Histoire
| Turquie pré-ottomane jusqu'au XIIIe siècle |
| Asie mineure et Thrace Époque hellénistique | jusqu'en 189 av. J.-C. |
| Période romaine | 189 av. J.-C.–1453 |
| Seldjoukides | Xe siècle–XIIIe siècle |
| Sultanat de Rûm | 1060–1327 |
| Turque Anatolien Beyliks | XIIIe siècle |
|  Empire ottoman (1299–1923) |
| Naissance | 1299–1453 |
| Croissance | 1453–1683 |
| Stagnation | 1683–1827 |
| Déclin | 1828–1908 |
| Dissolution | 1908–1922 |
|  République de Turquie (1919 – Présent) |
| Guerre d'indépendance | 1919–1923 |
| Période de l'unipartisme | 1923–1945 |
| Période du multipartisme | 1945 – Présent |
L’Empire Ottoman
-LesCapitales Ottomanes
-LesSultans Ottomans
-La vie culturelle dans l'Empire Ottoman
1ère Capitale Bursa
Bursa, premièrecapitale de L’empire ottoman
Le province Hudavendigar des Ottomans
Les Seldjoukides, qui ont commencé la conquête de l’Anatolie à partir de 1071,ont procédé à l’installation, dans la région, de tribus turques qu’ils ontamenées avec eux d’Asie. Parmi les beylicats anatoliens, qui sont nés avec ladissolution de l’Empire Seldjoukide, le beylicat ottoman a pu s’élargir enenvahissant les terres des rois et des empereurs des environs.
Le fondateur du beylicat ottoman était Osman Bey qui est né en 1258 dans levillage de Sogut. En 1299 dejà, les villages de Bilecik, Yenikent, Inegol etIznik figuraient parmi les territoires du beylicat. C’est ainsi que lespremières fondations de l’Empire Ottoman, qui régna plus de 6 siècles, furentposées. Le roi de Bursa, Atranos, inquiet du renforcement du Beylicat Ottomanavec les réussites d’Osman Bey, appelant Byzance au secours et obtenant lesoutien des rois de Kestel et de Kite, déclara en 1301 la guerre à l’arméeottomane à Koyunhisar. Les armées d’Osman Bey gagnèrent cette guerre.
Les préparations des Turcs avaient désormais commencé petit à petit. Osman Bey,qui constata, après cet évenement, que les rois agissaient ensemble, commença àse préparer au siège de la ville en 1317. Il fit d’abord construire uneforteresse du côté de la mer, après avoir constaté la nécessité de barrer lesvoies menant à la mer, et nomma commandant le fils de son frère Ak Timur.Balabancik, l’esclave d’Osman Bey, fut nommé responsable de la forteresseconstruite du côté de la montagne. L’entrée et la sortie des habitants de larégion furent désormais interdites. Les Turcs, après avoir détruit laforteresse d’Atranos Beyce, constituèrent leur quartier général à Pinarbasi.Osman Gazi, qui se préparait au siège, revint à Yenikent, en ayant laissé lecommandement à son fils Orhan Bey.
Le siège dura 8 ans. Osman Bey, qui était en proie à la maladie, n’étaitnullement en mesure d’aller à la guerre. Il donna l’ordre de conquérir la villeà son fils Orhan Gazi. Orhan Gazi commença par la conquête de la forteresseEvrenos, son roi s’étant enfui vers les montagnes. Désormais, Bursa était sacible. Orhan Bey envoya Mihal Bey au roi de Bursa pour qu’il se rende. Le roi,lui envoyant des vêtements précieux et 40000 pièces d’or demanda grâce. OrhanGazi, après avoir obtenu l’autorisation de son père, permit à la famille et auxhommes du roi de quitter la forteresse pour gagner les rives de Gemlik. Le roiet son entourage partirent à Istanbul en bateau. En 1326, la ville de Bursaétait aux Turcs.
La nouvelle de la conquête de la ville ne put être tranmise à Osman Gazi quelorsqu’il était sur son lit de mort. Le premier sultan de l’Empire Ottoman, quilaissa son trône à son fils Orhan Gazi, s’éteignit en souriant. La conquête deBursa avait été un tournant pour le beylicat ottoman. Orhan, le fils d’Osman néen 1281, l’année du décès de son grand-père Ertugrul Gazi, était désormais ledeuxième sultan ottoman. Un beau jour son frère, qui avait été admis par OrhanGazi, lui demanda de réaliser 3 choses pour le royaume. Sa première demandeétait de faire frapper des pièces de monnaie à son nom. La deuxième était des’habiller de façon différente des autres et la troisième était de verser dessoldes aux janissaires. Auparavant les pièces étaient frappées au nom dessultans seldjoukides. En 1328, Orhan Gazi fut le premier sultan ottoman à fairefrapper des pièces de monnaie. Il modifia sa façon de s’habiller. Les uniformesdes soldats, qui étaient rouges et noirs, devinrent blancs.
Bursa, laville qui connut Bithynia, les Empire Romain et Byzantin, devint la premièrecapitale ottomane en 1335. Orhan Gazi, dont la règne dura 35 ans, décéda en1360, laissant son trône à son fils Murad. Petit-fils d’Osman et fils d’Orhan,Murad Han devint le toisième des sultans ottomans. Il était connu sous le nomde Hudavendigar.
En 1362, Edirne fut conquise. Murad-Hudavendigar rêva une nuit d’un vieil hommeà la longue barbe blanche avec lequel il s’entretenait, et cet homme, au visagelumineux, lui demanda de faire constuire un très grand sérail. Sultan Murad,écoutant le conseil de ce vieil homme, fit construire un grand sérail à Edirne.Plus tard, Edirne remplaça Bursa, devenant ainsi la capitale ottomane. MaisBursa ne perdit jamais de sa valeur.
En 1399, Yýldýrým Bayezid, fonda un hôpital, “Bursa Darussifa”, où on accordaitune importance particulière à l’hydrothérapie. Les armées de Timur, quipénétrèrent dans la ville en 1402, détruisirent en très grande partie lesécoles religieuses, les medresa, les mosquées et causèrent des incendies dansla ville. En 1429, la ville connut une important épidémie de peste. En 1482,lorsque Cem Sultan s’installa à Bursa, sur le trône, pour une durée de 18jours, il fit produire des pièces de monnaie en son nom. Cem Sultan, qui avaitdû combattre au côté des armés de Bayezid II, quitta la ville, comme si ilétait vaincu.
Les édifices
Le style de Bursa
Dans l’art de la construction ottomane, il s’avéra tout d’abord qu’il y avaitune orientation vers l’architecture des pays conquis. Ces pays offrirentégalement les services de plusieurs de leurs maçons, graveurs, et artisansmaîtres en ce qui concerne l’ancienne technique architecturale. Ces nouvellesconstructions étaient bien différentes des monuments des beylicats anatoliens. Etc’est ainsi que le style de Bursa naquit. L’architecture de Bursa put survivremême après la conquête d’Istanbul. C’est ce style qui marqua la construction demonuments et immeubles à Edirne et à istanbul en général. Le type deconstruction basé sur le plan, appelé le plan en T, fut élaboré au 14ème siècleet presque toutes les mosquées des sultans furent construites en se basant surce même plan. Quant à l’arcade de Bursa, qui est tendue horizontalement auniveau de sa vôute par une corde, consiste en quarts de cercles, utilisés engénéral dans les travaux décoratifs à cause de son manque de capacité delevage.
La Grande Mosquée (Ulucami)
La GrandeMosquée de Bursa, construite sur des colonnes et des piliers avec un toit plat,figure parmi le groupe des mosquées datant de la première période Islamique. LaGrande Mosquée, qui fut constuite par l’architecte Ali Neccar sur l’ordre deYildirim Beyazid, est une mosquée blanche, spectaculaire avec ses 20 coupoleset ses 2 minarets. La coupole, se trouvant au centre d’autres coupoles élevéessur 12 piliers quadrangulaires et égaux, est recouverte de verre. Dans lamosquée, il y a 192 calligraphies réalisées par les plus célébres calligraphesde l’époque.
La Mosquée Verte (Yesil Cami)
La Mosquée Verte constitue le premier exemple donné au style de Bursa. LaMosquée Verte fut construite par l’architecte Vezir Haci Ivaz Pasha en 1419 surl’ordre de Celebi Sultan Mehmed. Le maître de l’encre de Chine de la mosquéeest Mecnun Mehmet. Sa façade, ses fenêtres, sa porte, ses inscriptions, lavoûte au-dessus de la porte constituent les plus beaux exemples de marbrerie.Dans les premières mosquées construites à Bursa et à Iznik, les architectesutilisèrent un style simple, harmonieux, et évitèrent les ornements arabesquespropres à l’art oriental. C’est grâce au développement de l’art d’ornement chezles Ottomans que les nouveaux maîtres se formèrent, comme par exemple Ali IbnIlyas Ali, connu comme étant le premier artiste dans le domaine de peinturemurale et qui réalisa en 1423 tous les ornements de la Mosquée Verte.
La Mosquée Muradiye
La Mosquée Muradiye, construite par Murad II de 1426 à 1428, porte tous lestraits caractéristiques du style architectural de Bursa, notamment avec sonplan en T renversé. En 1855, les coupoles et les 2 minarets de la MosquéeMuradiye furent détruits lors du séisme qui provoqua d’importants dégâts dansla ville de Bursa. La mosquée, ayant été reconstruite en 1902, a été décoré,surtout au niveau de son mihrab et de son jubé, dans le style rococo, très à lamode à cette époque.
La Mosquée d’Emir Sultan
Les arcades en bois dans la cour de la mosquée d’Emir Sultan figurent parmi lesplus belles arcades de Bursa. L’encadrement des fenêtres construites en carrésà Iznik et à Bursa a été en général orné de “Mukarnas” sur lesquels on mettaitdes parures (alinlik) embellies de motifs romains.
Architecture civile
Les maisons construites en respectant le style architecturaldéveloppé après la conquête de Bursa par Orhan Bey ainsi que les ornementsretiennent l’attention. Les fenêtres de ces maisons sont hautes et leurs vitrescolorées ont été placées dans le plâtre avant d’avoir été encadrées de bois.Les principales décorations des maisons de Bursa ont été réalisées sur lesmurs, les plafonds et les portes des placards. Les exemples d’architecturecivile produits lors de la première période du 19ème et au 20ème siècle ontcontribué à la richesse culturelle de la ville.
Les couleurs de la vie
Les portraits
Bursa fait partie des villes qui connurent beaucoup d’immigrations. Sapopulation a été diversifiée par les communautés et les peuplades qui y sontarrivées de différentes régions. Les Turcs, arrivant d’Asie Centrale dans lapeninsule anatolienne, ont également créé une large communauté d’immigrés dansla ville. Les immigrations ont doublé la population de la ville entre 1530 et1575.
Les Romains (Rum) habitaient depuis de nombreux siècles dans lesvillages datant du Moyen Age. Avec la conquête du Péloponèse, les immigrésRomains s’installèrent dans la ville à l’époque de Mehmet le Conquérant.
A l’époque d’Orhan Bey, les Arméniens de Kutahya y arrivèrent pour la premièrefois. Le métropolite Ovahim de Bursa fut élu en tant que patriarche dupatriarcat arménien, fondé à Istanbul en 1461 par Mehmet le Conquérant. Lescompétences données aux Juifs et aux Romains leur furent offertes et leséglises assyrienne, abyssinienne et copte furent rattachées à ce patriarcat.Les arméniens habitant en Orient ont commencé à venir s’établir à Bursa àpartir du début du 19ème siècle. Les Arméniens de Bursa habitaient surtout larégion de Setbasi. Une partie du premier journal “Hudavendigar”, publié par legouverneur Haci Izzet Pasha et pouvant être considéré presque comme un journalofficiel, commença à paraître, à partir du 82ème numéro, en langue arménienne.Même si l’on considère la présence d’une colonie juive à Bursa en 79 avantJ.C., les Juifs ont pris davantage d’importance après avoir obtenul’autorisation du Sultan Orhan de construire une synagogue et de créer unquartier, lorsque ce dernier a fait de Bursa la capitale de l’Empire Ottoman.La plupart des Juifs faisaient du commerce, travaillaient dans la couture etétaient banquiers, quant aux autres, ils étaient orfèvres. La plupart des Musulmans,dont les terres avaient été occupées lors de la guerre entre l’Empire Ottomanet La Russie et qui habitaient dans le Caucase et en Roumélie, immigrèrent versBursa. 30000 immigrés arrivèrent de Rusçuk, parmi lesquels les géorgiens et lestartares étaient majoritaires. Ceux qui vinrent du Caucase s’nstallèrent àYildirim, ceux qui vinrent de Kazan à Mollaarap et ceux de Crymée à Alacahirka.A Bursa, vivaient également les coptes depuis une longue période. Le jour de lafête du printemps (Hidirellez), les coptes, montant vers la région de KireçOcaklari, située au pied de la montage Uludag, organisaient des festivités lorsdesquelles ils désignaient leur président appelé “Ceribasi”. Ils vivaient dansles quartiers de Kanberler et de Demirkapi.
