour se rapprocher des Ottomans.Un autre front fut formé par les tentatives entreprises par Karamanoglu IbrahimBey, qui accusa Mehmed II de protéger les Chrétiens. Il essaya d’obtenir lesoutien du sultan des Mamelouks et celui du calife des Abbassides en Egypte,mais il mourut sans parvenir à ses fins. Dans la lutte entre ses fils Ishak etPir Ahmed pour le pouvoir, Mehmed II prit partie pour Pir Ahmed et Ishak dut serapprocher d’Uzun Hasan, souverain des Akkoyunlu, ce qui provoqua une lutteentre les deux souverains turcs. Mehmed II, après avoir terminé sa troisièmeexpéditon contre l’Albanie, partit en Anatolie contre le front établi par LesKaramanogullari, les Akkoyunlu et les Mamelouk et prit Konya. Par la suite ilaida les Dulkadiroðullarý qui étaient en guerre contre les Mamelouk.

Par ailleurs, en 1461, le fait qu’Uzun Hasan Bey, ayant envoyé des soldats dansl’état de Pontos lorsqu’il se rendit à Trabzon et mis ses forces face à cellesdes Ottomans à Yassi Cimen, ait dissous l’Etat Karakoyunlu et établi desrelations étroites avec les Mamelouk, nécessitait indispensablement leréglement de comptes à son égard. Les efforts diplomatiques entre les palaisottoman, Akkoyunlu et Mamelouk ne portèrent pas leurs fruits, et, au contraire,rendirent les relations plus tendues. Mehmed II, qui ne jugea pas convenable dedescendre vers le sud, rentra à Istanbul, en laissant le commandement etl’administration de la province de Karaman, dont le centre était Konya, à sonfils Mustafa, en 1468. Pir Ahmed Bey, profitant de cette occasion assiégeaKonya en 1469 et élargit son occupation en direction d’Eregli et d’Aksaray.Quant à Karamanoglu, Kasim Bey força les portes d’Ankara avec ses unités en1470. Une unité ottomane fut vaincue par les volontaires de Karaman auxenvirons de Silifke. Gedik Pasha, s’étant rendu sur le champ de bataille,asséna le dernier et coup le plus lourd aux Karamanogullari en 1471. Uzun HasanBey, qui tenta de sauver cet ancien beylicat anatolien, fit piller Tokat et lesrégiments qu’il envoya dans les environs de Konya, infligèrent une défaite auxforces du prince impérial Mustafa.

Les guerres navales et terrestres avec les Vénitiens, qui duraient depuis uncertain temps, donnèrent certains résultats positifs en faveur des Ottomans en1470. La même année, l’île d’Egribos fut prise, mais, par contre, les flottesVénitiennes assiégèrent Antalya et Izmir et pillèrent les villes riveraines.Ils menacèrent même Istanbul et les détroits. En cette période difficile, UzunHasan menait une politique d’élargissement. Mehmed II, qui avait constaté qu’ilétait impossible de reporter la guerre avec les Akkoyunlular, essaya d’empêcherles relations entre les Akkoyunlu et les Vénitiens en envoyant ses unités àSivas; au printemps de l’année 1473, il organisa une grande expédition. UzunHazan, qui avait préparé des pièges sur les passages d’accès difficile,infligea de lourdes pertes aux unités ottomanes et fit circuler la rumeur commequoi Mehmed II était mort vaincu. Mais la guerre de Otlukbeli, faite le 11 aôut1473, fut une nouvelle victoire pour Mehmed II, qui avança et pritSebinkarahisar. Acceptant la proposition de paix d’Uzun Hasan, il repartit pourIstanbul.
Avec l’apaisement de la tension en Orient, il s’occupa des problèmes deKaramanogullari, de Crimée et de la Mer Noire et des guerres avec lesVénitiens. Il chargea pour la deuxième fois Gedik Ahmet Pasha de résoudre leproblème avec Karaman. Les forces navales et terrestres ottomanes, envoyées surles rives méditerranéennes, réussirent à éloigner les Vénitiens des rives.Gedik Ahmet Pasha