Au début du 20ème siècle, se trouvaient à Bursa les consulats d’Allemagne,d’Autriche et de Hongrie, d’Espagne, d’Italie, de France, de Belgique, de Grèceet d’Iran. Selon un recensement effectué à la même date, les Romainsconstituaient 9.84% de la population, les Arméniens 6.66% et les autres 18%; lereste de la population était composé de Turcs musulmans. En 1903 le métropoliteromain, le partiarche arménien Maître Natalyan, l’évêque catholique arménienMaître Arsoni, l’archevêque Maître Artin, le rabbin Maître Mose Hayimfiguraient avec le Mufti Ali Riza Efendi à l’Assemblée Générale des provinces.Les 5 des 19 médecins diplômés étaient turcs et 4 des 17 pharmaciens étaientégalement turcs.
La fête dela jacinthe organisée chaque année ajoutait davantage de couleur à la vie deBursa. Le peuple partait joyeux pour les jardins de jacinthes, situés auxalentours de la ville, pour y passer du temps. Ces jardins étaient ouverts 3jours de la semaine aux femmes et 4 jours aux hommes. Un beau jour du printemps1869, lorsque la ville était envahie de jacinthes et lorsque les femmes deBursa se divertissaient en chantant dans l’un de ces jardins, 2 beaux hommessont apparus. L’affaire fut transmise à la justice. Les 2 hommes précisèrent,pendant leur défense, qu’ils étaient étrangers et qu’iils s’y étaient présentéspar hasard, parce qu’ils ne savaient pas que le jardin était fermé aux hommesce jour-là. Bien que les 2 hommes aient pu éviter d’avoir une peine trop lourdegrâce à leur défense convenable, l’affaire fut enregistrée dans les registresdu tribunal de Bursa. (mahkeme-i seriye)
Dans la riche culture culinaire de Bursa, le kebab est certainement le plat leplus célèbre. Halmut von Moltke, de passage à Bursa en 1836 pour s’y promener,décrit le goût et le prix bon marché du kebab. “Nous avons déjeuné à la turquedans un restaurant de kebabs. Après nous être lavé les mains, nous nous sommesassis non pas autour de la table mais sur la table. A ce moment précis, je nesavais pas où mettre mes jambes. Tout d’un coup, le kebab posé sur un plateauen bois, c’est-à-dire les petits morceaux de viande de mouton rôtie à la brocheet recouverte d’une sorte de pâte de pain nous a été servie. C’était un platdélicieux. On nous a ensuite servi des olives salées, un “halva”, le dessertpréféré des Turcs, et un verre de “serbet” (raisins bouillis dans de l’eau)avec des glaces. Pour un bon vivant qui a de l’appétit, ce plat ne coûte que120 para, autrement dit 5 schillings”.
La ville des exilés
Au 19ème siècle, Bursa, ville très éloignée de ses jours où elle avait étécapitale ottomane et embellie grâce à de la verdure de tous les tons et à debeaux édifices dans ses rues, s’était transformée en une ville d’exilés.
Mevlanazade Rifat, après avoir poursuivi ses activités anti-gouvernementales àl’étranger durant des années, revint à Istanbul pour y se rendre à la police,comprenant qu’il n’avait pas d’autre solution. Il fut condamné à vivre en exilà Bursa, conformément à la décision prise par le tribunal d’état de siège.Cette condamnation ne put être levée que le 27 Avril 1909, date a laquelle leSultan Abdulhamit II fut détrôné et remplacé par Mehmet Resad V, 35ème sultanottoman. Mevlanazade Rifat put retourner à Istanbul avec les autres exilés, àl’occasion de l’arrivée au pouvoir du nouveau sultan.
Il est également possible de trouver dans les souvenirs de Mehmet Tevfik Bey,gouverneur de Bursa de 1906 à 1909, des traces des autres exilés. Mehmet TevfikBey, lorsqu’il parle de son amitié avec la Sultane Fehime, fille du SultanMurad, cite ses aides à l’égard des 3 sœurs, que la Sultane connaissait depuislongtemps, parmi les raisons principales de cette amitié. La première de cestrois femmes appartenait à la cour du Sultan Abdulhamit, la deuxième à celle duSultan Resat Efendi et la troisième était la sœur de ces dernières. Toutes lestrois, préférant habiter hors du sérail, furent accueilllies chez Mehmet TevfikBey jusqu’à ce qu’on leur trouve une maison à Bursa.
L’histoire de l’exil de Kemaleddin Bey, deuxième fils de GaziOsman Pasha, comporte des leçons. Kemaleddin Bey, mari de Naime Sultane, l’unedes filles du Sultan Abdulhamit, appela le médecin, Hakki Sinasi Pasha, le jouroù sa femme tomba malade, et le médecin injecta du “kakodilat” à Naime Sultaneafin de la soigner. En ce temps-là, la rumeur courait selon laquelle KemaleddinBey était amoureux de Hatice Sultane, fille ainée du Sultan Murad qui habitaitdans le sérail à côté de celui où il résidait avec sa femme et que KemalleddinBey avait ordonné au médecin d’empoisonner Naime Sultane afin de pouvoirépouser Hatice Sultane. Cette rumeur fut même perçue au sérail. Même si l’onlui expliqua que le “kakodilat” était utilisé comme médicament en médecine, iln’était pas possible de convaincre Aldulhamit. Kemaleddin Bey, obligé dedivorcer immédiatement, fut exilé à Bursa, comme cela avait été le cas dumédecin Hakki Sinasi, exilé lui aussi quelque part. Kemaleddin Bey, forcé devivre à Bursa, habitait dans la maison qui lui avait été louée et n’était pasautorisé à sortir de cette maison. Un groupe d’officiers, sous le commandementde Mustafa Pasha, général de brigade parmi les aides de camp du Sultansouverain, fut chargé de surveiller Kemaleddin Bey et tous vivaient ensembledans la même maison. Personne n’était autorisé à aller voir ce célèbreprisonnier. Même le gouverneur de la ville ne pouvait pas le voir sansautorisation.
Après ledécès du Sultan Murad, l’une de ses favorites fut envoyée en exil à Bursa avecplusieurs de ses servantes, payées chacune 10 livres, auxquelles on avaitégalement promis d’acheter des maisons. Elles furent autorisées à se marier aucas où on leur demanderait leur main. En attendant qu’on leur achète desmaisons et qu’on les y installe, 2 résidences furent louées provisoirement àtoutes ces femmes. Le courrier du gouverneur et le directeur régional del’éducation faisaient partie des fonctionnaires exilés à Bursa. Un beau jour,Ali Ata, frère de Molla Necmeddin, se trouvant sur l’un des bateaux deBogaziçi, alluma sa cigarette à la cigarette d’un homme qu’il ne connaissaitpas. Cet inconnu était l’un des hommes de l’héritier du trône, Resad Efendi, etil espionnait pour le compte de la cour. C’est après cet évenement qu’Ali Atafigura sur la liste des exilés à Bursa.
A part tous ces gens, se trouvaient aussi le célèbre Fehim Pasha et beaucoupd’autres qui étaient en exil à Bursa et dans ses environs.
Les marchés et les commerçants
Les marchés
Dans lecomplexe construit par Orhan Gazi après la conquête de Bursa, se trouvaitl’auberge d’Emir, premier bazar de la ville, dans lequel on vendait desproduits textiles. Après le déménagement du bazar dans un autre endroitconstruit par Yildirim Bayezid, les autres marchés abritant d’autrescommerçants se regroupèrent autour de ce même bazar. Au bazar de Haci IvazPasha il y avait les feutriers, au bazar de Sipahi, les tapissiers, au bazar deGelincik les cardeurs et les couturiers, à Atpazari, les commerçants dechevaux, au marché de Kapan, les commerçants de fruits, au bazar des céréales(Tahil Pazari), les commerçants de fruits secs et près du bazar des céréales,il y avait les fameux couteliers de Bursa.
Les marchés comme ceux de Uzunçarsi, Bitpazari, Tahtakale, Tavukpazari,Bakircilar et les auberges (Han) comme celles de Pirinç Han, Tuz Hani, IpekHani, Koza Hani étaient indispensables pour le commerce de Bursa.
Les commerçants
A Bursa, chaque commerçant, opérant dans son propre domaine, adhérait à desorganisations qui le contrôlaient de près. Ces organisations ne donnaient pasl’autorisation d’opérer aux commerçants qui n’étaient pas compétents dans leurdomaine et empêchaient l’imitation de produits oeuvrés par les maîtres.
Pour uncommerçant voulant ouvrir sa propre boutique, il était obligatoire detravailler plusieurs années, passant par les étapes d’apprentissage et decompétence. Ces peronnes, formées sous une grande discipline, étaient honoréesà la fin de chaque étape. Lorsque l’apprenti obtenait le droit de devenir chefdes apprentis, son maître en informait les organisations concernées et lesautres commerçants. Les invités organisaient, dans les lieux de plaisance de laville, des festins et des combats et des prières accompagnaient la cérémonieorganisée en l’honneur des chefs des apprentis et où ils étaient décorés d’une grandeserviette (pestemal) les recouvrant.
Le fait que ces chefs apprentis deviennent maîtres dans leur domaine nedépendait pas seulment de leur ancienneté et de leur réussite dans le métier.Il fallait également trouver une place à ces personnes parce qu’il y avaitbeacoup de maîtres opérant, ainsi donc le décès d’un maître ou la fermetured’une boutique pourrait être une chance pour les jeunes. Le chef apprentidevenait le maître de la nouvelle boutique qui était inaugurée lors d’unecérémonie.
Avec les usines de soie de Konstanz Bey en 1833 et de celles de Boduryan Efendien 1843, la ville s’orienta petit à petit vers l’industrialisation.
La sériciculture
Bursa, ville riche de par sa viticulture, ses cultures de fruits, ses eauxminérales, ses produits laitiers et son oléiculture, à Gemlik et à Mudanya,était une ville très favorable à la sériciculture grâce aux mûriers qui setrouvaient dans ses environs.
La soie était un domaine commercial très difficile à cause de la préparation,pendant laquelle il y avait beaucoup de risques. Par exemple, une maladieapparue en France et qui s’était propagée jusqu’aux vers à soie de Bursa et deses environs en 1860, causa des dommages extrêmes à la récolte et lessériciculteurs durent déboiser leurs mûriers. Après ce désastre, le médicammentnécessaire pour combattre cette maladie fut inventé en France et lesséricicultuers exportèrent les grains sains pour éviter la maladie; mais aprèsun certain temps, il s’avéra que ces grains exportés n’étaient absolument passains.
Le 2 Avril 1888, la maison de Kazaz Ahmet Muhtar Efendi située dans le quartierde Sehrekustu fut louée et servit de première école de soie, appelée “HarirDaruttalimi”. En 1889, les premiers étudiants sortirent diplômés de cetteécole. L’école fut transférée dans la maison de Burdurizade Osman Efendi situéeà Setbasi car elle était plus grande que celle de Kazaz Ahmet Efendi. En 1894,l’école reçut désormais ses étudiants dans l’immeuble construit dans lequartier de Maksem et prit le nom d’Institut de Sériciculture. TorkumyanEfendi, qui fut nommé directeur de l’Institut, mit brillamment en œuvre laméthode de production de grains, conseillée par Pasteur, et forma plusieursétudiants.
Tissage artisanal du cocon
Bursa fut le premier endroit considéré comme le centre de tissage dans l’EmpireOttoman. Au début des années 1850, à Bursa, il y avait 14 usines de soie,formées au modèle des usines européennes, qui fonctionnaient à la vapeur et àl’eau. Il y en avait 2 également à Mudanya. Au total, fonctionnaient 150 à 200métiers à tisser à Bursa où l’on pratiquait le tissage de soie pure et et celuide soie mélangée.
Les métiers à tisser de Bursa étaient primitifs. Ils possédaient desencadrements rectangulaires sur lesquels il y avait des cylindres qui servaientà tendre les fils et à soutenir les tissus se trouvant dans le bas. Tout, saufles projectiles en plomb, était en bois: Les projectiles en plomb se trouvantdes deux côtés, qui fonctionnaient à tour de rôle pour balancer et tendre lesfils à la fin, les navettes qui circulaient en passant entre les fils, lapédale utilisée par l’artisan pour faire fonctionner ce dispositif.
Un tissu en velours, appelé “çatma” , était imprimé à Bursa, à Bilecik et àUskudar. Les tissus en laine, en soie, en velours imprimés à Bursa étaienttellement connus dans le monde entier que même un pays comme la Chine, le géantdu textile, avait importé des tissus de Bursa et les marchés de Hongrie, dePologne, d’Italie et des Balkans regorgeaient des célèbres tissus de Bursa. Lestissus et les velours, imprimés au 16ème siècle sur les métiers à tisser deBursa, étaient très à la mode dans le monde entier et utilisés pour laconfection de vêtements destinés aux sultans et aux princes. Les maîtres detissage avaient formé leur propre confrérie. Les tissus passaient par uncontrôle rigoureux et portaient des marques avant d’être lancés sur le marché.L’état confisquait les tissus de mauvaise qualité. Chaque atelier était connupour sa propre fabrication. Il y avait également un contrôle rigoureux surl’importation de fil de coton. Le fil de coton se vendait chaque samedi aumarché tenu à la cour de la Grande Mosquée (Ulucami); quant aux cocons à soie,ils se vendaient à Koza Hani.
Au 18ème siècle, la concurrence avec les pays étrangers força les propriétairesdes métiers à tisser à imprimer à des prix meilleur marché et c’est ainsi queles tissus de Bursa perdirent beaucoup de leur qualité.
LES ECOLES
Les écoles missionnaires
Les missionnaires américains ouvrirent un lycée de garçons dans le quartier dePera, à Istanbul. Ce lycée fut considéré comme le centre et d’autres écoless’ouvrirent également à Izmir, à Bursa et à Trabzon. Ces écoles, aux programmessimilaires à celles en Occident, eurent la préférence. A l’école américainepour les filles, qui se trouvait à Bursa, il y avait 70 étudiantes. Auprogramme de l’année scolaire, en 1893, pour les classes de première, seconde,troisième et quatrième, il y avait du grec et de l’arménien, de l’arithmétique(en grec et en arménien), de la géographie (en grec et en arménien), del’anglais, de la géometrie, de la botanique (en anglais), de la physique, del’astronomie (en anglais) et de l’histoire (en anglais).
Lycée Militaire d’Isiklar
L’école ouvrit ses portes en 1845 sur la place de Heykel (Heykel Meydani) surordre du Sultan Abdulmecid. L’immeuble, à deux étages et dont le rez-de-chausséétait en béton et le premier en bois, se trouvait dans le quartier d’Isiklar etfut inauguré le 10 Juin 1892 par le gouverneur Munir Pasha. En 1894, on yajouta un deuxième immeuble pour que l’école puisse recevoir 500 élèves. En1911, on y annexa un hôpital. Cet immeuble, utilisé lors de l’occupationgrecque comme écurie, fut inauguré pour la deuxième fois sous le nom d’EcolePréparatoire Militaire. L’école, ayant pris le nom du quartier où elle setrouvait, était connue sous le nom de Lycée Militaire d’Isiklar. Il s’avéra quele nom du quartier, situé sur une colline, avait d’abord été Asiklar pourdevenir ensuite Isiklar.
L’école industrielle de Hamidiye
Le 10 Avril 1869, à Türmenoðlu Konaðý, dans le quartier de Filibos, fut ouvertel’école industrielle. Dans cette école, qui prit le nom de “maison decorrection”, on enseignait seulement le tissage. Les tissus pour les uniformesdes gendarmes y furent tout d’abord confectionnés, et par la suite, avecl’apport de nouveaux outils, les enseignants se spécialisèrent dans le domainede la cordonnerie. A partir des années 1900, des leçons de français et demusique furent ajoutés aux programmes du Lycée Industriel de Hamidiye, quiattirait l’attention par ses réussites à long terme et une fanfare y fut aussiformée. En 1906, une boutique de vente fut ouverte dans l’enceinte de l’école,sur la rue Hürriyet. Tous les habitants de Bursa firent un gros effort pour ledéveloppement de l’école. Une loterie fut organisée et les droits sur lesrevenus de la vente de bétail, qui s’était tenue dans le quartier d’Atýcýlar,furent légués à l’école. En 1906, Necip Efendi de Bursa et Mirat Efendi d’Istanbulobtinrent l’autorisation de fabriquer du papier à cigarettes, qu’ils faisaientauparavant confectionner en Europe sous la marque de “papier à cigarette del’Ecole Industrielle de Hamidiye”. Les revenus de cette vente auraient étéversés au profit de l’école. Deux ans plus tard, l’école déménagea dans lequartier de Tophane.
L’Ecole administrative
En 1885, un lycée de garçons fut fondé sous le nom d’Ecole Administrative. Enjuillet 1888, le lycée, vieux de 4 ans, donna ses cinq premiers diplômés. L’enseignementdans ce lycée de 4 classes continua jusqu’à l’année scolaire de 1890-1891. Al’année scolaire de 1891-1892, il y avait 7 classes; entre 1901 et 1904, unlaboratoire, un foyer d’étudiants, un restaurant et une salle de récréationfurent annexés et en 1906, un établissement de bains (hammam) fut construit. Apartir de 1909, l’école prit le nom d’Ecole des Sultans.
L’Ecole agricole
Hugavendigar Numune Çiftligi Ziraat Mektebi, (Ecole agricole de la Ferme Pilotede Hugavendigar) commença son enseignement avec 20 étudiants au mois de Mars del’année 1891 sur les terres de Topla Mehmet Aga, dans le village de Hamitler,sous l’auspice du gouverneur Mahmut Celaleddin Pasha, pour enfin former lesjeunes dans le domaine agricole. A partir de la date de sa fondation, l’écoleproduisit chaque année scolaire et durant plusieurs années, 15 diplômés quireçurent une formation pratique.
En 1904, à l’Ecole Administrative, il y avait au total 325 étudiants, à L’EcoleIndustrielle de Hamidiye 150, à L’Ecole Agricole 78. En 1905, une école futouverte sous le nom de “Hamidiye Medresesi Muallimini” qui prit par la suite lenom de Darulmuallimin.
Les Stations Thermales
De Rome à Byzance
La lettre écrite par Plinius, premier gouverneur romain de Bursa, approuve quele premier bain public fut construit à l’époque romaine. Les sources d’eau àPythia (Cekirge) furent ouvertes au public lors de la construction urbaine deBursa à l’époque de Justinien. Les bains se trouvant dans cette région prirentde la valeur à l’époque byzantine.
Les stations thermales dans la tradition ottomane
Evliya Celebi nous relate que Bursa, en tant que ville, consistait en ses eaux.A l’époque ottomane, la construction de stations thermales commença en 1511 parl’annexe de deux coupoles au bain de Justinien, qui possédait déjà deuxcoupoles construites par Muradi Hudavendigar. Les membres de la cour, lescélébrités d’Istanbul, les ambassadeurs, les princes étrangers de passage, lessavants, les écrivains et les hommes d’état étrangers venaient à Bursa pour labalnéothérapie. Le 6 mai 1906, le gouverneur de Bursa, Mehmet Tevfik Bey, avaitaccueilli le duc de Holstein, le frère d’Augusta, l’empereur d’Allemagne ainsique son épouse; le 7 juin 1908, le prince Victor Napoléon, membre de la familleBonaparte et le duc Carl Eduard Saxe Cobour et son épouse la Duchesse, le 4Juillet 1908. Tous étaient venus pour les bains de Bursa.
La station thermale de Bursa, qui consistait en une salle à l’entrée pour sedéshabiller, une pièce pour se rafraîchir et l’endroit destiné à se baigner,est décrite dans son recueil comme il suit:
Ceux qui entrent y restent
Et y trouvent une âme
Ils trouvent leur remède
Dans les bains de Bursa...
Dans la lettre écrite de Turquie par Helmut von Moltke à son père, les bainssont décrits ainsi: “Je t’avais déjà décrit la beauté des bains turcs. Ceux deBursa ne sont point artificiels et les eaux sont tellement chaudes de par leurnature que l’on croit tout d’abord ne pas pouvoir sortir de la piscine sans sebrûler. De la terrasse du bain, où l’on s’est baigné, il y avait une vuemagnifique et c’était tellement confortable que l’on ne voulait pas partir”.
LES RUES
Les rives ouvrant leurs bras à la Marmara
Au 19ème siècle, Bursa était le centre de la province de Hudavendigar. Lesdistricts comme Balikesir, Karahisar-i Sahip, et Kütahya et les subdivisionscomme Gemlik, Pazarköy, Mudanya, Yalova, Karamürsel, Tirliye, Bilecik, Lefke,Gölpazari, Sogud, Mihaliç, Kirmasti, Inegöl, Yarhisar, Yenikent, Iznik,Pazarcýk en dépendaient administrativement.
Cette province, large du point de vue de ses terres, avait trois portsimportants. Gemlik, au bord de la baie s’étendant à partir des montagnes deSamaný jusqu’à la mer vers Bozburun, était connu pour ses chantiers navals.Avec son port fermé aux vents du nord, Gemlik était un abri pour les bateaux.Quant au port de Yalova, qui se situe un peu plus au nord, il n’était pas toutà fait fonctionnel à cause des difficultés concernant le transport. Le port le plusfréquenté était celui de Mudanya, région de mûriers, d’oliviers et de vignes,qui constituait une porte pour la plaine de Bursa vers la mer Marmara. SelonEvliya Celebi, le nom de la région était né du nom de la fille du roi deConstantinople.
Dans les années 1850, le voyage entre Istanbul et Mudanya durait 8 heures, dansde bonnes conditions météorologiques. Quant aux jours où les vents du nordsoufflaient fort, les hautes vagues devant Bozburun empêchaient l’entrée despetits bateaux au port et les bateaux restaient devant la baie jusqu’aulendemain.
Les routes
Pour celui qui arrivait à Mudanya par bateau, il était possible d’aller à Bursaà cheval. Tout au long de la route, entourée de vignes et de champs jusqu’àBursa, il était possible de contempler le paysage plaisant de la mer Marmara etles collines entourant la mer. Après une pente, la mer devenait invisible et laville, étendue sur une plaine, apparaîssait avec tous ses cyprès. On voyait deloin plus de cent minarets blancs et de coupoles rondes appartenant à la villesituée sur les flancs escarpés de la montagne Olympos, couverte de forêts.
Lorsque l’on s’approchait de la ville, on voyait un pont et la rivière Nilüfer.Cette rivière coulait entre les noyers géants vert foncé, les platanes vertclair, les riches prairies et les mûriers. Chaque pas vers Bursa offrait unenouvelle surprise composée des verdures séduisantes.
Le Chemin de fer
L’importance accordée aux chemins de fer par l’administration ottomane futrenforcée durant la deuxième moitié du 19ème siècle. Sultan Abdulaziz promulguaun rescrit impérial en 1871 concernant le chemin de fer. Le projet deconstruction de la ligne principale prévoyait une ligne entre Istanbul etBagdad. L’ingénieur allemand Wilhelm von Pressel fut nommé en tant queresponsable des chemins de fer ottomans après sa fondation. Le projet proposépar Pressel prévoyait une ligne à partir de Haydarpaþa, couvrant également unréseau ferroviaire de Mudanya à Bursa. Les travaux commencèrent et les railsfurent posés de Mudanya vers Bursa, mais la construction de cette ligne ne putprendre fin qu’en 1874. Pour parvenir jusqu’à Bursa, 185.000 livres ottomanes(environ 4.200.000 francs français) furent dépensées, mais son exploitation nefut pas possible à l’époque. Le projet fut suspendu pour un certain temps. Lestravaux de construction de la ligne ne purent recommencer que 17 ans plus tard.