s’empara des forteresses d’Ermenak, de Mennan et de Silifkez. Pir Ahmed Bey, quis’était enfui, mourut dans les montagnes. Gedik Ahmet Pasha, devenu célèbregrâce à ses victoires, partit en 1475 sur la Crimée. Il prit Kefe, lesforteresses d’Azak et de Menkup et les rives de Crimée. Il sauva Mengli Giray1er, qui était prisonnier des Génois. Après un certain temps, il attaqua laRussie sans avoir eu l’autorisation des Ottomans, et il fut rappelé etemprisonné à Istanbul. En 1477, la Crimée fut annexée, quant à l’expédition deSogdak, elle dura jusqu’en 1479. Les rives circasiennes et de Taman furentenvahies. Mehmed II, qui avait pu trouver l’occasion de s’occuper de près desproblèmes occidentaux, avança encore une fois en 1474 sur les Génois quicontrôlaient certaines villes albanaises importantes. Les forces ottomanesattaquèrent du côté nord de l’Albanie et du côté de la péninsule de Péloponèseen même temps et elles se rapprochèrent des Vénitiens. Mehmed II, qui avaitorganisé une expédition en 1478,

s’empara des forteresses d’Iskodra et de Kruya (Akhisar) et les Vénitiens, convaincusde ne pas pouvoir tirer profit de cette guerre qui dura 16 ans, demandèrent lapaix. L’accord entre les Ottomans et les Vénitiens fut signé le 25 janvier1479. Les Vénitiens se retirèrent des endroits qu’ils contrôlaient, plusparticulièrement d’Iskodra et les Ottomans laissèrent les ports qu’ils avaientpris au Péloponèse. Cet accord permettait aux navires vénitiens de faire ducommerce sur les eaux territoriales de l’Empire Ottoman comme dans les portsappartenant aux ottomans contre un tribut de l’ordre de 10000 ors par an. Lefait de rendre les Vénitiens hors danger considérés comme étant les principauxrivaux en Méditerranée offrit une autre et nouvelle occasion à Mehmed II pourla réalisation de ses projets. En 1479, il déclara la guerre à Milan et àNaples et envoya Gedik Ahmed Pasha avec une grande flotte en Méditerranée. Ilprit facilement les îles d’Aya Mavra, de Kefalonya et de Zanta. En 1480, NesihPasha, qui avait assiégé l’île de Rhodes avec une importante flotte, dut seretirer avec une lourde perte, mais en à ce moment-là, Gedik Ahmed Pashadébarqua dans le port de Puglia (Pulya) et il prit Otronto, situé au sud del’Italie, le 11 aôut 1480. Cet évenement eut un grand écho en Europe. Lorsqu’onparlait de la chute de Rome, les dirigeants religieux du Vatican se mettaient àpréparer les prétextes d’une grande croisade. Mais Gedik Ahmed Pasha, qui nechoisit pas d’avancer, attendit les forces supplémentaires envoyées de Rumeli.

Mehmed II, qui avait terminé les préparations pour sa deuxième expédition versl’Orient au printemps de l’année 1481, se rendit à Gebze en passant parIstanbul et s’occupa de la préparation de l’armée. Avant de pouvoir entamercette expédition, qui semblait être organisée vers l’Egypte, il tomba maladedans son camp établi à Hünkar (Sultan) Cayiri à Gebze. Il mourut, soit dessuites de la maladie de la goutte dont il souffrait depuis longtemps, soitd’avoir été empoisonné. Il existe différentes hypothèses sur sa mort, selonlesquelles il aurait été tué par les hommes de son fils aîné, Bayezid, parcequ’il voulait laisser son trône à son fils cadet Cem, ou par les agents desEtats Catholiques qui voulaient interrompre son expédition vers l’Italie.