M. Nagelmakers, devenu concessionnaire, ouvrit la ligne en 1892, après avoirfondé la Société Ottomane de Chemins de Fer de Bursa et de Mudanya. Lesvoyageurs arrivèrent de Mudanya à la station Acemler de Bursa en 2 heures.Comme c’était une société étrangère qui gérait le chemin de fer, les horairesétaient fixés selon l’heure européenne. Mais cette application causa plusieursdifficultés auprès des voyageurs et la société, dans un communiqué écrit,avertit ses voyageurs pour que ces derniers prennent l’heure européenne enconsidération; mais à la demande, elle dut annoncer le changement des horairesconformément à l’heure locale.
2èmecapitale Edirne
L’EMPIREOTTOMAN
Les Capitales Ottomanes
Edirne, la deuxième capitale ottomane...
Les Odyrs
A l’époque remontant à 5500-5000 av. J.C., il existait une habitation, plusancienne que celles des cultures néolitiques dont on en rencontra de semblablesaux Balkans, qui était située dans les environs d’Enos (Enez) et qui possédaitles caractéristiques d’une colonie avec ses remparts et ses poteries portantdes traces anatoliennes.
Plus tard,les Thraciens, connus pour leur courage et leur capacité belliqueuse, qui ses’étaient installés autrefois en Thrace, furent recrutés par les armées,grecque et romaine. Chez les Thraciens, on pouvait constater plusieurs typesd’habitations dans les grottes, dans les fermes, dans les villages de pêcheursou dans les villes.
Les Apsints, installés à l’est d’Enos, les Drugeris, dans la région de Hebros(Meriç), les Tyns dans la région de Salmydessos (Midye), et les Kalopothaks quis’installèrent dans la région, s’étendant du sud d’Enos jusqu’à la péninsule deGallipoli (Gelibolu), figuraient parmi les tribus thraciennes. Parmi cestribus, les Odrys qui habitaient dans la région s’étendant de la vallée Tonzos(Tunca) jusqu’à la mer, étaient les plus connus et les plus forts.
Le village le plus important des Odrys, qui vivaient sur de larges territoiresen Thrace, était Odrysai. Odrysai était une région habitée commerciale qui sesituait au carrefour de Hebros (Meriç) et de Tonzos (Tunca).
La région, qui se trouvait sur le passage obligatoire de l’Europe du sud-estvers l’Anatolie, était influencée, de par sa géographie, par les échangescommerciaux et culturels des immigrations et des occupations. Les immigrationset les passages n’ont jamais pris tout à fait fin.
En 513 av.J.C., Draius, empereur des Perses, continua son expédition d’Iskit,passant tout d’abord par le Bosphore (Istanbul Bogazi) et ne s’éloigna pas desrives vers la Thrace. Son armée s’arrêta pour la première fois au pays desOdrys et cela signifait que la Thrace passait aux mains des Perses.
L’expédition de Mardonius en 492 av.J.C. a renforcé la souveraineté des Perses.Plus tard, les Thraciens durent envoyer des soldats à l’armée du roi Kserkses.Kserkses avança de la péninsule de Gallipoli (Gelibolu), dans la baie de Melas(Saros Korfezi), vers Enos et c’est ainsi que les Perses devinrent lessouverains de toute la plaine où se trouve actuellement la rivière de Hebros.
Après la fin de l’hégémonie des Perses, les Thraciens ressentirent la nécessitéd’unir les tribus thraciennes et chargèrent la tribu des Odrys, qui était sousle règne du roi Teres, de l’unification; les Odyrs obtinrent ainsi lasouveraineté des terres allant de Hebros et de Kypsela (Ipsala) jusqu’à Varna.Les Odyrs s’organisèrent en fondant un état de structure aristocratique etféodale.
A l’époque romaine en 342-341 av. J.C., les Odyrs, qui avaient perdu la guerrequ’ils avaient faite contre Philippe, le roi de Macédoine, s’affaiblirent deplus en plus. Alexandre le Grand, craignant le désordre après l’assassinat duroi Philippe en 336 av.J.C., decida, en 335 av.J.C., d’organiser une expéditionen Thrace. Il avança le long des rives, en passant par le pays des Thraciensqui avaient perdu leur roi et par la rivière de Nestos (Mesta) et arriva aupied des Balkans en 10 jours. Il continua à avancer, en ne s’éloignant pas desrives, en direction d’Odrysia et de Hebros et suivit l’itinéraire tout le longde Tonzos, en passant par une gorge. Après la mort d’Alexandre toute la Thraceprit le nom de “SATRAPLIK”.
En Thrace, malgré l’invasion des Galats en 280-279 av.J.C., les Odyrs, quiavaient gagné en force avec le temps, établirent des liens étroits d’amitiégrâce à leur roi Kotys. Kotys fut le seul à soutenir Perseus lors de la guerrefaite contre Rome en 171-168 av.J.C. Les Romains, qui détruisirent le royaumemacédonien, exercèrent une forte influence sur toute la Thrace.
Caligula fit de Rhaimetalkes le roi de la Thrace en 37-38 ap.J.C. Après la mortde Rhaimetalkes, en 45, à l’époque de l’empereur Claudius, la Thrace perdit sonindépendance et devint une province de l’Empire Romain.
Hadrianopolis
L’empereur Adrien (117-138), qui effectua une visite en 123-124 en Orient,ordonna la construction de nouveaux édifices sur l’ancien lieu appelé Uscudamaou Odyrsai. Le village, en se développant, se tranforma en ville. Odyrsai, endevenant l’une des principales villes de l’Empire Romain, prit le nomd’Hadrianopolis ou d’Adrianopolis pour vénérer l’empereur qui lui avait donnél’honneur de l’avoir promu à cette position si importante.
L’édifice le plus important offert par Adrien à la ville était la forteresse.Construite en se basant entièrement sur le plan de Castrum Romain, laforteresse avait 4 bastions de forme ronde, entre lesquels se trouvaient 12petites tours de forme quadrangulaire et 9 portes. Une tranchée avait étécreusée devant les remparts. Les villes thraciennes connurent un développementtout au long du 2ème siècle et la première moitié du 3ème siècle. Quant à laville d’Hadrianopolis, elle profita aussi de cette époque dorée et se développaprogressivement dans les domaines militaire, commercial et agricole.
Hadrianopolis, qui, de par sa position, était l’un des importants bastions del’Empire Romain, devint la capitale de Haemimontus, l’une des 6 villes de laprovince de Thrace, avec la nouvelle approche administrative oeuvrée parDiocletianus (284-305) en 297. Après le retrait de Diocletianus, des guerresciviles éclatèrent.
Lors de la guerre, qui eut lieu dans les environs de Hadrianopolis, ce futLicinius qui fut vaincu et Constantinus qui vainquit. Constantinus, quivainquit Licinius, qui s’était retiré jusqu’à Bizantion, le tua par la suite etdéclara sa souveraineté sur l’Empire. Il deplaça la capitale impériale de Romeà Bizantion. Il s’appela désormais Constantius Ier (324-337), empereur danscette nouvelle capitale. La ville, qui avait tout d’abord porté le nom de NeaRoma, prit le nom de “Constantinopolis”, ce qui l’identifiait au nom deConstantinus Ier (11 mai 330).
La guerre, qui eut lieu contre les Goths au nord de Hadrianopolis en 378, àl’époque de l’empereur Valens (364-378), prit fin avec la défaite de l’arméeromaine.
L’empereur Theodosius I (379-395) envisagea, d’un certain point de vue,d’éviter le risque d’immigration en menant une politique plus modérée vis-à-visdes Goths. Theodosius passa le mois de septembre de l’année 381 àHadrianopolis.
Entre 441 et 447, les Huns, organisant cette fois-ci des invasions en Thrace,détruisirent et pillèrent la région.
Lors de la guerre faite en 550 à Hadrianopolis contre les Avars, l’arméebyzantine essuya une défaite; plusieurs de ses soldats furent faits prisonnierset même l’étendard sacré d’Alexandre le Grand passa aux mains des Avars. Aprèsla guerre, l’armée byzantine donna l’assaut aux Avars, qui s’étaient avancésjusqu’aux remparts d’Anastasios en pillant tout qu’ils trouvaient et put sauvercertains des prisonniers grâce à l’étantard sacré.
A l’époque de la dynastie de Heraclius (610-641), on comptait 5 métropolitesdans l’administration religieuse de Hadrianopolis.
En 807, l’empereur Nicephorus I (802-811) organisa une expédition contre lesBulgares et reprit la ville de Hadrianopolis, mais ayant appris qu’il sepréparait une révolte contre lui, il dut reparir pour Constantinopolis.
Les Peçenek constituèrent un grand danger pour Byzance à partir de 1018. LesPeçenek, qui s’étaient regroupés à l’époque de Constantin IX Monomachus(1042-1055), devinrent une grande puissance et fondèrent un quartier généralaux portes de Hadrianopolis dans le but de piller la région. Lors du déclin del’Empire Byzantin, Hadrianopolis se tailla la part du lion en faveur de Venise.
En 1336, l’une des filles d’Andronicus III (1328-1341) se maria à Hadrianopolisavec le prince bulgare Mikhail. Lorsque Andronicus III décéda en 1341, illaissa le trône à son fils de 9 ans, Ioannes (1341-1391) choississantCantacuzenos, en qui il avait confiance, comme administrateur. Mais cetadministrateur de confiance (1341-1354) se déclara empereur le 26 octobre 1341à Didymoteikos (Dimetoka). Les conflits au nom du trône, qui éclatèrent dansles pays où régnaient deux empereurs, se propagèrent de telle façon que mêmeles propriétaires terriens, les nobles et le peuple préférèrent une guerrecivile entre les classes sociales. Cette révolte, qui éclata à Hadrianopolis,s’étendit vite à la Thrace. Cantacuzenos pénétra à Hadrianopolis et se déclaraà nouveau empereur, prenant le nom de Ioannes VI à la place de IoannesPalaiologos V (1341-1391). Quant à Cantacuzenos, il dut à nouveau faire laguerre en 1352 pour Hadrianopolis, mais, cette fois contre Ioannes PalaiologosV. Ce dernier avait obtenu 4000 cavaliers avec le soutien des Serbes et desBulgares. Cantacuzenos, pour pouvoir vaincre cette grande puissance, demandal’aide d’Orhan Gazi (1326-1360), son ami et son gendre à la fois. Les 10.000guerriers turcs, sous le commandament de Suleyman Bey, remportèrent la victoireau nom de Cantacuzenos.
L’EPOQUE OTTOMANE
Son nom est Edirne
Une nuit de 1354, Suleyman Bey s’empara de la forteresse de Gallipoli(Gelibolu) et les forces ottomanes commencèrent à faire des incursions enThrace. Le bruit des pas des Turcs résonnait désormais en Thrace. En 1360Didymotheikos (Dimetka) fut emparé. Sultan Murad 1er (1359-1389)
accorda une grande importance à la conquête de Rumeli, dès sonarrivée au pouvoir. Le Sultan, après la conquête de Çorlu et de Keþan, chargeaLala Sahin Pasha de la conquête de Hadrianoplois. Lala Sahin Pasha,accomplissant sa mission avec Haci Ilbey, s’empara de cette ville byzantine. Enjuillet 1362, à l’époque du Sultan Murad 1er , Hadrianopolis appartenaitdésormais aux Turcs. Murad 1er , dans sa lettre annonçant la prise de la villeadressée à Uveys Han, mentionnait le nom de la ville comme étant Edirne. Murad1er , qui effectua une visite dans cette ville qui avait été prise avec grandefierté, laissa le commandement de la forteresse à Lala Sahin Pasha. Edirneservit par la suite de base militaire aux Turcs, lors de leurs incursionsdestinées à la conquête de Rumeli. En 1361 par exemple, Lala Sahin Pasha partitd’Edirne pour son expédition destinée à la conquête de Filibe. Un an plus tard,La guerre de Sirpsindigi contre l’armée des croisés, composée de Serbes, deValaques et de Hongrois, eut lieu à 25 km à l’est d’Edirne. Le Sultan Murad 1errêva une nuit d’un vieux barbu avec lequel il s’était entretenu, ce dernier luidemandant de faire construire un palais, Murad 1er ordonna la construction d’ungrand sérail.
Le Dar-ul Mulk des Ottomans
Après sa conquête, Edirne se transforma rapidement en une ville turque. Le faitque les Ottomans aient décidé de faire d’Edirne la capitale de l’empire en1365, marquait le début d’une nouvelle époque pour la ville. Bayezid 1er ydonna ses instructions pour la conquête d’Istanbul.
Les princesimpériaux se mirent à se disputer le trône à la mort de Yildirim Bayezid. Al’époque de Fetret (1403-1413) on accorda plus de valeur à la ville. Le princehéritier, fils aîné de Bayezid, Emir Sultan Celebi, ayant transféré le trésorpublic de Bursa à Edirne, monta sur le trône. Quant à Musa Celebi, un autreprince impérial, il s’empara de la ville en guerroyant contre son frère en 1411avec l’aide de Voivode de Valachie et fit frapper des pièces de monnaie à sonnom. En 1413, Mehmet Çelebi 1er, afin de renforcer l’Etat Ottoman, prit Edirne,qui était aux mains de son frère.
En 1419, Mustafa Çelebi, qui prétendait être le fils disparu du Sultan Bayezid1er lors de la guerre d’Ankara, s’empara de la ville et supposant qu’il avait undroit sur le trône, fit sortir lui aussi, des pièces de monnaie à son nom. Mêmes’il avait avancé d’Edirne vers l’Anatolie, il fut vaincu par Murad II(1421-1451) aux environs de Bursa. Mustafa Çelebi, qui avait été capturélorsqu’il était en route pour la Valachie, après avoir pris le trésor qu’ilavait laissé à Edirne, fut assassiné en 1442 à Edirne. Le premier festin,auquel le peuple participa avec beaucoup d’enthousiasme, fut organisé àl’occasion de cet évenement.
Murad II, organisa des fêtes spectaculaires à Edirne en l’honneur de lacirconcision de ses fils Alaeddin et Mehmed et se retira en 1444 à Manisa,laissant le trône à son fils Mehmed. Le fait que Mehmet II fut le premiersultan qui régna après qu’Edirne fut déclarée la capitale ottomane, la premièrefête pour son avènement au trône fut organisée au palais d’Edirne. Le nom de cesultan, monté sur le trône à l’âge de 12 ans, serait Fatih Sultan Mehmet(Mehmet le Conquérant), nom qu’il mérita après la conquête d’Istanbul. MuradII, qui s’était retiré à Manisa, dut retourner à Edirne après la nouvelle del’arrivée d’une armée de croisés. Cette armée fut vaincue à Varna.
Murad II, même s’il laissa encore une fois le trône à son fils après lavictoire, dut, pour la troisième fois repartir pour Edirne, après la révoltedes janissaires. Mehmet II (1451-1481) monta définitivement sur le trône le 5février 1451, date de la mort de Murad II. Désormais, il avait un but devantlui, la conquête de Constantinopolis... Il mit tout en œuvre à Edirne pour laréalisation de cet idéal.
Constantinopolis, la nouvelle capitale
Le but sacré de Mehmet II se réalisa en 1453. L’armée détruisit les remparts ducôté terrestre de la forteresse, lors de l’offensive commencée tôt le matin du29 mai 1453. Le même jour Mehmet II pénétra dans la ville sur son cheval et fitsa prière à Sainte-Sophie. Mehmet, qui conquit Constantinopolis, allaitdésormais être mentionné dans l’histoire comme sous le nom de “Sultan Mehmet leConquérant”; il fit de Constantinopolis la capitale de l’Empire Ottoman. Quantà Edirne, elle ne perdit pas de son importance après la conquête deConstantinopolis. La ville connut des conflits au sujet du droit au trône entreBayezid II (1481-1512), qui ordonna l’exécution de Gedik Ahmet Pasha au Palais d’Edirneet son fils Selim.
Edirne servit de base militaire pour les expéditions vers l’Occident au 16èmesiècle. Edirne était une ville importante car les sultans y passaient leurtemps. Yavuz Sultan Selim 1er (1512-1520), Kanuni Sultan Suleyman 1er (Solimanle Magnifique) (1520-1566) et Selim II (1566-1574) accordèrent une importanceparticulière à la construction de la ville.
Les jours somptueux d’Edirne
Au 17ème siècle, à l’époque de Ahmed 1er (1603-1617), cette attention portée àla ville redoubla et, plus tard, Osman II (1617-1622) et Murad IV (1623-1640)organisèrent de grandes festivités de chasse. N. Mehmed (1649-1687), surnommé“le chasseur” passa la plupart de son temps à Edirne pour y organiser desbattues. Dans les années 1670, N.Mehmed, qui fit presque d’Edirne le deuxièmecentre administratif, utilisa la ville comme base pour ses expéditions russe etpolonaise.
Le Sultan qui aimait passer son temps à Edirne était Mustafa II (1695-1703); ilfut détrôné à la fin de la révolte, en 1703, mentionnée comme l’Affaired’Edirne dans l’histoire.
Bien qu’unaccord fut signé après la guerre Prut, qui eut lieu entre les Turcs et lesRusses, ces derniers ne quittèrent pas le territoire polonais malgré les 7 moisécoulés. C’est après cela que l’armée ottomane décida d’organiser une autreexpédition. Ahmet III partit d’Istanbul pour Edirne. Le tsar Russe Petro 1er,s’inquiétant de la nouvelle situation, déclara qu’il était prêt à despourparlers. Après les pourparlers qui eurent lieu à Edirne, l’accord d’Edirnefut signé le 24 juin 1713. Selon cet accord signé, les Russes devaient quitterla Pologne 2 mois plus tard et la ligne tracée à l’époque de Mehmet IV devaitêtre prise en considération. Les Russes acceptèrent également le retour du roide Suède Karl XII qui avait été invité par l’Empire Ottoman et qui traverseraitle territoire russe, accompagné d’escortes turques.
Les destructions
Après l’incendie qui eut lieu en 1745, le séisme en 1751 dépara Edirne. Apartir de cette date, Edirne entra dans une période de rétrogradation,s’éloignant de ses jours somptueux. Les notables et les féodaux, quis’opposèrent aux réformes “Nizam-i Cedid” du Sultan Selim III (1789-1807), serévoltèrent contre l’état à deux reprises, en 1801 et en 1806. (Le massacre d’Edirne)
La ville fut emparée par l’ennemi lors de la guerre turco-russe entre 1828 et1829. Edirne connut une période dure avec l’occupation par les Russes le 22août 1829. Bien qu’Edirne ait été reprise conformément à l’accord signé avecles Russes le 14 septembre 1829, la ville fut négativement influencée par laguerre. Le peuple musulman dut immigrer. Le Sultan Mahmud II (1808-1839)effectua une visite à Edirne pour soutenir moral du peuple et lors de sonséjour de 10 jours, il ordonna la reconstruction de la ville. Les monnaiesportant des noms comme Hayriye, Nisfiye et Rubiye et le sceau d’Edirne furentfrappés pour la commémoration de cette visite impériale.
Lors de la guerre turco-russe entre 1877 et 1878, le 20 janvier 1878, Edirnefut de nouveau occupée et cette occupation dura plus de 13 mois. Le 13 mars1879, la ville fut reprise par l’Empire Ottoman.
Edirne fut également le témoin de difficultés au début du 20ème siècle. Malgréla défense héroique de Þükrü Pasha, qui resista pendant 160 jours lors de laguerre balkanique des Etats Balkaniques contre l’Empire Ottoman, il dut serendre aux forces serbes et bulgares à cause de la famine, le 26 mars 1913.
Le 22 juillet 1913, les forces, sous le commandement d’Enver Bey, pénétrèrentdans la ville sans y rencontrer de résistance. La ville fut complètementdétruite. Les efforts déployés par les forces européennes pour s’emparerd’Edirne ne donnèrent aucun résultat et, après l’accord de Bucarest signé le 10août 1913, Edirne fut considéré comme faisant partie du territoire ottoman.
Ville frontalière
Edirne connut également l’occupation grecque qui dura plus de 2 ans, entre 1920et 1922, après la Première Guerre Mondiale. C’est après la signature del’Accord de Mudanya le 25 novembre 1922 que l’armée turque pénétra dans laville. Avec la signature de l’Accord de Lausanne, Edirne, avec tous lesmonuments turcs, devint une ville frontalière, entre la Grèce et la Bulgarie.
Les édifices
La première capitale ottomane, Bursa, comportait des édifices construits dansle style architectural de la première période de l’Empire Ottoman. Quant à ladeuxième capitale, Edirne, la ville qui avait été temoin de développements etde progrès, elle possédait des oeuvres de la période où l’art ottoman était àson apogée.
La Mosquée de Yýldýrým Bayezid
Cettemosquée est l’édifice le plus ancien de l’époque turque à Edirne (1397-1400).Une mosquée fut construite sur les fondements d’une ancienne église byzantineen forme de croix. La mosquée possède une petite coupole centrale autour delaquelle se trouvent 4 voûtes.
La construction de l’ancienne mosquée fut commencée en 1403 par Emir SultanÇelebi et les travaux prirent fin en 1414, à l’époque de Çelebi Sultan Mehmed.L’architecte en était Haci Alaeddin de Konya. L’édifice, de forme carrée avec 9coupoles, figurait parmi les mosquées dont le plan était celui des grandesmosquées à plusieurs coupoles. L’édifice fut construit en pierre. L’intérieurde l’édifice était divisé en 4 pieds. Le dernier endroit, consacré au peuple, futterminé par l’encastrement de pierres et de briques. On y voit également degrandes inscriptions.
La Mosquée de Muradiye
La mosquée, construite sur l’ordre du Sultan Murad II en 1436, figurait parmiles plus belles mosquées construites conformément au plan des mosquées avec desannexes. Avec ses façades unies, la mosquée faisait partie des plus grandesoeuvres dans le domaine de l’art décoratif ottoman du début de 15ème siècle,malgré la simplicité de ses ornements à l’encre de Chine recouvrant les murs del’est et de l’ouest, le mur du mihrab et le cintre de la grande arcade reliantles deux coupoles centrales. Cet édifice retient l’attention par son mihrab etson jubé spectaculaire.
La Mosquée à 3 “Serefe” (galerie du minaret où le muezzin appelle à laprière)
La mosquée, construite sur l’ordre du Sultan Murad II, entre 1438 et 1447,figurait parmi les oeuvres architecturales ottomanes entre la première périodeet la période classique. Elle fut construite selon une nouvelle approchearchitecturale de l’art turc basée sur le plan schématique, qui prévoyait uneconstruction s’étendant sur toute la largeur. Elle possède 4 minarets, dontl’un à 3 “serefe”, l’autre en ayant 2 et les deux autres 1 chacun, tous ornésde motifs divers. Le minaret à 3 “serefe” comporte 3 escaliers pour monter touten haut, ce qui représente une nouveauté dans la construction, ce nouveau styleayant donné son nom aux autres constructions de même style. La mosquée aégalement des galeries avec des arcades à ogives et une cour avec des jetsd’eau.
Le complexe du Sultan Bayezid
Le Sultan Bayezid II séjourna à Edirne pour assurer les besoins de son armée,avant ses expéditions destinées à la conquête de Kili et d’Akkerman. Lors deson séjour, le 23 mai 1484, il posa les premiers fondements d’un grand complexeau bord de Tunca, composé d’une mosquée, d’une maison de santé, d’une écolereligieuse, d’un asile, d’une imprimerie, d’un bain, d’un moulin et d’un pont.
A cette époque, en Europe, les malades mentaux étaient considérés comme lescomplices du diable et on les brûlait vifs. Dans la maison de santé ducomplexe, une place fut reservée au traitement de ces malades, sur diversesmesures de musique turque. Dix musiciens et chanteurs travaillaient dans lamaison de santé. Pendant le traitement, ils jouaient d’instruments tels que leney, le violon, le santur et l’ud et les mesures telles que « neva, rast,dugah, segah, çargah et buselik » donnaient des résultats probants sur lesmalades. L’aromathérapie était également utilisée.