Son cadavre, après avoir été embaumé, fut transporté à Istanbul par KaramaniMehmed Pasha et fut protégé dans le palais de Topkapý durant 20 jours. Il futmis le 21 mai 1481 dans le tombeau se trouvant dans le complexe de Fatih, lelendemain de l’arrivée au pouvoir de Bayezid II.

Mehmed II, connu sous le nom de “conquérant”, demanda la critique des oeuvresde Gazzali et de Ibn Rusd et la préparation de recueils originaux y afférent.La littérature ottomane, qui ne put pas donner de fruits considérables jusqu’àson époque, connut une période brillante grâce à son encouragement et à sacontribution au 15ème siècle. Le fait qu’il ait nommé vizirs Sinan Pasha, quiétait un maître de la prose et Ahmed Pasha qui était un poète, ainsi que sesrelations personnelles amicales avec eux, montrent l’importance qu’il accordaaux artistes. Mehmed II écrivit des poèmes utilisant le surnom d’ “Avni” etdevint le premier sultan qui organisait des divans. Il invita Bellini, peintreitalien, à Istanbul en 1479 et décora son palais de ses portraits et d’autrestableaux. Il établit également des relations avec les artistes orientaux, ilcorrespondit avec Ali Sir Nevai et invita le mathématicien Ali Kusçi àIstanbul. S’occupant de la technologie de guerre, il réalisa des travaux dansles domaines de dessins de projets architecturaux ou de canons cannelés. Ilconsulta plusieurs oeuvres en arabe, en latin ou en grec se trouvant dans sabibliothèque personnelle à Istanbul. Le partiarche orthodoxe Gennadios écrivitun recueil sur le christianisme pour lui offrir.

Il demanda à son dernier vizir, Karamani Mehmed Pasha, de préparer les “codes”,lui donnant des instructions sur l’administration et le jugement. Il accordaune importance à l’intégrité et à la balance démographique de son pays etessaya de faire des Turcs les éléments souverains dans tous les domains. Parcontre, il prévoya l’installation, sur les territoires en dehors des rempartsd’Istanbul, de peuplades venant de toutes les nations et de toutes religions,il travailla également à la restauration de la ville d’Istanbul détruite, enlui donnant un nouvel aspect. Le nombre des monuments construits pendant sonépoque et figurant parmi les plus grandes oeuvres de l’art architecturalottoman s’élève à 750. Il fit construire, en 1470, le complexe de Fatih en sonnom. Dans les institutions consacrées à la formation, il accorda une importanceaux sciences classiques islamiques et aux sciences positives. Les richesfondations pour les écoles religieuses, les asiles, les maisons de santé et lesbibliothèques ne furent pas négligées.

Il transforma la Mer Noire en mer intérieure, il annexa la Crimée, il brisa laforce de l’Etat Akkoyunlu, il prépara la conquête de la Hongrie en organisantdes expédition sans cesse, il s’empara de toutes les îles dans la Mer Egée àl’exception de Rhodes, il détruisit les principautés de Valachie et de Bogdan,les royaumes serbe et bosniaque, les despotes du Péloponèse, l’Etat de Pontos àTrabzon, les bases génoise et vénitienne, les beylicats de Karaman etd’Isfendiyar et transforma l’Etat Ottoman en un empire puissant pesant dans lapolitique mondiale.

 

YavuzSultan Selim Han

L'EMPIRE OTTOMAN
 

Yavuz Sultan Selim Han

Père: Sultan Bayezid 11

Mère: Ayþe Hatun

Date de naissance: 1470

Date de son arrivée au pouvoir: Le 25 avril 1512

Date de décès: le 21 septembre 1520

Sultan Selimrégna en tant que 9ème sultan ottoman. Il gouverna entre 1512 et 1520. Il futle sultan qui resta le moins au pouvoir que les autres. Il prit le pouvoir àson père par la force. Il avait un caractère ambitieux, audacieux etentreprenant par rapport à celui de son père. Il passa les premières années deson règne à lutter contre ses frères et gagna ensuite plusieurs guerres grâceauxquelles ses territoires s’élargirent vers le sud-est.

Il vainquit Sah Ismail à Çaldýran et éparpilla les forces d’Alauddevle. Ilrevint à Istanbul pour se reposer. Il organisa une expédition contre le sultanégyptien Kansu Gavri et le vainquit à Mercidabik. Par la suite, il avança surDamas et passa l’hiver,pour se rendre ensuite en Egypte, qu’il conquit. Aprèstoutes ces guerres, il put apporter avec lui à Istanbul le trésor sacré ettransforma Istanbul en centre du califat en se déclarant le calife. Il étaitjuste à l’égard de ses sujets, protégeait les pauvres et se promenait en civildans les rues. Il écoutait son peuple et trouvait des solutions rapidement. Ilétait connu pour sa générosité.

Il accorda une importance à la construction du pays et contribua audéveloppement de la science en ordonnant la construction de mosquées, decomplexes et d’écoles religieuses.
 
Il était mince mais fort. Il aimait bavarder, il avait un visage clair etlumineux, des yeux bridés, de longs cils, un regard semblable à celui d’unlion, des sourcils froncés, un nez camus, un long cou, une moustache vaillanteet une barbe reflétant le calme. Il possédait un style propre pour le port duturban, il mettait également des bonnets coniques en feutre.

KanuniSultan Süleyman - Soliman le Magnifique

L'EMPIRE OTTOMAN

Kanuni Sultan Süleyman - Soliman le Magnifique


Père: Yavuz Sultan Selim

Mère: La Sultane Hafize

Date de naissance: 1495

Date de son intronisation : le 30 septembre 1520

Date de décès: 6 ou 7 septembre 1566

Il monta surle trône en 1529 à l’âge de 26 ans et devint le seul souverain d’un empiremondial.

Encommençant par le Trésor, il réorganisa l'armée et l'administration etpromulgua des lois. C'est la raison pour laquelle on l'a surnommé "Solimanle Législateur" ou "Soliman le Magnifique". Belgrade fut lapremière ville qu'il conquit. Cette conquête se poursuivit par celles de Rhodeset de Boudin.

Il organisades expéditions de reconnaissance militaire en Allemagne et rentra à Istanbulaprès avoir gagné le respect de tous ses ennemis. L’année suivante, on lui aremit la clé de l’Algérie et Bagdad fut conquit. Il organisa deux autresexpéditions de reconnaissance en Azerbaïdjan. Plus tard, il progressa vers laPerse et ajouta les villes de Nakhitchevan, Erivan, Van et Sehrizor auxterritoires ottomans. Il alla aussi en expédition à Roumelie, et à Temesvar,situé à l'est du Yemen et de l’Ethiopie. Soliman fit sa dernière expéditionimportante à la forteresse de Zigetvar, prise par ses forces.

Il n'y avaitni de tête qui ne s'incline devant lui ni de cœur qui ne tremble de peurderrière lui. Il fonda des oeuvres de charité non seulement à Istanbul maisaussi à la Mecque, à Médine et à Damas.

Parmi cesoeuvres, la Mosquée Suleymaniye attire tout particulièrement l'attention.

Soliman leMagnifique avait un beau visage avec des yeux brun foncé, un nez épais et unelongue moustache. Son allure imposante faisait penser à un lion et le timbre desa voix était agréable à l'oreille.

C’était unpersonnage héroïque, résolu et puissant qui portait bonheur à tout sonentourage.

Ils'habillait bien et était coiffé avec son turban enroulé autour d'un bijou.