L’architecte de ce complexe, mentionné parmi les plus belles oeuvres del’arcitecture turco-ottomane, était Hayreddin. La mosquée du complexe avait unecoupole de 21 cm de diamètre et le complexe était recouvert au total par 100coupoles.
La Mosquée de Selimiye
La Mosquéede Selimiye, que son architecte Sinan cite comme étant son “chef d’œuvre”,constitue la couronne de la ville. La mosquée, construite par l’architecteSinan à la demande du Sultan Selim II entre 1569 et 1575, attire l’attentiondès la première vue par ses 4 minarets, ayant chacun 3 “serefe” de tailleégale. Ces minarets, à l’aspect élégant de loin, furent installés sur lesquatre côtés de la plateforme carrée, sur laquelle s’élève la mosquée, autourde la coupole.
La coupole de 31.5 cm de diamètre, reliée par 8 piliers, donne l’impression,grâce à l’espace qu’elle recouvre, que l’intérieur de la mosquée est vaste, enfacilitant la perception de l’espace. La coupole détermine également la visiondes lignes principales de la façade extérieure de la mosquée.
La perfection des ornements en marbre, à l’encre de Chine et en calligraphie,tout comme la perfection architecturale de la mosquée, retient l’attention. Letravail fait sur le marbre du jubé diffère tout à fait par rapport aux travauxsemblables d’autres mosquées. Les murs du côté du jubé, comme les encadrementsde toutes les fenêtres du premier étage et la salle de réunion des sultans,sont tous recouverts d’un décor élégant en encre de Chine. Les couleurs et lacomposition des panneaux à l’encre de Chine se trouvant sur le mur du mihrabainsi que les dessins du plafond de la salle de réunion des sultans sontmerveilleux.
Au milieu de la cour de la mosquée, entourée des galeries, il y a un jet d’eauen marbre soigneusement orné.
Le Palais d’Edirne
Après la construction du premier palais à la demande du Sultan Murad 1er , laconstruction d’un grand sérail sur un large espace à l’ouest de Tunca futentamé en 1450, à l’époque du Sultan Murad II. Les travaux de constructionfurent terminés par Mehmed le Conquérant, après la mort, en 1451, du SultanMurad II.
Il s’avéraque le Pavillon de Cihannuma, considéré comme la partie la plus importante,était constitué de 7 étages et qu’au dernier étage il y avait une pièceoctogonale au milieu de laquelle se trouvait un bassin. A droite du Pavillon deCihannuma se trouvait le Pavillon de Kum dont le bain avait une coupole enspirale.
Derrière le Pavillon de Cihannuma, il y avait un dépôt d’eau s’étendant sur uneplateforme rectangulaire élevée sur une cave voûtée. Les eaux venant desbalances étaient réservées aux dépôts pour que la distribution se fasse par 6réseaux vers les autres étages. Au 16ème siècle, un “namazgah”, endroit destinéà faire des prières publiquement surtout en été, fut annexé au palais.
Le palais fut endommagé le 22 août 1829 lors de l’occupation russe, qui duraquelques mois. L’itinéraire de retour du Sultan Abdulaziz, en croisière enEurope sur son yacht “Sultaniye” en 1867, passait par Paris et Londres aprèsToulon. Le Sultan ayant la possibilité de passer par Edirne, le Pavillon deCihannuma fut restauré, mais le voyage de retour du Sultan se fit par laBelgique, Coblence, la Prusse, Vienne et Budapest et par bateau, le long duDanube.
Après la réception, en 1875, de la nouvelle portant sur l’occupation d’Edirnepar les Russes, le dépôt de munitions près du palais fut incendié sur l’ordredu gouverneur Cemil Pasha. Edirne, qui connut un grand danger en tant queville, fut privé de son palais de 425 ans, à cause de l’incendie qui dura entre3 et 4 jours en provoquant de fortes explosions.
L’empereur Adrien avait offert une forteresse spectaculaire à la ville, appeléeà l’époque Hadrianopolis, lors de sa visite en 123 et 124. La forteresse, quisurvécut jusqu’à la première moitié du 19ème siècle, fut détruite à l’époque dugouverneur Hursid Mehmed Pasha afin d’y construire entre 1866 et 1870, uneécole, des édifices administratif et une caserne. Seule l’une de ses 4 toursfut transformée en horloge.
Les Ponts
Les ponts occupent une place importante parmi les édifices d’Edirne. La plupartde ces ponts, en l’honneur desquels des chansons furent composées, se trouventsur la rivière Tunca. Les ponts en pierre étaient toujours en harmonie avecl’approche monumentale, respectant les règles de l’ordre et de la géométrie.Les têtes des ponts, se trouvant en pleine ville, touchaient harmonieusement lequotidien de la ville. Les ponts en pleine ville comme les autres construits endehors de la ville, à l’époque de Sinan, constituaient des exemples sanspareil.
Le plus ancien pont de cette ville fut construit à l’époque de l’empereurbyzantin Michael Palaiologos (1261-1282). Le pont fut rénové par Gazi Mihal Beyet prit son nom (1420). En 1640, Kemankes Kara Mustafa Pasha fit construire lepavillon de Tarih aux arcades à ogives comme l’annexe de ce pont à 27 arches.Quant au pont de Sahabettin Pasha (ou de Sarachane), construit en 1451, ilcomportait 12 arches et 11 piliers.
Le Pont de Fatih, construit en 1452, à l’époque du Sultan Mehmet le Conquérant,le pont de Bayezid, construit en 1488 par l’architecte Hayreddin, le pont deKanuni (ou du sérail) construit par l’architecte Sinan en 1560, le pont deEkmekçizade Ahmed Pasha construit entre 1608 et 1615 par Sedefkar Mehmed Aga,le pont de Meriç (Yeni Koprü- Le Pont Neuf) construit entre 1842 et 1847 aucroisement des rivière Meriç et Arda sont les ponts les plus importantsd’Edirne.
Les caravansérails
Le caravansérail de Rustem Pasha, qui figure parmi les plus beaux exemples del’architecture classique ottomane et qui comporte des boutiques disposées enrangées donnant sur la rue a été construit par l’architecte Sinan à la demandedu grand vizir Rustem Pasha. Les pièces, devant lesquelles se trouvaient desgaleries, étaient disposées autour de la cour rectangulaire.
Le caravansérail de Ekmekçioglu Ahmed Pasha fut construit en 1609 par letrésorier général Ekmekçioglu Ahmed Pasha à la demande du Sultan Ahmed 1er .Les architectes en étaient Sedefkar Mehmed Aga et Haci Saban d’Edirne.
Les maisons
Les maisons étaient construites en charpente de bois avec des murs en pierreenduits de crépi. Ces maisons, recouvertes en général d’un toit reliant leshautes saillies de la maison d’à côté, présentaient une symétrie parfaite, avecleur entrée principale installée dans une loge.
Parmi les pièces, celle dirigée vers le “kible” (côté vers lequel les Musulmansse tourne pour faire la prière), était consacrée à la prière. Les verres, lesassiettes, les nappes et les serviettes élégantes étaient destinés au servicedes desserts; des sirops étaient conservés dans les placards. Les étagères,apellées “sira”, accrochées aux murs servaient de vitrine pour poser lesassiettes, les tasses et les carafes en porcelaine et décorées à l’encre deChine, pour la décoration de la pièce. Dans les cellules formées deplanchettes, en saillie dans l’angle du mur, on déposait les tasses, lescarafes minces pour le service de l’eau de rose et les vases précieuses.
Les cheminées, construites dans les murs épais ou derrière la pièce, servaientau chauffage.
Dans pratiquement toutes les maisons de la péninsule balkanique, il y avait unendroit appelé “hayat” sur lequel s’ouvraient les portes de toutes les pièces.Cette partie, qui s’élèvait sur des poutres de 1.5 à 2 mètres de hauteur,donnait directement sur le jardin de la maison. Au fond de ces “hayat”, uneplace angulaire à hauteur d’une marche était réservée à l’installation d’undivan en bois.
Dans la cour, sur laquelle s’ouvraient les portes du “haremlik” et du“selamlik”, parties de la maison réservées respectivement aux femmes et auxhommes, il y avait une fontaine en marbre convenablement installée. Danscertaines maisons se trouvaient également des bassins et des treilles. Entre lacour du “haremlik” et du “selamlik”, il y avait une porte qui en assurait lepassage.
Le Commerce
Edirne était un centre commercial qui connut des jours brillants. Les diamantset l’or se trouvant dans les bazars étaient protégés par des gardiens de nuit.Le développement du commerce en Méditerranée au 15ème siècle eut un échopositif pour ce qui est du développement de la ville.
Après leur embarquement à Enez, le blé, l’orge et le maïs tout comme les autresrichesses agricoles provenant de l’Egypte, des îles grecques et des villes del’Anatolie occidentale, comme Izmir, étaient envoyés à Edirne par de petitsbateaux pour la mercatique. Le riz venant de Filibe via la rivière de Meriçarrivait aussi à Istanbul.
Au 17ème siècle, certains commerçants iraniens, arrivant par les caravanes,partaient pour les pays balkaniques après avoir fait des échanges commerciaux àEdirne. On trouvait des marchandises européennes sur les marchés d’Edirne. Lescommerçants européens vendaient diverses marchandises sur les marché d’Edirneet achetaient du cuir. Quant aux commerçants français et vénitiens, ilsachetaient de la soie de Bursa et de la laine d’Eregli.
Les Marchés
Dans la ville se
trouvant sur une route de passage, plusieurs auberges, bazars et marchésétaient construits pour pouvoir répondre aux besoins dûs au développementéconomique et à l’expansion commerciale ainsi que pour assurer des revenus auxmosquées et aux asiles.
Entre 1417 et 1418, Celebi Sultan Mehmet 1er ordonna à l’architecte Alaeddin laconstruction d’un bazar dépendant de la fondation religieuse (vakif) del’Ancienne Mosquée (Eski Cami). Autour du bazar à 14 coupoles, se trouvait unerangée de boutiques et 36 pièces aux intérieurs couverts de voûtes. Les mursétaient en pierre rouge et blanche.
Sur le marché d’Ali Pasha construit par l’architecte Sinan à la demande deSemiz Ali Pasha de Hersek en 1569, se trouvaient 130 boutiques. Le marché quimesurait 300 mètres de long comportait 6 portes. Le bazar couvert de 255 mètresde long, avec 73 arcades et 124 boutiques, fut construit par Davut Aga surl’ordre de Murad III (1574-1595) en tant qu’annexe à la fondation religieuse dela Mosquée de Selimiye.
Les marchands
Edirne était un centre autour duquel se regroupaient des commerçants de grandediversité comme les selliers qui s’occupaient du cuir et de tannerie, lesfeutriers, les cordonniers, les commerçants opérant dans le domaine du textileet les couturiers. Dans le secteur consacré à l’alimentation, il y avait lescuisiniers, les épiciers, les boulangers, les bouchers et les marchands dekebab. Les orfèvres et les changeurs occupaient également une place importantedans la vie commerçante de la ville. Il y avait en plus les ferronniers et leschaudronniers.
Dans la ville se trouvaient également de petites entreprises opérant dansdifférents secteurs comme la teinture pour textile, la fabrication devéhicules, l’imprimerie, la confection d’essence de roses et la savonnerie. Lescommerçants et les producteurs opéraient au rez-de-chaussée d’immeubles à 2 ou3 étages donnant sur les rues et les ruelles. A Edirne, une part des revenusdes impôts était réservée aux fondations religieuses.
Les couleurs de la vie
Edirne,considéré comme une porte s’ouvrant vers l’Occident de par sa positiongéographique, était un centre très important de l’Empire Ottoman avec, en plus,son animation commerciale. Cette ville, à part sa force commerciale, étaitégalement importante pour son rôle central et influent sur les Balkans,adoptant les modes artistiques venant d’Europe.