SultanMurad III Han

L'EMPIRE OTTOMAN

Sultan Murad III Han

Père: Sultan Selim 11

Mère: Nur Banu Sultane

Date de naissance: 1546

Date de son arrivée au pouvoir:
le 22 décembre 1574

Date de décès: le 16 janvier 1595

Il gouvernaentre 1574 et 1595. Lorsque son père décéda, il se trouvait à Manisa en tantque gouverneur. Il vint à Istanbul après avoir reçu la nouvelle qui lui futtransmise par Sokullu Mehmed Pasha et monta sur le trône en tant que 12èmesultan ottoman. Il fut très bien formé et s’occupa de près des questionsmondiales. Il était particulièrement curieux des réalisations des dirigeantsqui avaient une influence sur le sort du monde entier. Il aimait lire desrecueils d’histoire.

Il était modeste et juste, mais il aimait la somptuosité. Il donnait del’argent du trésor aux pauvres. Il avait établi des liens amicaux avec le mondedes scientifiques avec lesquels il aimait bavarder. Il était pieux, il avait lafoi. Il respectait les sectes. Il accorda une grande importance à laconstruction du pays et à la restauration des monuments construits par sesancêtres.

Bien qu’il y eût de grands évenements à l’intérieur et à l’extérieur du paysdurant son règne, il travailla à l’intégrité de son pays et à l’élargissementdes territoires. Il procéda à la conquête de l’Afrique du Nord d’une part et del’une autre il conserva sa flotte sur l’Océan Indien. Il était dans la mesuredu possible en faveur des solutions pacifiques pour régler les problèmes aulieu de les règler en faisant la guerre. C’était un grand commandant, unguerrier averti qui se servait parfaitement de son épée. Il aimait monter àcheval.

Il était mince et grand. Sa peau était rosâtre et blanchâtre. Son corps étaitharmonieux. Il avait un large front, il était musclé. Il aimait s’habiller etil choissisait des vêtements somptueux. Il portait des turbans sur lesquels ily avait des pierres précieuses, ce qui lui était propre

 

SultanOsman II Han

L'EMPIREOTTOMAN

Sultan Osman II. Han


Père: Sultan Ahmed I

Mère: Mahfiruz Sultan

Date de Naissance: le 3 nvembre 1604

Date de son arrivée au pouvoir: le 26 février 1618

Date où il fut détrôné: le 19 mai 1622

Date de décès: le 20 mai 1622

Le sultan Osman II régna en tant que 16ème sultan ottoman. Le sultan Osman,lorsqu’il monta sur le trône à un jeune âge, procéda à des changements au seinde l’administration et au remaniement des membres du conseil. L’état était aumilieu de deux guerres, l’une en Orient, sur le front iranien, et l’autre àl’ouest, avec la Pologne. Osman II, qprès avoir rétabli l’ordre, et malgrél’opposition des militaires, décida de faire la guerre à la Polonge et departiciper personnellement à cette guerre. Lors de son règne, l’empire dutfaire face à des sinistres naturels, l’un après l’autre. En 1621, une partie dubazar fut ravagée et l’année suivante l’autre partie brûla.

La pensée principale de Sultan Osman était de supprimer les janissaires et lescorps des janissaires. A cette fin, il commença des travaux avec lesresponsables en qui il avait confiance. Les travaux furent axés sur les moyensde créer une armée basée sur une nouvelle discipline. Mais, un corps dejanissaires ayant été mis au courant de ces travaux, il y eut une révolte surla place de Sultanahmet et certaines demandes furent faites. Quand ilscomprirent que le sultan voulait les supprimer, les janissaires assaillirent lepalais et détrônèrent le sultan Mustafa, en égorgeant un sultan réformiste.
Le sultan Osman était un sultan bien formé et bien qu’il eût pris le pouvoirtrès jeune, il avait la force d’endosser la responsabilité du pouvoir. Il avaitun caractère empressé et nerveux. Il était intelligent, courageux et énergique.Il connaissait de près la situation dans laquelle se trouvait l’état et ilcroyait que les réformes qui seraient faites assureraient le renforcement del’état. Il était fier de ses ancêtres qui avaient protégé les territoires avecsuccès et de leurs victoires.

Osman le jeune était mignon, il avait une peau claire, il était beau et fortphysiquement. Il était très sensible, c’était un bon poète et il écrivait despoèmes utilisant le surnom de“Farisi”.