Edirne occupait le quatrième rang parmi les villes les plus peuplées aprèsIstanbul, Paris et Londres, avec une population de 350.000 d’habitants au 17èmesiècle. La rétrogradation de l’Empire Ottoman, les grands incendies de 1745 etde 1751, les occupations au 19ème siècle (occupations russe en 1829 et en 1878,bulgare en 1913, et grecque entre 1920 et 1922) influencèrent les balanceséconomique et sociale de la ville. Une grande partie de la population musulmaneimmigra lors des guerres turco-russes entre 1828 et 1829. Les endroits vidés dupeuple musulman furent repeuplés par les Chrétiens venant des villages.
Les personnes les plus joyeux d’Edirne étaient sans nul doute les gitans. Leshommes s’occupaient d’étamage et des chars à chevaux et les femmes, de mercerieambulante. Les gitans, mêlés à la population musulmane, jouaient à leur façond’instruments comme la caisse, la clarinette, le kanun (instrument de musiqueturc), le tambourin, le tambour, le luth, et le cumbus (instrument de musique àplusieurs cordes).
A la fin du 19ème siècle, la population musulmane était de l’ordre de 79000,les Romains, 77000, les Arméniens de l’ordre de 5000, les Bulgares de l’ordrede 32000 et les Juifs de l’ordre de 9000.
Edirne était lié administrativement sous le nom de subdivision de Pasa augouvernorat de Rumeli.
La place des braves: Kýrkpýnar
On pense que le nom de Kýrkpýnar provient des noms de 40 hommes courageux.
Les empereurs de Byzance avaient utilisé les Beys d’Aydin et de Saruhan lors deconflits intérieurs, et étouffé les révoltes toujours grâce à eux.
Les Beys d’Aydin et de Saruhan, bénéficiant toujours de leurs forces pourréprimer les révoltes en faveur de Byzance, avaient organisé des incursionsvers les forteresses et les villes byzantines révoltées contre l’état. CesBeys, organisateurs de ces incursions au nom de Byzance, prirent l’habituded’en organiser d’autres en leur faveur. L’empereur prenant conscience qu’ilétait sur le point de perdre sa force face à ces beys, se mit à la recherched’autres forces. Il était à peu à près sûr que ces beys craindraient la forcedes fils d’Osman qui devenaient de plus en plus puissants en Anatolie.L’empereur, en envisageant d’utiliser les fils d’Osman en sa faveur, requitleur aide.
Orhan Gazirêvait depuis toujours de pouvoir profiter de la situation de l’empereurbyzantin. Orhan Gazi savait déjà que les beys d’Aydin et de Saruhan, comme lesautres beys anatoliens, avaient organisé des incursions pour le compte deByzance et qu’ils retourneraient en Anatolie après avoir accompli leur mission.Mais son objectif était bien différent: il voulait faire main basse sur Rumeliafin de pouvoir élargir les territoires ottomans.
Orhan Gazi choisit de lancer l’assaut sur l’une des forteresses byzantines sousle commandement de Suleyman Bey qui se trouvait du côté de Rumeli. Suleyman Beytraversa le détroit de Çanakkale avec 40 hommes courageux à bord de deuxradeaux, pour arriver à Rumeli. Tôt le matin il s’empara de la forteresse deGallipoli (Gelibolu) et ensuite il avança vers les autres petites forteressesde Rumeli, avec les forces supplémentaires qui lui avaient été envoyées.
Les 40 hommes courageux, qui traversèrent le détroit de Çanakkale, prirent encharge d’escorter les forces vers Hadrianopolis. Chacun de ces hommes était unlutteur et ils luttaient entre eux chaque fois qu’ils s’arrêtaient. Lorsqu’ilsarrivèrent dans une plaine, aux environs de Hadrianopolis, les lutteurschoisirent leur partenaire comme ils en avaient l’habitude. Parmi eux, un groupeavait interrompu sa lutte sans score lorsqu’il se trouvait du côté anatolienpour pouvoir aller du côté de Rumeli. Quand ils commencèrent à lutter, c’étaitla fête du printemps (Hidirellez, le 6 mai). La lutte continua malgré la tombéede la nuit.
Les deux lutteurs continuèrent de lutter jusqu’à minuit, leur lutte prit finavec la mort des deux héros. Leurs amis les enterrèrent dans cette plaine etallèrent faire la guerre pour la conquête de Hadrianopolis.
Autrefois, le sultan Murad 1er était monté sur le trône à la place d’Orhan Gaziet Edirne était passé aux mains des Turcs. Les hommes courageux, qui avaientperdu leurs amis, voulurent construire des pierres tombales pour eux.Lorsqu’ils arrivèrent dans la plaine, ils virent que, sous les figuiers où ilsavaient enterré leurs amis, coulait une source d’eau à 40 sources. C’est de làqu’est né le nom de Kιrkpιnar pour la première fois.
Sultan Murad 1er , après avoir fait d’Edirne la capitale, donna l’instructiond’ouvrir un couvent pour la formation des lutteurs, des tireurs à l’arc et deslanceurs de javelot. Les premières luttes de Kιrkpιnar furentorganisées à 6 heures à l’ouest d’Edirne, mais cet endroit n’appartient plusactuellement au territoire turc.
Kirkpinar était à l’origine d’un proverbe turc. “L’Aga” de Kirkpinar envoyaitdes bougies à fond rouge destinées à être accrochées aux plafonds des cafésturcs des environs pour annoncer le début des luttes. C’était le signe d’uneinvitation particulière. Au cas où une personne se rendait quelque part sansêtre invitée, on lui demandait ironiquement: “Est-ce que tu es invité par unbougie dont le fond est de couleur rouge?”. Cette question remonte à cettetradition.
Quinze jours avant le début des luttes, les paysans construisaient des stands,des boutiques et des treilles pour les spectateurs. Les commerçants, arrivantdes environs, s’installaient aux endroits qui leur étaient réservés et quiétaient destinés à la vente d’aliments, de boissons et de vêtements qu’ilsavaient apportés avec eux.
Une semaine avant Hidirellez, “l’Aga” de Kιrkpιnar laissait planterles tentes des lutteurs et des invités autour de l’endroit réservé aux luttes.Les cuisiniers, eux aussi, se préparaient avec les grands chaudrons qu’ilsavaient apportés avec eux. Les préparations annonçaient le début des festivitéscolorées et des divertissements à venir.
Les luttes commençaient 3 jours avant Hidirellez et se poursuivaient durant desjours avec des fêtes organisées en plein air. A l’appel de “l’Aga”, 2 ou 3anciens lutteurs servaient d’arbitres et regardaient les luttes depuis la tentede “l’Aga”, en sa compagnie.
Le premier jour était consacré aux divertissements, et le dernier jour à lalutte finale. Toutes les luttes prenaient fin dans l’après-midi, à la veille del’Hidirellez.
La couleur rouge d’Edirne et Edirnekari
La techniqued’ornement du bois avec de la teinture était appelée ‘Edirnekari’. A partir du14ème siècle, plusieurs plafonds, portes, portes de garde-robes, horloges,coffres, portes-plumes, étalages et tiroirs furent décorés à l’aide de cettetechnique ornementale.
Pour les motifs, on utilisait surtout des dessins avec des fleurs et desfruits. Ces ornements attiraient l’attention grâce à la qualité des teintureset par leur finesse au niveau du travail.
Les motifs sur les ornements d’Edirnekari représentèrent, jusqu’au 17èmesiècle, des fleurs, seules ou en bouquets, mais au 18ème siècle ces fleursfurent dessinées en grands bouquets ou dans des vases.
Au 18ème siècle, “l’Edirnekari” servit désormais comme ornement pour lescouvertures de livres et de revues.
Ces reliures laquées prirent également le nom d’Edirnekari. Les broderies etles dessins se trouvant sur les reliures furent recouverts de vernis. Cesornements laqués furent appelés “Edirne Laki”.jusqu’au 17ème siècle
Au 18ème siècle Edirne était mondialement connu pour ses travaux de teinture,appelée Rouge d’Andrinople ou Rouge Turc, tels que les tissus en coton teintsqui, eux aussi, prirent le nom d’"Edirne Kirmizisi".
La technique d’Edirnekari fut utilisée jusqu’à la première moitié du 19èmesiècle par de grands maîtres bien formés.
Les festivités
Edirne était le seul endroit où l’on organisait des festivités, depuis l’EmpireOttoman jusqu’au 16ème siècle. A partir du 16ème siècle, Edirne fut supplantépar Istanbul en ce qui concerne l’organisation de festivités. Cependant, ils’avéra que le sultan Mehmet IV organisa en 1675 des festivités à Edirne.
Les premières festivités furent organisées après l’assassinat de Mustafa, quiavait prétendu avoir le droit sur le trône, sur l’ordre de Murad II. Les rîtesspectaculaires de la circoncision des fils de Murad II, Alaeddin et Mehmed,furent organisés également à Edirne. En 1444, Murad II ordonna l’organisationde festivités sportives qui durèrent 3 jours et 3 nuits, à l’occasion de laFête du Ramadan. En 1450, les festivités organisées à l’occasion du mariage dufils du sultan, Sehzade Mehmed avec Siti Hatun, durèrent 3 mois.
En 1457, lors des festivités organisées en l’honneur de la circoncision desfils du Sultan Mehmed le Conquérant, Bayezid et Mustafa, des courses sportiveset des débats et colloques scientifiques furent organisés.
En dehors de cela, en 1472, des festivités furent organisées en l’honneur de lacirconcision du Sultan Cem et de Sehzade Abdullah, et, en 1480, des princesimpériaux tels que Selim, Sehinsah, Mahmud, Alem, Korkud, Ahmet et Oguz Han.
Parmi les festivités organ isées, le festin inoubliable fut sans doute celuiqui fut organisé par Mehmed IV le chasseur en 1674, qui ne quittait pas Edirnebien qu’Istanbul fut la capitale. Après la circoncision de ses fils, Mustafaqui avait 12 ans en 1674 (devenu le Sultan Mustafa II) et d’Ahmed qui avait 2ans (devenu le Sultan Ahmed III), il organisa le mariage de sa fille de 1 7 ansavec le vizir Mustafa Pasha. Les festivités de circoncision qui durèrent 16jours et celles du mariage qui dura 9 jours figurent parmi les souvenirs de laville d’Edirne.
Les préparatifs pour ces festivités commencèrent 6 mois en avance. Les NAHIL,les jardins artificiels et les statuettes en sucre étaient spectaculaires. Desjeux furent organisés, des acrobates, des charmeurs des serpents, des montreursde jeux d’ombres et de marionnettes présentèrent chacun leur spectacle. Lescourses de chevaux, les concours de tirs à l’arc et de javelot, les combatsd’épée et de lutte durèrent des jours.
A partir du 18ème siècle, dans toutes les villes, les champs et les endroitspour la promenade furent ouverts au public pour qu’il se divertisse. Quant àEdirne, les vergers et les potagers se trouvant le long de la rivière Meriçfurent transformés en endroits publics, colorés et joyeux, pour ceux qui s’yrendaient la nuit.
3èmecapitale Istanbul
Istanbul,la troisième capitale ottomane...
L’histoire de la ville
La première installation
Il y a 300 ans... Les premiers habitants de la ville s’installèrent dans lagrotte de Yarimburgaz qui se trouvait au bord du lac Küçükçekmece. Les hommesde l’époque néolitique et calcolitique vivaient autour du lac à la fin de ladernière période glaciaire. Lors des excavations archéologiques, les outilsappartenant à la première période paléolitique (avant 100.000 ans) furentdécouverts aux environs de Dudullu. Les outils appartenant aux moyenne etdernière périodes paléolitiques furent trouvés dans les environs d’Agaçlý situéau nord de la ville. En 5000 av.J.C., il y avait un important centre decivilisation à Fikirtepe situé à Kurbaglidere, à Kadikoy.
Byzantion (660 av.J.C et 324 ap. J.C.)
Les avant-garde, fatigués des incursions des Dors et arrivant de la ville deMegara à la péninsule grecque et de Miletos, se situant au bord de la merégéenne, du sud de la péninsule anatolienne, fondèrent Khalkedon aux environsde Kadiköy. Un groupe arrivant de Megara s’adressa au devin de Delphi pourqu’il leur désigne un endroit où ils pourraient s’installer,ce dernier leur ditde s’installer en face des aveugles. Il avait désigné les habitants deKhalkedon comme étant aveugles parce qu’ils ne voyaient pas la richesse de lapéninsule historique. C’est ainsi que l’histoire de Byzantion, fondée en 660av.J.C., débuta sur Sarayburnu. Les habitants de Khalkedon et de Byzantioncohabitèrent de façon si harmonieuse et amicale qu’ils firent frapper en commundes pièces de monnaie, sur lesquelles se trouvaient les noms des deux endroits.