SultanMurad IV Han

L'EMPIRE OTTOMAN

Sultan Murad IV Han

Père: Sultan Ahmed 1er

Mère: Kösem Sultan (Mahpeyker)

Date de naissance: le 27 juillet 1612

Date de son arrivée au pouvoir: Le 10 septembre 1623

Date de décès: la nuit du 19 février 1640

Sultan MuradIV régna en tant que 17ème sultan ottoman quand il était encore très jeune, enseptembre 1623. Son règne se divise en deux périodes. La première partie, sesituant entre 1623 et 1632, est la période de son enfance, où il grandit enapprenant les affaires d’état et la deuxième, de 1632 à 1640, jusqu’à sa mort,où il gouverna en luttant pour élargir les territoire de l’état.

Lorsqu’il monta sur le trône, l’état était en désordre; à l’intérieur, il yavait des corruptions, les privilèges et les pots-de-vin étaient très répanduset les affaires d’état étaient bloquées; quant à l’extérieur, l’état de guerrese poursuivait en Orient avec l’Iran et à l’ouest avec l’Australie. Sa premièredémarche fut de supprimer les corruptions et les privilèges au sein de l’étaten prenant des mesures sévères, comme il le fallait. Il rétablit la sécurité àIstanbul et dans les provinces. Il assura l’ordre au sein de l’armée. Il fitrespecter les réglements et les lois, il fit assurer la perception des impôtset il prit des mesures pour empêcher les dépenses qui n’étaient pas nécessaireset ce, afin d’augmenter les revenus de l’état. Il punissait parfoispersonnellement ceux qui avaient commis des erreurs et rétablissait l’ordre ense déguisant. Il ne supportait pas l’injustice et le désordre, parfois il semêlait aux soldats pour augmenter le moral des commandants et des soldats enguerre. Il fut le premier sultan à exécuter un “seyhulislam” (interprétation laplus accréditée de la loi religieuse) pour la première fois dans notrehistoire. L’interdiction du tabac et des boissons alcoolisées date de sonépoque.

Sultan Murad grandit en recevant une bonne formation de la part des enseignantsde l’époque. C’était un bon poète et il écrivait ses poèmes en utilisant lesurnom de “Muradi”. Il avait également appris la calligraphie, dont il étaitmaître, il rédigeait lui-même des firmans. Il montait très bien à cheval, deplus il pouvait sauter d’un cheval à l’autre. Il maniait très bien l’épée etl’arc.

Il était de grande taille, il avait un visage rond, une peau claire, une barbenoire et touffue, des yeux de couleur azurée et ses soucils étaient séparés. Ilavait de larges épaules et il était bien musclé.