Des remparts furent construits autour de Byzantion. La ville, située dans unepéninsule encerclée par la mer, put profiter des produits de la mer grâce à saposition géographique. Son port, étant en sécurité, ses terres fertiles, saposition géographique la situant au carrefour des lignes maritimes etcommerciales firent de Byzantion une ville riche et développée.
Byzantion, qui connut plusieurs invasions, fut envahie en 269 av.J.C. par lesBithyniens. Craignant les menaces des Macédoniens en 202 av.J.C., Byzantiondemanda de l’aide à Rome. C’est pour cela que Rome pénétra dans cette villepour la première fois. En 73, Byzantion fut rattachée à la province romaine deBithynia-Pontus. L’empereur Vespasianus contribua au développement de la ville.En 193, l’empereur romain Septimus Severus s’empara de Byzantion, qui avaitpris part au côté des Parts, et détruisit les remparts et pilla la ville. Parla suite il reconstruisit les remparts et la ville. Il aménagea les rues avecla construction de nouveaux édifices. Il fit progresser la construction d’unhippodrome. En 269, la ville connut cette fois l’offensive des Goths. LesGoths, victorieux, construisirent leurs colonnes à un endroit, au bord de la mer.En 313, les Nicomédiens s’emparèrent de la ville. Constantinus reprit la villeaprès avoir fait la guerre aux Nicomédiens.
La capitale de l’Empire Romain (324-395)
Pour l’Empire Romain, dont les territoires s’étendaient jusqu’aux rives del’océan à l’ouest, aux fleuves d’Euphrate et du Tigre à l’est, on était à larecherche d’un nouveau centre administratif afin d’assurer la souveraineté,particulièrement sur la région orientale. Byzantion, qui se situait aucarrefour des routes commerciales, fut choisie comme centre administratif del’est de Rome. Cette nouvelle position détermina le rôle important de la villedans la politique et la culture mondiale.
Constantinus 1er (324-337) appela la noblesse romaine à Byzantion pour peuplerla ville grâce à la population romaine. Une impulsion fut donnée à lareconstruction de la ville comme elle le méritait. Les ports et les réseauxd’eau furent revisés; un système de distribution d’eau fut de nouveau installéet de nouveaux remparts furent construits pour la défense.
La construction de l’hoppodrome fut terminée. La largeur de cet hippodromepouvant contenir 100.000 personnes était de 177 mètres et sa longueur de 480mètres. Au centre de cet hippodrome, il y avait un cirque autour duquel leschars tournaient. A l’hippodrome, où le peuple et l’empereur se rendaient, onorganisa des courses d’animaux sauvages, des jeux athlétiques, des festivitéset des célébrations de fêtes, parmi lesquels les courses de chars, dont lesbleus représentaient l’air, les blancs l’eau, les verts la terre et les rougesle feu, occupaient une place particulière. Les murs de l’hippodrome étaientdécorés de statuettes, comme celles des chevaux. Avec l’occupation de la villepar des Latins, ces statuettes furent envoyées à Venise, à la place Saint Marc.Le palais impérial (l’endroit où se trouve la Mosquée Sultanahmet),
l’hippodrome (la place de Sultanahmet), les monuments à caractère religieux,l’acropole (l’endroit où se trouve le palais de Topkapý) furent construits parla suite.
Le nom de la ville, qui était Nea Roma, fut changé pour celui deConstantinopolis le 11 mai 330.
La même année, le forum de Constantinopolis (la place de Cemberlitas) futconstruit. La statue de Constantinoplis fut installée sur de hautes colonnes,apportées depuis le temple d’Apollon à Rome. Les colonnes, dont la hauteurétait de 35 mètres, furent endommagées par la suite pour des raisons diverseset, afin qu’elles soient plus solides, elles furent recouvertes de cercles enfer, c’est pourquoi on les nomma “cemberlitas”, qui signifie “la pierreencerclée”.
Constaninus 1er détermina le point de départ du réseau des chemins de l’EmpireByzantin par la Pierre de Milion. Cette ville, carrefour des chemins et descontinents, accueillait les commerçants venant de Russie, d’Iran et d’Egypte etd’autres pays de l’Europe.
Lorsque le christianisme commença à se transformer en une religion qui prenaitpour principe la vie, la personnalité et la mission divine de Jésus Christ, lanotion de l’église devint une nécessité. L’église était une notion dérivée dumot grec “Eclesia” dont la traduction correspontait en Grec à “la réunion”. AyaIrini, qui figure parmi les plus anciennes églises de Byzance, prit sa formeactuelle à l’époque de Constantinus 1er . Aya Irini, ou l’église de la paixsacrée servit de patriarcat jusqu’à la construction de Sainte-Sophie (AyaSofya). Elle fut utilisé pour un certain temps après la conquête d’Istanbulcomme dépôt de munitions par les janissaires qui habitaient dans la courextérieure du palais de Topkapi. Au 19ème siècle, le premier musée militaireturc y ouvrit ses portes.
Sainte-Sophie, qui figure parmi les plus grandes oeuvres de l’art byzantin etparmi les plus belles églises orientales, fut construite par Constantinus 1eren 360. Le partiarche de Constantinoplis, qui était à la tête de l’Eglise selonla secte orthodoxe, ne put jamais avoir son indépendance vis-à-vis del’empereur qui possédait toutes les compétences en main.
Il fallut développer l’infrastructure de la ville dont la population augmentaitet qui devenait de plus en plus spectaculaire. L’empereur Valens (364-378)demanda la construction de l’arcade d’un aqueduc (Valens Su Kemeri) de 1000 mètresentre deux collines, en 375, pour répondre aux besoins en eau de la ville.L’eau qui venait des forêts de Belgrade, situées en dehors de la ville, futtransportée aux environs du Grand Palais via cet aqueduc.
Les remparts autour de la ville s’élevèrent sur différents endroits à partir del’époque byzantine. Les remparts furent entourés d’un fossé dont la profondeurétait de 10 mètres et la largeur de 20 mètres. Derrière le fossé, se trouvaientles premières murailles, ensuite venaient les deuxièmes murailles surlesquelles il y avait 96 bastions. Sur les remparts, il y avait des portes pourle peuple et les militaires. La ville était située à l’entrée de la Corne d’Or(Haliç), pour cela, le renforcement des remparts du côté de la Corne d’Orn’était pas nécessaire du point de vue de sa défense. Il y avait les rempartsde Marmara, du côté de la mer dont la longueur était de l’ordre de 8260 mètreset sur lesquels se trouvaient les portes nommées actuellement Ahirkapi,Catladýkapý, Samatya Kapýsý (Porte de Samatya), Narlikapý. Les remparts du côtéterrestre mesuraient 5632 mètres de longueur, on y trouvait les portes nomméesactuellement Belgrade Kapýsý (porte de Belgrade),
Silivrikapý,Mevlevihane Kapýsý (Porte de Mevlevihane), Topkapý, Edirnekapý, Eðrikapý,Yedikule Kapýsý (Porte de Yedikule). La porte la plus fastueuse était celle à 3arcades qui fut construite en 390 par Theodosius 1er (379-395), nommée “PortaAurea”, la Porte d’Or (Yedikule Kapýsý) par les Byzantins, et sur laquelle il yavait le relief de l’aigle byzantin à 2 têtes. Les empereurs victorieuxpassaient par cette porte à leur retour.
Les remparts d’Istanbul, qui étaient parmi les plus majestueux du monde, furentfranchis à deux reprises dans l’histoire, d’abord en 1204, lors de l’occupationlatine et une seconde fois, en 1453, lors de la conquête.
Lorsque Rome commença à jouer un rôle actif dans le monde entier, l’empereurTheodosius fit apporter un obélisque provenant d’Egypte à Istanbul en 390. Cetobélisque égyptien, construit en 1500 av.J.C. par le pharaon Tutmosis II, étaitl’un des obélisques qui ornaient la porte du temple de Luxor dans la ville deTeb. Sur les hiéroglyphes de l’obélisque, étaient représentés les sacrificesofferts par le pharaon égyptien Tutmosis au dieu Amon-Ra. Sur l’obélisque, placé sur un bloc angulaire en marbre, il y avait des représentations montrantTheodosius en train de regarder les courses organisées à l’hippodrome ainsi quesur l’installation de l’obélisque lui-même.
La colonne, rapportée du Temple d’Apollon à Delphes, autour de laquelles’entourent 3 serpents, fut également installée sur le cirque. Le monument enbronze fut réalisé à partir de boucliers fondus de soldats persans tués lors dela guerre de Palatea. Il est dit qu’il y avait un chaudron en or posé sur unemonture formée de têtes de 3 serpents et que ce chaudron, avec ses plaques enbronze qui recouvraient la colonne connue sous le nom de “Ormetas” se trouvantau même endroit que le chaudron, fut fondu pour faire frapper des pièces demonnaie, lors de l’occupation latine.
La capitale de Byzance (395-1453)
Avec la mort de Theodosius 1er en 395, Rome fut partagée entre ses fils etdivisée officiellement en deux, l’est et l’ouest. Constantinopolis devenaitdésormais la capitale de Byzance, autrement dit l’empire oriental de Rome etson empereur en était Arcadius (395-408). Après Arcadius, dont le règne ne durapas longtemps, Theodosius II (408-450) fit reliér en 439 les remparts,construits en 3 parties, aux nouvelles annexes.
La première synagogue d’Istanbul fut celle construite en 318 dans le quartierde Bakýrcýlar et qui fut transformée en église, en 450, sur l’ordre deThodosius II. Au 16ème siècle, il y avait plus de 30 synagogues à Istanbul.
Au 6ème siècle, la citerne Yerebatan, construite par l’empereur Justinianus 1er(527-565) pour le besoin en eau du palais, prit le nom de Citerne de laBasilique, parce qu’il y avait la basilique du commerce sur la citerne. Laciterne fut installée sur 336 colonnes, dont 2 piédestaux furent ornés de têtesde méduse.
Sainte-Sophie, qui fut incendiée à deux reprises dans le passé, lors desrévoltes, fut reconstruite en 537 par Justinianus. Plusieurs rumeurs surSainte-Sophie circulèrent à Constantinopolis, dont l’une était la suivante.L’empereur Justinianus fit tomber du pain sacré lors de la messe. Au moment oùil voulut ramasser le pain qui était tombé, une abeille s’empara du pain toutd’un coup. L’empereur ordonna aux apiculteurs de rechercher ce pain sacré danstoutes les ruches du pays, et promit une récompense à celui qui leretrouverait. Au bout de quelques jours, un apiculteur se présenta, une alvéoledans la main, très différente des autres. Justinianus prit une décision etordonna la construction d’un temple spectaculaire, dont le plan était basé surcette alvéole. C’est ainsi que Sainte-Sophie, oeuvre des architectes Antemiusde Tralles et d’Isidor de Miletus, s’éleva dans tout son éclat. Quant à la restaurationde Sainte-Sophie à l’époque ottomane, elle fut ordonnée aux frères Fossati parle sultan Abdulmecid entre 1847 et 1849.
Kariye, qui figure parmi les plus belles oeuvres de la peinture byzantine avecses fresques et ses mosaïques montrant les évenements écrits dans le LivreSacré, prit sa forme actuelle au 14ème siècle et fut utilisée en tant quemosquée à l’époque de Bayezid II (1481-1512).
Constantinopolis connut le coup le plus dur pendant l’occupation latine. Lesoccupants endommagèrent beaucoup la ville. Les maisons tout comme les lieuxsacrés furent pillées et détruites. En 1261, avec la fin de l’occupation, lestravaux de reconstruction furent entamés mais la ville ne put jamais retrouverson ancien charme. Sa population, qui était de l’ordre de 500.000 habitants,connut une baisse jusqu’à 50.000 habitants. La production dans divers domainesconnut également une chute, ce qui provoqua la famine du peuple. Une page de1000 ans de l’histoire était sur le point d’être tournée, pour permettre enfinl’ouverture de nouv