La vieculturelle dans l'Empire Ottoman

L’EMPIREOTTOMAN

La vie culturelle dans l’Empire Ottoman


Dans les communautés turques asiatiques, la vie culturelle s’estdéveloppée parallèlement à la pensée et au mode de vie à la turque et a atteintun haut niveau et une position influente. Les valeurs permanentes etconstructives ont laissé leurs traces dans chaque élément culturel. Cescommunautés ont axé leur existence et leur puissance politique, économique etmilitaire sur les valeurs culturelles. Ainsi elles ont pu assurer lacontinuation de l’existence de leurs Etats grâce au développement et au progrèsculturels et à la protection de ces valeurs. Elles ont créé les milieuxculturels avec leurs voisins, proches en ce qui concerne la langue, lareligion, et l’histoire qu’elles avaient en commun dans les géographies oùelles ont vécu (milieux culturels Hun, Gokturk, Uygur, Oguz). Les communautésdépendant culturellement l’une de l’autre, qui ont pris progressivement unevaleur considérable de nos jours, croyaient dans le même Dieu et leconsidéraient comme le créateur. Il y avait une grande puissance qui avait créél’homme et la nature. Cette puissance était également le créateur de l’ordre dela nature et de la société. Chez les Gokturk, le nom “Tengri” a été donné àDieu. “Tengri” était le Dieu des Turcs et il envoyait des représentants appelés“Kagan” pour qu’il gouverne les hommes et les sociétés et les Etats Turcs sefondaient ainsi. Selon cette philosophie de la création et d’être chargé parTengri (Tanri - Dieu), Kagan et certains administrateurs ainsi que lesinstitutions politiques et sociales et les sources vitales commerciales commela terre et l’eau étaient considérés comme étant sacrés. La langue était lemoteur de la fondation et de la continuation des communautés dans la pensée etla prise de conscience à la turque. Celui qui perdait sa langue, perdait sonidentité turque. La langue turque comprenait certains dialectes dont lessources étaient les mêmes mais les noms étaient Oguzca, Uygurca, Kirgizca... Lalangue écrite a été développée durant des siècles. Les premiers exemples de lalangue écrite étaient des formes ornées de dessins colorés sur les pierres, lesrochers, les ustensils et les armes. Le premier alpabet turc était celui desGokturks. Les inscriptions historiques étaient écrites avec cet alphabet.“L’alphabet des Uygur” a succédé à “l’alphabet des Gokturk”. Les communautésturques ont créé de grandes civilisations dans tous les domaines et ce à partirde l’apprivoisement des chevaux et de leur utilisation comme moyen de transportet elles sont devenues les représentantes culturelles de la musique, de l’art,de l’esthétique, de l’architecture, des danses folkloriques qui ont eu uneinfluence sur plusieurs communautés. Leurs traditions ont pu survivre durantdes siècles. Elles ont contribué à l’humanité dans tous les domaines, dans lavie économique et sociale, les relations commerciales, dans les transports, dela construction, de la communication, dans l’éducation, etc. Leur capacité àgouverner et à faire des manœuvres considérables avec leurs armées composées dedizaines de milliers de soldats, leur supériorité pour ce qui est de ladiplomatie, de la propagande et de l’utilisation des armes de toutes sortes,étaient le résultat du fait qu’elles constituaient de grandes communautésculturelles dévéloppées.

Dans les communautésturco-islamiques, la vie culturelle s’est développée sous l’influence desmilieux culturels islamiques. Le fait que les Turcs figurent dans cescommunautés, a contribué à leur développement dans tous les domaines. La penséeturque a maintenu son existence, tout en s’intégrant à la philosophie et à lapensée islamique. Dans le mode de vie de ces communautés il a été enrégistrédes changements et des progrès conformément aux principes et aux règles del’Islam. Leur système judiciaire a été modifié selon les règles"serri" de l’Islam et les “Traditions”. Malgré l’influence descultures arabe et persane, la langue turque a pu être protégée. Le mouvementqui a été amorcé par les Karamanogullari pour que le turc soit la langueofficielle a continué malgré certaines périodes difficiles. Les Turcs, qui sesont chargés de la protection de l’Islam, ont pu assurer le développement et laforce d’orientation de cette religion durant des siècles avec la pensée et lesactions prévues par la philosphie du mysticisme (Tasavvuf). La culture, crééepar la communauté turque anatolienne, a renforcé la vie culturelle etmatérielle des autres communautés voisines. Les états qu’elles ont fondés sontdevenus les plus développés et civilisés de l’époque concernée dans lesdomaines politique, social, économique, scientifique, judiciaire, comme dans lajustice sociale et l’éducation. L’Empire Ottoman, depuis sa fondation jusqu’àson déclin, est devenu l’unique représentant du monde islamique et du milieuculturel turco-islamique durant 600 ans. L’Empire Ottoman, en tant qu’étatmondial, a renforcé soigneusement la vie culturelle avec les croyances, lajustice, la langue, la musique, l’art et l’esthétique, l’architecture, lesdanses folkloriques, l’éducation, les relations sociales et avec la diplomatieet a assuré la richesse de notre existence culturelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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